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LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique de Marc-J. Ghens. Septembre 2005 Inferno... Dante revisité par Marc Kennes A la Galerie "De Zwarte Panter" d'Anvers |
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;; Il se présente en digne héritier d’une forme d’expressionnisme inhérent et surtout typique à la Flandre. Une nouvelle exposition de cet artiste s’ouvre le 9 septembre prochain dans sa ville, à la galerie De Zwarte Panter. Un grand thème général traverse les quelques 60 toiles et gravures exposées : l’Enfer de la Divine Comédie de Dante. De grands noms de l’Art occidental ont déjà illustré ce sujet prestigieux et combien gratifiant pour un artiste. Citons entre beaucoup d’autres Botticelli, Doré et plus près de nous, Miquel Barcelo. Mais on peut à juste titre parler chez eux d’illustration. Il y va tout autrement chez Marc Kennes et dans son approche du chef d’œuvre de Dante. Kennes allie des thèmes du livre à des éléments autobiographiques de telle manière qu’une vision très personnelle se crée qui fond la pensée abstraite en une forme visuelle et plastique. Des voies ferroviaires isolées dans la nuit, des bâtiments vides et abandonnés, des dealers et des petites prostituées toxicomanes peuplent ces toiles et se déplacent entre ombre et lumière dans des compositions parfois déformées et de ce fait d’autant plus ambiguës. Tout se passe entre de larges paysages et des murs, et se traduit dans des compositions en triangle. Il s’agit là d’une façon de faire raisonnée mais en fait, surtout instinctive. Kennes connaît ses classiques et la grande école anversoise n’est jamais loin. De nombreuses couches de peinture successives donnent à ces toiles une certaine mystique d’où l’artiste atteint à ses sentiments profonds et son investissement personnel, c’est-à-dire donner une âme à ce qui se dissimule derrière l’apparence première des choses. Un film d’une durée de 30 minutes accompagne l’exposition. Il est le travail de Rudy Willox, vidéaste et ami du peintre, qui a su parfaitement saisir et l’œuvre et l’homme. Outre l’examen approfondi des toiles et gravures, la parole est donnée à Marc Kennes sous forme d’une interview substantielle. Ecoutons-le : "Du fait que mon travail est toujours
conduit par l’émotion, la peinture peut prendre ses distances et commencer
son propre voyage. Ce qui m’a surtout passionné chez Dante,
c’est qu’il a connu personnellement tous ces pécheurs en enfer, et également
le fait que tous les grands péchés de cette époque sont aujourd’hui à
peine encore reconnus comme tels. Prenez par exemple la luxure, qui était il
y a six cents ans le plus grave péché que l’on pouvait imaginer. De nos
jours, il est à peine concevable de penser que quelqu’un enclin à la
luxure puisse pour cette raison mériter punition. Ces peintures et gravures possèdent également
d’autres significations. Elles ne sont pas univoques, ni une illustration,
mais bien plutôt une symbiose de mon expérience de la vie jusqu’à ce
jour. Certains cantos sont interprétés de telle
manière qu’ils acquièrent une certaine forme de lisibilité, on les
reconnaît pour ce qu’ils sont et représentent. Mais très souvent je fais
référence à notre société actuelle, ce qui conduit à une double
signification. » Je ne me suis pas occupé de la numérotation
des cantos. L’Enfer de Dante n’est pas pour
moi une donnée mythique mais bien une réalité, et j’ai dés lors voulu éviter
de faire une illustration de l’œuvre écrite. "L’enfer,
c’est les autres" a prétendu Sartre. Mais l’enfer ne serait-il pas
plutôt en chacun de nous ?". Et l’exposition et le film surprennent, car ils sont parfaitement complémentaires. La caméra a suivi la création et l’évolution de plusieurs toiles et le film, sans jamais tomber dans le travers du didactisme, nous éclaire de manière magistrale sur l’évolution d’une pensée. A
l’origine en néerlandais, le film est disponible dans des versions
sous-titrées en français et anglais et est mis en vente au prix de 20 euros. Marc-J. Ghens
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* Marc Kennes
Marc Kennes
Marc Kennes
Marc Kennes
Marc Kennes
Marc Kennes
Marc Kennes
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Galerie De Zwarte Panter, Hoogstraat 73, à 2000 Anvers. |
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| Exposition accessible du 9 septembre au 9 octobre 2005. |
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