Les conseils
de la lettre mensuelle

Ces pages reprennent les conseils que nous donnons en toute modestie
dans les billets qui annoncent la lettre mensuelle. L'abondance venant, nous avons crée une deuxième puis une troisième page. Vous y serez automatiquement conduits en cliquant sur les titres des chroniques.
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A ce jour :
* Encadrement des estampes et dessins.
* Les "journées marchands".
* Les oeuvres et les ultra-violets.
* Entretien et nettoyage des tableaux.
* Abréviations utiles en bibliophilie. 
* Les multiples par infographie. 
* Encadrer et accrocher un tableau.  
* Acheter avec ou sans facture ?  
* La cote d'un peintre. 
* "Quand je serai grand, je serai antiquaire".  
* Deux "ficelles" pour les sculptures.  
* Si le bois joue, vous ne riez plus !  
* De bonnes sources pas trop chères ? 
* Le nettoyage d'une gravure ancienne  
* Faux Van Gogh et analyse stylistique 
* Savoir lire les mentions d'un catalogue 
* Brocanteurs du dimanche : une âme ou une carte ?  
* L'entretien des cadres dorés  
* Les bronzes et leurs ersartz   
* L'entretien de l'argenterie   
* Lentretien des pièces de céramique 

Février 2001 :
L'encadrement des estampes et dessins.

Toute oeuvre sur papier doit être encadrée avec au dos une feuille "anti-acide". Les encadreurs dignes de ce nom la mettent d'office. La plupart des cadres en "kit" vendus dans les bonnes maisons en sont pourvus.

Cette nécessité découle du procédé d'extraction de la cellulose pour la fabrication du papier : il est à base d'acide chlorhydrique. Il en résulte que le papier rejette des traces de cet acide, qui peut à la longue altérer l'oeuvre. Cette protection est d'un coût négligeable. A ne jamais négliger, donc !

Mars 2001 :
Les journées "marchands" - Faut-il y courir ?   
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La plupart des salons et foires d'antiquaires organisent une "journée-marchands".

Il faut savoir :
- que jamais on ne vous demandera de justifier de votre qualité de professionnels. Le souhait de l'organisateur est de vendre des entrées. Je parle ici des manifestations d'ampleur (Ciney p ex où le prix est majoré ce jour-là), ou des petits salons. Certaines manifestations de prestige peuvent imposer le carton d'invitation, mais il m'est arrivé de m'inscrire à l'entrée tout simplement, et de recevoir un carton les années suivantes.
- que la légende selon laquelle toutes les bonnes affaires se concluent ce jour-là est largement non-fondée. Il n'existe pas de professionnel disposé à brader sa marchandise pour les beaux yeux de ses confrères. Mais si vous avez l'oeil averti et... de la chance, vous pourriez y dénicher une bonne affaire avant les autres.
- que certains marchands adoptent une tactique qui consiste à dénigrer la marchandise qu'ils voient, espérant l'obtenir à bas prix. Outre que cela est discourtois et agaçant, c'est absolument inopérant. Je déconseille ce petit jeu...

Avril 2001 :
Les oeuvres et les ultra-violets (U-V).    
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* Les dessins craignent les U-V comme la peste ! Si vous accrochez un dessin au mur, ne le mettez jamais devant une fenêtre ou un spot halogène : la mine de plomb finira par s'estomper voire disparaître. Il en va de même des signatures au crayon dans la marge des gravures, ou même de l'aquarelle pourtant plus stable.

* Par contre, les U-V sont d'une grande utilité pour détecter les repeints -et donc les tricheries ou les simples restaurations- sur les huiles. Bien sûr, il faut l'obscurité ou au moins la pénombre. Mais ces lampes de Wood sont remarquables d'efficacité. Il faut savoir que l'on en trouve dans le commerce, fonctionnant sur piles, pour moins de 2.000 FB (ca 50 euro).

Mai 2001 :
Tableaux : entretien et nettoyage.       
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* L'entretien des peintures à l'huile ne nécessite pas de précautions particulières. On évitera les changements de température importants, les chocs des transports. Il n'est pas opportun d'encadrer les huiles sous verre comme on le fait des gravures. En effet, la matière et le support ont besoin de "respirer", et la peinture va se craqueler si vous l'en empêchez.

* Le nettoyage courant se fera à sec avec une brosse douce pour enlever la poussière : le plumeau de grand-mère, ou une brosse qu'utilisent les dames pour la poudre de maquillage -la même, pas celle qui sert ;-).

* Parfois, l'oeuvre peut vous paraître ternie, sombre du fait de l'oxydation du vernis protecteur. S'il s'agit d'un tableau de valeur, j'estime que c'est risquer beaucoup que de tenter de le nettoyer vous-même : un professionnel s'impose.
Pour des oeuvres de très faible valeur, il existe une série de "trucs" qui circulent mais restent à vos risques et périls : une pomme de terre ou un oignon coupés en deux p ex. J'ai vu un antiquaire nettoyer un panneau avec du savon à barbe en bombe ! Certes, cela marche bien, mais aussi pour la couche picturale !
Au maximum, vous pouvez vous essayer avec de l'eau très pure, voire du savon de Marseille ancien (à vous d'en dénicher dans les puces). Tout en vous rappelant que l'eau est le premier solvant. Je ne suis pas partisan des solvants vendus par certaines maisons qui ont un effet miraculeux à la démonstration, mais ne conviennent pas à tous supports et matières.

Juin 2001 :
Les abréviations et mentions utiles dans les catalogues.
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C'est en matière de bibliophilie surtout que les abréviations et les termes techniques sont le plus utilisés. Il est important de les connaître pour savoir la nature, le contenu et la valeur exacts du lot. Nous en donnons ici quelques-uns, sans prétendre épuiser le sujet.

>>ex. ou expl. : exemplaire. num. : numéroté. Un ex. num. a beaucoup plus de valeur. Le n° a peu d'importance, sauf si une eau-forte accompagne le livre, et selon le papier ("10 ex. sur Japon et 89 ex. sur vélin"). On lira par exemple : Un des 40 ex. num. sur Hollande Van Gelder Zonen.
>>s. : signé. sbd : signé en bas à droite ; de même, sbg, ou plus rarement shd, shg. Pour les lettres : aut. : autographe. On aura ainsi : aut. s.
>>rel. : reliure par... Pour nombre de bibliophiles, le nom du relieur peut revêtir une importance égale ou supérieure à l'oeuvre elle-même.
>>ill. : illustrations. Il peut s'agir de bois, ou de tailles-douces. Les premiers sont souvent inclus dans le texte, alors que les secondes sont sur des feuilles à part (h.-t. : hors texte) et généralement protégées d'un fin papier voile parce que l'encre sèche plus lentement. Le nec plus ultra est constitué d'illustrations uniques, comme des dessins ou parfois des estampes retouchées chacune à la main. Elles peuvent être en coul. (couleurs). Parfois aussi, différents états de la même eau-forte. E.A. : épreuve d'artiste, pour une estampe ; voir à ce sujet nos articles sur les techniques des estampes, en archives. 
>>ed. : édition (parfois éditeur, plutôt renseigné édit.). E.O. : édition originale (parfois Ed. orig.)
>>s.d. : sans date (d'édition) ; s.l. : sans lieu (d'édition).
>>p. : page ; pp. : pages ; ff. : feuillets.
>>ép. : de l'époque (parfois de l'époq.).
>>couv. : couverture, qui peut être cons. (conservée), ill. (illustrée), rempl. (rempliée, c'est-à-dire avec rabats).

Le terme le plus fréquent est folio et ses dérivés. Il faut savoir qu'un livre est composé de cahiers, eux-mêmes constitué chacun d'une feuille pliée (si la feuille n'est pas pliée, on parle d'un in-plano : un feuillet, deux pages. 
Si l'on plie la feuille une fois, on obtient 2 feuillets (ff), donc 4 pages (pp) : c'est le in-folio ou in-f°.
En augmentant le nombre de plis :
in-quarto ou in 4° : 4 ff, 8 pp ;
in-octavo ou in-8° : 8 ff, 16 pp.
in-douze ou in-12 : 12 ff, 24 pp.
in-seize ou in-16 : 16 ff, 32 pp.
in trente-deux ou in-32 : 32 ff, 64 pp, et ainsi de suite.

Longtemps, les dimensions des livres furent données uniquement en ces termes. Mais les dimensions du livre dépendent bien évidemment de celles de la feuille d'origine, très variable. C'est pourquoi actuellement on parlera plus en cm, ou en mm. Pour les gravures, les dimensions sont données en mm et fractions (p ex 12,5 x 22,7), en précisant s'il s'agit de la planche (pl.) ou de la cuvette (cuv.).

Encore, en vrac : cat. : catalogue ; prov. : provenance ; une bonne provenance -famille de l'artiste, galerie, coll. (collection) privée- est un gage d'authenticité bien souvent. 
Parfois, on verra aq. ou aquar. pour aquarelle ; e.-f. pour eau-forte.

On reviendra en complétant cette chronique (ou sur une page spéciale) sur les définitions en bibliophilie. Ce qui précède est déjà un bon aperçu.

Juillet 2001 :
Les multiples par informatique.           
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Nous avons dit à de multiples reprises dans nos articles sur les techniques des gravures et estampes, combien il convenait de se méfier des offsets parfois vendus pour des lithographies. Leur valeur est quasi-nulle.

Néanmoins, il se trouve un domaine proche où cette technique est admissible : il s'agit de l'infographie et de ses dérivés. Ici, l'artiste utilise un fichier informatique qui contient son oeuvre sous un format déterminé (.JPG, .GIF, BITMAP....). Il l'édite à l'aide d'une imprimante, généralement sur un bon papier et avec une fine résolution. Néanmoins, à l'examen sous forte loupe, vous retrouvez ce réseau caractéristique de l'impression offset.

Il peut s'agir toutefois de multiples créés par l'artiste, et donc d'une réelle valeur. Certaines conditions sont cependant impératives :
- il faut que l'artiste numérote ses oeuvres, et surtout indique le tirage exact, et limité. Ce tirage peut être effectué sur 5, 10, 50 ou 100 par exemple.
- il est idéal que l'artiste après ce tirage détruise son fichier. Ceci équivaut à la destruction de la plaque d'eau-forte en la rayant.

Il doit en conséquence s'établir une relation de confiance entre l'artiste et l'acquéreur. Ce point vaut tout aussi bien pour les lithos ou les techniques en taille-douce. Même si un oeil entraîné reconnaîtra l'altération des traits de l'eau-forte au fur et à mesure des tirages, ce qui n'est pas le cas en lithographie ni en infographie. L'infographie peut parfois être retouchée manuellement. 

Cette technique est donc intéressante, mais elle implique une éthique rigoureuse chez l'artiste, qui doit résister à la tentation de tirer et retirer de nouvelles épreuves, parfois avec de fausses numérotations. Mais il se "brûlerait" rapidement dès que cette supercherie serait découverte. En conséquence, ne pas négliger cette manière d'acquérir des multiples de ce type chez les artistes.   

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