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LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique de Vera Lewijse. Juin 2005 Au service de notre patrimoine : * Rénovation de la salle Roma à Anvers * Lauréats des "Ford conservation et environnemental Grants" |
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;; Le lieu : un ancien cinéma, le Roma, construit en 1928, qui avec 2000 sièges a été longtemps la plus grande salle de cinéma d’Anvers. Dans les années ’70 ce cinéma devenait également une salle de concert connue dans les rock- et pop circuits (je me souviens d’un fabuleux concert de Lou Reed !). Malheureusement la salle a été
abandonnée depuis 1982, ce qui est
vraiment dommage car la salle est un bel exemple du style architectural de
cette époque où une salle de cinéma était encore là pour faire rêver le
public. Un vaste hall d’entrée où, avant l’accès
à la salle s’amorce un double
escalier conduisant aux balcons. Lesquels surplombent évidemment le temple
lui-même, un grand espace au fond duquel s’élève l’écran, autel dont les
idoles d’hier ont aujourd’hui disparu. En 1982, la dernière séance et l’ultime messe : ‘Gone With The
Wind’. Autant en emportait le vent, en effet. De nos jours le bâtiment appartient à un investisseur privé et est
classé comme patrimoine culturel, c’est-à-dire comme monument protégé. Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous en parle ? Quand je me promène à Bruxelles, à Anvers, mon cœur se serre quand je vois la beauté périmée (mais l’est-elle vraiment ?) de ces maisons désertes et désertées, qui semblent pleurer doucement avec leurs fenêtres creuses, encadrées de pierres friables. Elles me parlent comme autant d’autodafés d’une société sans respect, ni amour de son passé. Il existe des quartiers entiers,
une maison à côté de l’autre, qui attendent pendant des années que leur
nouvelle destination devienne claire : la démolition pure et simple ou la fameuse archéologie des façades, cette technique hypocrite typique
de la
nouvelle restauration. La salle Roma n’est bien sûr pas la seule salle de cinéma victime de
l’évolution des mentalités. On pourrait en citer bien d’autres dans nos villes
polluées par cette même évolution. Mais la mentalité à l’origine du sauvetage
de cette salle anversoise est particulière et mérite de ce fait d'être
signalée. A l’initiative exclusive, remarquons-le, du voisinage et à l’aide de plus de 160 volontaires issus de tous les milieux sociaux, cette salle est en pleine restauration sans -au début- avoir eu l’espoir de recevoir un franc des institutions officielles. Sous l’influence et l’attention de la presse, doucement les subsides et donations du secteur privé ont suivi. Borgerhout, populairement nommé ici Borgerocco du fait de l’implantation
d’une importante population d’origine marocaine, a longtemps été un district
d’Anvers privé de toute initiative culturelle. Aujourd’hui toutefois, avec la
réouverture de la salle Roma, le quartier retrouve une place sur la carte
culturelle de la cité portuaire. Résultat : bâtiment sauvé et voisinage amélioré ! La deuxième chose que je veux vous signaler est le concept même du Ford Conservation & Environmental Grant.
Il s’agit d’une institution vouée
à couronner et financer des projets intéressants et qui visent à conserver nos
richesses culturelles, historiques et naturelles. L’initiative qui vit le jour
il y a vingt ans en Grande-Bretagne sous le nom de ‘Henry Ford Conservation Grants’ est aujourd’hui devenue l’un des
plus grands programmes au monde dans son genre. Ce que je trouve intéressant est que toute personne qui lutte pour la
préservation du patrimoine naturel et culturel peut y participer. Par conséquent, il peut donc aussi bien
s’agir de particuliers, d’associations ou d’écoles, que
d’institutions privées ou publiques. Pour en savoir plus, je transmets à la fin de l’article les coordonnées
nécessaires[1]. * Dans la catégorie ‘patrimoine
naturel’, a été sélectionné l’Institut Royal des Sciences Naturelles de
Belgique (Bruxelles) pour le développement d’un instrument numérique et
interactif servant à la découverte de trésors naturels belges. A aussi reçu un prix le Centre régional d’initiation à
l’environnement de Mouscron (CRIE), pour la restauration d’un vieil étang dans le cadre d’une action de
sensibilisation aux jardins naturels. * Dans la catégorie ‘patrimoine
culturel’, deux lauréates dont les projets s’attachent à la problématique
très actuelle de la conservation et de la réaffectation de l’héritage
religieux : la fabrique de l’église Saint Eligius de Maarke et sa
réorientation en centre culturel ; l’asbl YOT de Bruges pour une
expérience tournant autour de l’espace, de l’homme et de la religion en l’église
Ste-Madeleine de Bruges. * Dans la catégorie ‘jeunes’, trois
gagnants on été couronnés : l’école Panda de Flandre, Gand, pour un Eco
projet qui vise à établir une zone verte autour de l’école au profit des élèves
et du voisinage ; l’asbl Inverde de Hoeilaart pour une initiative visant à
promouvoir des jeux qui développent le respect pour le milieu forestier ;
le VVKSM St. Remoldus, Deurne pour un projet de conservation de la nature en
zone urbanisée. * Dans la catégorie ‘technologies
pour la conservation de la nature et de la culture’
: l’école communautaire CDBSO de Sur ce projet SALUT, un peu d’information supplémentaire, car la
conservation et la restauration d’œuvres d’art est un sujet qui m’est proche et
me tient à cœur. Les surfaces polychromées, telles les peintures murales, les sculptures
etc...
ont été souvent recouvertes d’une nouvelle couche de peinture, pratique liée au
changement de goût et de style d’une époque. Le problème qui se pose est que les techniques chimiques
conventionnelles sont très chères et prennent beaucoup de temps. Elles sont
en plus dommageables pour la couche de peinture originale. Le but de la
recherche était de trouver une technique permettant d’enlever sélectivement une
couche de peinture à l’aide de la technologie au laser sans provoquer des
dégâts. La méthode d’examen a été pratiquée sur des artéfacts à l’aide de
différents systèmes de techniques de dégagement, et l’évaluation des résultats
des tests au laser réalisés
sur une peinture murale historique,
par les techniques analytiques (OM, SEM, µRaman, etc...). En conclusion: la
couche de peinture surajoutée peut être éliminée à l’aide d’un Q-switched
Nd : YAG laser sans abîmer la couche de peinture originale[2]. Dans le futur :
le développement d’un prototype mobile adapté à l’emploi dans un chantier. Ceci étant
peut-être un article qui s’écarte du chemin habituel mais offrant, je l’espère, de l’information utile pour toute personne intéressée et que cela pourrait
concerner. Vera
Lewijse, |
* Plusieurs
vues
Roma, le podium
IRSCNB
IRSCNB
CRIE Mouscron
Eglise de Maarke
Projet YOT à Bruges
Projet "Salut"
Projet "Salut"
Projet "Salut"
Projet "Salut" |
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[2] Pour de plus amples informations : info@creativecommunication.be – projet SALUT. |
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