LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques d'Alix Walsh.  Octobre 2005 
  L'anatomie du sensible : Ode Bertrand et Daniel de Spirt
  
A
l'International Art Gallery de Lasne

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Obliques, diagonales, décrochements, multiples segments, épaisseur du trait, tels sont les éléments qui caractérisent l’œuvre d’Ode Bertrand.

Adepte de l’abstraction construite, appelée Art Concret, qui prend ses sources dans les œuvres de Mondrian, Kupka parmi d’autres, Ode Bertrand fait référence à une proportion, considérée en architecture, comme particulièrement esthétique : le Nombre d’Or.

L’artiste structure comme elle-même le dit, un "chaos" sur toile ou papier en ayant recours à un tire-ligne. Le trait noir plus ou moins large, élément primordial pour Ode Bertrand est peint au pinceau, à l’huile ou à l’acrylique ou encore à l’encre de chine et habite un fond blanc. Les rares fois où l’artiste emploie de la couleur, celle-ci est tamisée, passée, jamais vive.

L’entrecroisement des figures rectilignes nous montre une grille ou un labyrinthe d’où émane une logique monumentale empreinte d’un certain ascétisme.

Ode Bertrand est née à Paris en 1930 et a participé à de nombreuses expositions depuis 1977.

"Face à l’œuvre, le spectateur en se déplaçant latéralement perçoit certains rapports de signes qui vont en disparaissant. A cet instant, seule l’ombre reste projetée sur le mur. C’est l’instant sublime de la transparence". D. de Spirt 2004.

Architecte de formation, Daniel de Spirt n’est ni sculpteur, ni peintre mais se dit plutôt constructeur. En s’appropriant il y a 30 ans les moyens de notre époque, tel l’altuglas (plaque translucide d’acrylique) déjà introduit par les Constructivistes Russes en 1935, D. de Spirt élève des colonnes ou allonge de simples cloisons. Il s’intéressa à l’Art Concret de l’Ecole de Zürich qui se développa dans les années ‘30 et à l’art minimaliste.

Il peint systématiquement les tranches des plaques d’altuglas selon que l’arête est biseautée ou à angle droit dans des tons rouge, jaune, vert, bleu ou encore noir ou blanc. Cet agencement de couleurs dans l’espace forme ainsi des lignes, d’épaisseurs différentes, telles que des parallèles, des pointes ou des croisements.

Les arêtes supérieures des colonnes d’altuglas sont peintes dans des tons sombres contrairement aux arêtes inférieures, ce qui donne l’impression que la colonne s’étire vers le haut.

Cette fusion de couleurs et de formes géométriques témoigne d’une grande sobriété et permet à l’artiste de travailler la lumière comme il l’entend. Le vide fait partie intégrante de l’œuvre. Afin d’atteindre l’harmonie voulue D. de Spirt passe environ trois mois sur chaque pièce.

Ces deux créateurs, Ode Bertrand et D. de Spirt ne nous invitent-ils pas à nous interroger sur la perception visuelle des choses ? 

Alix Walsh,         
Historienne de l'Art         

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 57ilbertrandcoiv.JPG (32092 octets)

Ode Bertrand

 

 

 

57ildespirt.JPG (23295 octets)

Daniel. de Spirt

 

 

 

57ilbertrandepure.JPG (20610 octets)

Ode Bertrand

International Art Gallery, Rue Bois Lionnet, 16, 1380 Lasne.

 

 

De 14h à 19h ou sur rendez-vous. Fermé le mercredi.

Exposition accessible jusqu'au 27 novembre 2005.

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