Les conseils
de la lettre mensuelle

Ces pages reprennent les conseils que nous donnons en toute modestie
dans les billets qui annoncent la lettre mensuelle. L'abondance venant, nous avons crée une deuxième puis une troisième page. Vous y serez automatiquement conduits en cliquant sur les titres des chroniques.
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A ce jour :
* Encadrement des estampes et dessins.
* Les "journées marchands".
* Les oeuvres et les ultra-violets.
* Entretien et nettoyage des tableaux.
* Abréviations utiles en bibliophilie. 
* Les multiples par infographie. 
* Encadrer et accrocher un tableau.  
* Acheter avec ou sans facture ?  
* La cote d'un peintre. 
* "Quand je serai grand, je serai antiquaire".  
* Deux "ficelles" pour les sculptures.  
* Si le bois joue, vous ne riez plus !  
* De bonnes sources pas trop chères ?   
* Le nettoyage d'une gravure ancienne   
* Faux Van Gogh et analyse stylistique  
* Savoir lire les mentions d'un catalogue 
* Brocanteurs du dimanche : une âme ou une carte ?  
* L'entretien des cadres dorés  
* Les bronzes et leurs ersartz  
* L'entretien de l'argenterie   
* Lentretien des pièces de céramique 

Août 2001 :
Encadrer et accrocher un tableau.
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* Nous avons déjà évoqué l'encadrement des dessins, gravures et autres multiples (février 2001), celui des tableaux (mai 01 - jamais de verre protecteur), ainsi que les risques que leur font courir les ultra-violets (avril 2001). Quelques autres notions sont utiles à connaître.

* Si vous voulez retendre une toile à l'aide des tasseaux ou tenseurs que son châssis comporte à l'arrière, il convient de poser à plat le bord sur lequel vous agirez. Frappez légèrement à l'aide d'un petit marteau. Ensuite, agissez sur le tasseau correspondant en diagonale -c'est-à-dire faire pivoter l'oeuvre sur le plan de travail de 180°. Et ainsi de suite.

Cette opération doit être modérée pour ne pas trop tendre la toile qui serait alors soumise à des tensions néfastes. De même, une toile insuffisamment tendue verra la couche picturale se crevasser à la longue. Enfin, cette intervention doit se faire avant l'encadrement, car elle a pour effet d'accroître légèrement les dimensions du châssis.

* Généralement, la toile et son châssis sont fixés au cadre à l'aide de petits clous placés en biseau. Cette manière de faire reste valable. Mais il existe maintenant dans le commerce des agrafes métalliques pivotantes en forme de baïonnette. Ce système me paraît idéalement adapté pour sa simplicité, sa facilité et le fait qu'aucun clou ne traverse plus le châssis.

* Si vous souhaitez réutiliser un ancien cadre, une erreur monstrueuse est celle qui consiste à faire entrer une oeuvre dans un cadre trop petit, en forçant. On a même vu des toiles découpées pour les faire entrer dans un cadre déterminé. Ou l'on aime l'art, ou l'on aime les accessoires en se fichant de l'oeuvre !

Par contre, un cadre légèrement trop grand reste parfaitement adéquat. Vous pouvez caler l'oeuvre à l'aide de petites baguettes de bois, mais l'idéal est d'employer ces bandes mousses ou élastiques auto-collantes dont on se sert pour les chambranles de portes.

* L'accrochage tiendra compte des principes déjà énoncés pour la lumière. La hauteur se mesure de manière à ce que le milieu du tableau soit à hauteur de vos yeux -si vous n'êtes pas le plus grand des joueurs de basket de votre équipe :-). Ceci n'est pas absolu bien évidemment, et notamment pour des paires ou des ensembles de gravures : testez alors à deux, l'un tenant les oeuvres que l'autre observe, avant de placer les clous.

* Les châssis anciens sont souvent mal équilibrés. C'est pourquoi après avoir choisi le strict milieu du cadre pour fixer l'anneau de suspension, vous verrez l'oeuvre s'obstiner à pencher d'un côté. Je pense que le mieux est de prévoir deux anneaux latéraux réunis par une corde bien souple : en la faisant glisser, vous obtiendrez toujours l'horizontalité parfaite.

* Souvent les tableaux modernes sont exposés sans cadre aucun. Il faut alors séparer l'oeuvre du mur, afin qu'elle "respire". Cela peut être aisément réalisé avec des pastilles de feutrine ou des morceaux de liège placés aux quatre coins du châssis.                  Haut de la page  

Septembre 2001 :
Acheter avec ou sans facture ?    
* Vous devez savoir que tout antiquaire, galeriste mais aussi brocanteur en règle de registre de commerce et d'enregistrement TVA doit vous fournir une facture sur demande. Ceci n'est donc pas valable pour les particuliers qui vident leur grenier (parfois toutes les semaines !!) dans les brocantes qui sont organisées dans foule de localités.

* La grande majorité des professionnels ont opté pour le régime de taxation TVA sur la marge. Une fois ce choix fait, il est valable pour la totalité de leurs transactions. Les marchands se voient taxer sur la marge qu'ils réalisent entre le prix d'achat et le prix de vente. Ce système est adapté et équitable, car quantité de marchandises sont achetées à des particuliers, évidemment non-assujettis.

* Il doit figurer sur la facture la mention : "Livraison soumise au régime particulier d'imposition de la marge bénéficiaire. TVA non déductible (Art. 8 de l'A.R. du 23 12 94)". Un particulier ou un autre professionnel achetant à un marchand ne peuvent donc connaître la TVA afférente (et donc la déduire dans le cas du professionnel), car ils connaîtraient aussi la marge bénéficiaire du vendeur. Ceci serait contraire aux lois habituelles du commerce.

* J'ajouterai que ce droit à obtenir une facture est bien difficilement applicable dans les brocantes et petits marchés. Essayez après avoir marchandé et convenu du dernier prix, de demander une facture au petit brocanteur : comme cela m'est arrivé, vous augmenterez votre collection de quolibets, voire d'injures, mais certainement pas de paperasse :-) .

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Octobre 2001 :
La cote d'un peintre.     
C'est une question qui m'est souvent posée. Telle quelle, elle n'a pas beaucoup de sens parce qu'un peintre ou une oeuvre ne sont pas des marchandises "cotées" sur quelque marché comme le sont l'or ou le pétrole. Ce que l'on peut discerner, ce sont des fourchettes de prix, des tendances, des époques, voire des valeurs moyennes.

* En ce qui concerne les peintres en activité, nous ne donnons aucune cote. D'une part par déontologie pour ne pas intervenir dans un marché qui se fait, d'autre part parce l'achat à un peintre est une démarche tout autre que l'acquisition en salle de ventes.

* Pour les peintres disparus, j'ai expliqué (Bibliographie générale du site) combien il fallait user de circonspection dans l'utilisation de répertoires de cotes moyennes, parce qu'elles ne reflètent pas les écarts qui peuvent être importants, et encore plus quand ces valeurs moyennes sont rapportées par défaut à une oeuvre de dimensions standardisées.

Le mieux est de prendre connaissance d'un maximum de cotes : plus leur nombre est important, plus on évite les biais statistiques, cela est bien connu. Voici quelques facteurs susceptibles de modifier la cote d'un peintre ou d'une oeuvre ; certains sont totalement justifiés, d'autres plus artificiels.

- une exposition ou une rétrospective contribuent à rappeler un peintre au souvenir du public, et donc à accroître le nombre d'amateurs potentiels.

- la reprise au catalogue d'une telle exposition accroît la notoriété de l'oeuvre. De plus, on peut penser que l'éditeur du catalogue aura à coeur de présenter les meilleures oeuvres. Cela suppose que vous l'ayez prêtée pour l'exposition.

- une étiquette (réelle) d'exposition, surtout de renom, au dos de l'oeuvre contribue à sa cote, notamment parce qu'elle est aussi un gage d'authenticité.

- la figuration dans un catalogue raisonné est indiscutablement un plus. Si vous entendez parler de la préparation d'un tel ouvrage pour un peintre dont vous possédez une oeuvre, vous ne pouvez manquer cette opportunité.

- un certificat (authentique !) d'un expert[1], ou encore mieux d'un descendant qui a connu l'artiste et a vu l'oeuvre chez lui, sont des atouts réels.

- la connaissance du parcours d'une oeuvre (différents détenteurs ou acheteurs) est également un facteur favorable. Cela est le plus souvent reconstitué uniquement pour des oeuvres de renom, malheureusement.

- si vous êtes le vendeur, en salle de vente, l'idéal est d'obtenir une photo au catalogue. Cela ne se fait pas sans mal. Songez aussi au marché loco- régional. Un Richard Heintz fera un bon prix à Liège, un moins bon à Bruxelles, et un prix médiocre à Londres -s'il n'est pas retiré.

- quand une exposition est prestigieuse, qu'elle célèbre un centenaire, qu'elle se tient dans un enceinte de renom, que plusieurs ouvrages sortent à ce moment, nous obtenons un excellent cocktail de valorisation. Vous me direz qu'il s'agit d'artistes internationalement reconnus et que le prix est en conséquence. Je répondrai : songez aux multiples !

Certains de ces facteurs sont évidemment "saisonniers", ponctuels ; la cote peut retomber après l'événement, et parfois comme un soufflé. Ce qui doit vous conforter dans la conviction, sauf si vous avez le tempérament d'un spéculateur invétéré, que le meilleur achat reste celui dont vous avez une "envie folle".

[1] Le titre d'expert n'est pas protégé en Belgique. N'importe qui peut s'intituler expert. A contrario, certains amateurs vous en diront plus sur tel peintre que n'importe quel expert, parce qu'ils aiment cet artiste et ont tout suivi de lui, oeuvres et publications.            Haut de la page     

Novembre 2001 :
"Quand je serai grand, je serai antiquaire".
Un beau jour, votre rejeton vous annonce ce projet. Alors que vous rêviez pour lui d'une situation stable, aux revenus réguliers et aux horaires allégés, voilà que le sol se dérobe sous vos pieds. Et la première chose dont vous vous enquérez est de savoir dans quelle école il pourra le devenir -les mêmes affres pouvant miner les parents des futurs galéristes, marchands de tableaux, brocanteurs...

* Il faut tout d'abord savoir que le titre d'antiquaire n'est pas protégé, et qu'il n'existe pas, en Belgique en tout cas, "d'accès à la profession". On demandera "simplement" de justifier des connaissances nécessaires au commerce de détail (comptabilité, fiscalité...), soit via une expérience qui les permet, soit via une formation.

Le candidat à l'installation devra accomplir les formalités inhérentes : certificat de la Chambre des Métiers et Négoces locale, enregistrement au Registre de Commerce (Greffe du Tribunal de Commerce), acquisition d'un numéro de TVA. C'est tout, hormis les obligations qu'ont tous les indépendants en matière de lois sociales et de fiscalité. 

* Il existe néanmoins des écoles délivrant des diplômes d'antiquaires. En Communauté française, elles sont à Liège et Charleroi, et dépendent de l'Institut de Formation permanente des Classes Moyennes (leur site est à : www.ifpme.be/ . Le diplôme après une formation de deux ans est homologué par la Communauté française, donc "officiel".

D'autre écoles existent, avec des titres parfois ronflants. Certains des professeurs sont de grande qualité. Le minerval sert notamment à les rémunérer : il est donc à la hauteur. Leur diplôme n'est pas, que je sache, reconnu par le Ministère.

* Quelle que soit l'école, la formation restera un premier pas, comme dans tous les métiers. Mais dans ce domaine plus qu'ailleurs sans doute, il faut que le futur antiquaire ou marchand voie, tâte, manipule des centaines et des milliers de pièces pour se familiariser et les reconnaître. L'expérience est le plus sûr garant de la compétence.

* Un dernier mot : on sait habituellement qu'on ne grimpe pas dans une quelconque hiérarchie. Rares sont ainsi ceux qui ont commencé comme brocanteurs pour finir par exposer au Tetaf ou aux Biennales. Il vaut donc mieux choisir son créneau en débutant.

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Décembre 2001 :
 Deux "ficelles" en sculpture.
Le site étant amené à s'étendre naturellement vers d'autres disciplines artistiques, et en particulier la sculpture, voici deux éléments utiles à connaître quand on chine :

* Les bronzes d'édition du XIXe siècle sont très recherchés, et l'on s'attache aux artistes comme aux fondeurs. Il existe des faux sur le marché, et une donnée utile est de connaître, via un catalogue ou un ouvrage de référence, les dimensions du bronze original. En effet, les rééditions frauduleuses sont souvent coulées à partir d'une cire prise d'après un bon tirage. Comme le métal se rétracte un peu en refroidissant, le faux sera toujours légèrement plus petit que l'original.

* On voit souvent de l'ivoire dans les sculptures fin XIXe - début XXe. Mais il peut s'agir d'ivoirine, une matière l'imitant et élaborée à partir de poudre et de colle. Une manière de distinguer les deux matières est d'y piquer une aiguille chauffée : elle rentrera dans l'ivoirine, alors que l'ivoire lui résiste. Si évidemment le vendeur vous autorise ce test !

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