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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Juin 2005 CoBrA : une petite collection privée s'expose. A la Galerie Quadri de Bruxelles |
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;; Pour
pratiquer studieusement la calligraphie classique, nous sommes fascinée par
la rigueur de cette écriture graphique courant méthodiquement sur le support
sans vouloir rien dire et évoquant toujours un retour aux sources de
l’enfance. Le
mot "Logogramme" inventé par Dotremont vient du grec "logos"
-pensée,
et "graphein" qui signifie autant écrire que peindre, un
exercice qu’il pratique avec une virtuosité de musicien. Tout
ceci pour signaler au lecteur une petite et riche exposition orchestrée
autour d’une collection privée axée sur le groupe Cobra (acronyme de
Copenhague, Bruxelles, Amsterdam d’où les artistes étaient originaires)
groupe délibérément anticonformiste qui se manifesta, somme toute, peu de
temps (de 1948 à 1951) mais n’en finit pas d’exister et de signaler sa présence. Issu
d’un surréalisme teinté d’expressionnisme, il revendique haut et fort sa
liberté de peindre et de s’exprimer comme bon lui semble. Il n’a pas pris
une ride ! Quelques
25 œuvres sont réunies aux cimaises de la galerie Quadri, réinstallée en
pleine verdure bruxelloise. A
tout seigneur, tout honneur, Dotremont y joue les vedettes avec, entre autres,
un sobre "Poème danois" datant d’avant les logogrammes mais
annonçant déjà la spontanéité du geste ainsi qu’un logogramme, en noir
et blanc, dont la lecture purement poétique et visuelle ne permet pas au
curieux de déchiffrer le mystérieux intitulé "Tmèse-Tmèse".
Ailleurs, un des premiers (double) logogrammes en rouge et noir datant de
1965, tracé à l’encre et au crayon porte nom "Peut-être bien après
tout", credo personnel aux rythmes subtils, aux signes posés avec
bonheur sur la feuille. Dotremont
signe pratiquement la moitié de la sélection dont quelques exercices à
quatre mains, sur papier récupéré, tel "L’arbre théatral"
avec son ami le touche à tout de génie Serge Vandercam duquel figure également
un petit bronze dodu de la série "Boues". D’Alechinsky,
nous épinglerons une « Dame d’absente pensée » au bien joli
titre où la ligne mène la danse d’une gracieuse gestuelle tandis que la
couleur participe largement à cette chorégraphie. Heureux compromis entre
abstraction et figuration, l’œuvre d’Alechinsky n’est que tourbillon de
formes et de couleurs qui réjouissent l’œil. Une "Composition"
de Karel Appel à la pâte épaisse et charnue nous fait oublier des œuvres
plus tardives et moins passionnantes. Un
dessin, sans titre, de Reinhoud, au trait de plume vivant et nerveux suggère
le mouvement que l’on retrouve dans ses sculptures. Balle,
Corneille, Raine font aussi partie du lot mais en moindre mesure. Les
artistes de Cobra estimaient que l’art devait être spontané et expérimental
tout comme l’art des enfants. La preuve en est encore faite, ici, avec cette
petite collection de grande qualité. Même
si le mouvement a disparu, l’esprit subsiste. Un
petit ouvrage, à l’humour corrosif , accompagne l’exposition. "Facéties
et compagnie de Christian Dotremont" de Jacques Calonne (Edition
Quadri). On songe à Prévert, on songe à Michaux. Un
propos parmi d’autres… "A l’hopital Brugmann, en tournée dans la
salle commune, le grand patron entouré d’étudiants, se penche au dessus du
lit de Dotremont : Colette Bertot |
Supprimés
:
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Galerie
Quadri, 105 avenue Reine Marie Henriette, 1190 Bruxelles. |
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Tous les vendredis et samedis de 14h à 18h. |
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Exposition accessible jusqu'au 25 juin 2005. |
Copyright © 2005 Mémoires et Colette
Bertot.
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