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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Mars 2005 De Cézanne à Dubuffet - La collection Planque : un florilège de maîtres Au Musée d'Ixelles |
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;; Jean Planque a travaillé comme conseiller de la galerie Beyeler de Bâle de 1954 à 1972. Il a pour fonction d’acheter des œuvres intéressantes sur le marché parisien. Parallèlement à son travail pour la galerie, petit à petit, il constitue sa propre collection. Son regard d’artiste mais aussi d’amoureux de la peinture a influencé ses choix. Ses
liens particuliers avec les artistes en faisaient un interlocuteur privilégié.
Il compte parmi ses amis des artistes comme Bazaine, Sonia Delaunay, Bissière,
Hans Berger. Ses contacts avec les artistes allaient bien au-delà du rapport
entre le marchand et l’artiste. De nombreuses lettres ou dédicaces témoignent
tout au long de l’exposition de cette filiation sincère entre Jean Planque
et les artistes. Jean
Planque est parti à la rencontre des artistes et c’est avec bonheur que
l’on découvre des œuvres méconnues (ce qui les rend d’autant plus
belles et surprenantes) d’artistes majeurs comme Renoir, Bonnard, Rouault,
Braque, Gris, Klee ou Léger. Il éprouve aussi une profonde admiration pour Cézanne
dont on découvre ici deux aquarelles légères et dépouillées à l’extrême.
Si
la collection Planque présente une grande diversité, on retrouve quelques
favoris comme en témoignent les nombreuses œuvres de Picasso et Dubuffet.
Les hasards de la vie lui ont offert des rencontres inattendues et déterminantes
comme celle avec Jean Dubuffet qui lui apprendra à "désapprendre"
la peinture. La scénographie de l’exposition permet à l’art de Dubuffet de prendre toute sa dimension, il s’exprime pleinement et s’offre au regard de façon surprenante. Face à Dubuffet, les œuvres d’Aloïse trouvent leur juste place. Œuvres magnifiques aux couleurs éclatantes, cette artiste longtemps internée dans un asile psychiatrique a pu se révéler dans le dessin de façon bouleversante avec une étonnante maîtrise des couleurs. Picasso, dont on ne cesse de découvrir les œuvres, est présent avec de magnifiques portraits de femmes de sa période cubiste. L’exposition
reflète la passion d’un homme pour qui l’art est vital. J’aime mieux
les tableaux que la vie. Ma vie = tableaux. Il n’y a pas un art du
laid et du beau. Cela n’existe pas. Il y a seulement le mystère, la magie
et l’horrible peut tout aussi bien que le beau exprimer ces choses (…)
c’est en se livrant totalement à l’instinct, sans intervention
intellectuelle que l’on peut exprimer ce qui est en soi, bien en soi,
totalement et profondément. (Jean Planque 1973) Françoise Bernardi,
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* Edgard Degas
Paul Cezanne
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Musée
d’Ixelles, Rue Van Volsem, 71 – 1050 Bruxelles |
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D |
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| Exposition accessible jusqu’au 22 mai 2005. |
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