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LA LETTRE MENSUELLE |
| Fernand Khnopff : la vérité sur une oeuvre - Mars 2005. |
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Rectification et mise en garde à
l'intention des collectionneurs |
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;; Peut-être que certains d’entre vous me connaissent… Permettez-moi cependant de me présenter. J’ai réalisé toute ma carrière - plus de 40 ans - aux Musées royaux des Beaux Arts de Belgique, où j’assumais la direction du Département Art Moderne lorsque j’ai pris ma retraite, bien à regrets, le 1er février 2002. Depuis longtemps, je suis passionnée par un de
nos artistes belges parmi les plus célèbres du XIXe siècle : Fernand Khnopff. J’ai publié le catalogue raisonné de son oeuvre en
1979, avec réédition en 1987 ; réalisé
les rétrospectives qui le concernent de 1979 à aujourd’hui, tant en Belgique
qu’à l’étranger et notamment au Japon en 1990. C’est donc tout naturellement que j’ai continué à aider mes anciens collaborateurs dans la réalisation de la dernière grande exposition "Fernand Khnopff", qui s’est tenue aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, du 16 janvier au 9 mai 2004. J’étais d’ailleurs l’un des Commissaires de cette manifestation -ce dont je remercie tout particulièrement Frederik Leen qui m’a succédé- manifestation qui remporta un franc succès et fut ensuite présentée au Museum der Moderne Rupertinum de Salzbourg et au Mc Mulen Museum of Art de Boston. Durant mes recherches, et plus précisément le 18 avril 2002, j’ai été
contactée par un collectionneur, que nous nommerons par discrétion Monsieur F.,
qui voulait me présenter une œuvre signée « Fernand Khnopff » et qu’il
proposait pour la rétrospective en projet. Je suis passée à son domicile début
mai 2002 et je lui ai signalé que cette œuvre ne pouvait pas m’intéresser car
je ne la considérais pas comme une œuvre authentique. Le 14 juin 2002, ce Monsieur F. m’a recontactée
pour m’informer qu’il détenait de nouveaux renseignements sur la collection R. Stokis à Neuilly-sur-Seine (France), d’où provenait l’œuvre
litigieuse. Nouvelle lettre le 28 août 2002 pour me demander de passer chez lui
afin de voir les documents et «de lui donner un avis définitif sur le Khnopff». Désireuse de ne rien négliger, je me suis à nouveau rendue chez le
collectionneur pour constater que les "renseignements" en question
étaient une simple feuille de papier avec une liste dactylographiée reprenant
des noms d’artistes et des titres d’œuvres ayant appartenu à ce Monsieur R. Stokis. Personnage qui m’était totalement inconnu et
notamment dans l’entourage de Khnopff. L’oeuvre que
j’avais vue y était mentionnée de la manière suivante : "SANGUINE DE
FERNAND KHNOPFF/PORTRAIT DE MADAME STOKIS". J’ai une nouvelle fois répété au collectionneur que pour moi cette œuvre
n’était pas de Khnopff. Nos contacts se sont arrêtés
là. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’en novembre 2004, un collectionneur
londonien m’a appelée pour me demander des explications à propos de l’œuvre
"Portrait de Mme Stokis" de
Khnopff [sic] qui passait en vente publique à Londres
chez Sotheby’s le 16 novembre et dont j’avais certifié l’authenticité !!!
(dixit le catalogue de la vente sous n° 333). J’ai immédiatement démenti la chose et pris contact avec la maison
Sotheby’s, tant à Bruxelles qu’à Londres, pour obtenir explication. Elle fut
claire et très simple : le bureau de Londres avait recopié des
informations (sans doute fournies par le vendeur, Monsieur F.) provenant du
catalogue d’une vente publique antérieure soit : galerie Dorotheum à Vienne, le
27 novembre 2002 (cat. n° 6). J’ai alors contacté le directeur de la galerie Dorotheum,
Monsieur Peter THOMAS, ainsi que son expert Madame Patricia MAYDELL à
de nombreuses reprises, par courrier et par mail, et les « maigres » réponses obtenues
furent plus que fantaisistes, allant jusqu’à prétendre m’avoir eue au téléphone
au Musée au moment de la vente (novembre 2002), alors que je n’y étais plus depuis
plusieurs mois, puisque j’étais pensionnée !! Le 23 décembre 2004, dans un esprit de conciliation et afin de ne pas
polémiquer en vain, j’ai demandé à la galerie Dorotheum,
de même qu’au collectionneur Monsieur F., de reconnaître leurs torts et «de me
faire tenir un courrier spécifiant que c’est par erreur que mon nom avait été
employé et qu’ils tenaient bonne note de ce que je réfute l’attribution de
cette oeuvre à Khnopff ». Je n’ai
reçu aucune réponse à ma demande !! C’est le silence total depuis
lors ! Voila pourquoi j’ai souhaité, par l’intermédiaire du Web, faire
connaître au plus grand nombre d’entre vous – amateurs et collectionneurs de Khnopff – les faits réels et surtout vous mettre en
garde : je n’ai jamais authentifié
cette œuvre et je mets quiconque au défi de produire un quelconque document
de ma main. Si je réagis seulement maintenant c’est tout simplement parce que je n’ai
découvert les choses qu’au moment de la vente londonienne de 2004. Personne
n’avait songé à me prévenir ou m’envoyer un catalogue de la vente (bizarre…),
comme c’est la coutume. Depuis lors je me « bats », en vain, avec
l’un et l’autre, pour faire reconnaître mon droit. J’ajouterai que l’œuvre n’a trouvé acquéreur ni à Vienne, ni à Londres. Tout au moins durant la vente publique (peut-être après la vente de Londres ?), mais qu’elle peut revenir sur le marché à tous moments, raison de mon message d’alerte ! Si quelqu’un - collectionneur ou
expert de salles de ventes - juge que je me suis trompée et que cette œuvre est
de Khnopff, c’est son droit le plus strict et je ne lui dénie pas, mais je lui laisse la responsabilité
de ses dires. Je m’oppose tout
simplement et formellement à ce que mon nom soit utilisé par quiconque sans mon
accord pour une authentification et cela d’une manière illicite. Merci à tous ceux qui liront et diffuseront cette rectification. Ceux
qui veulent en savoir plus peuvent toujours me contacter par l’intermédiaire d’Art-Mémoires. Conservateur honoraire, Musée d’Art Moderne, Bruxelles
Provenance Ventes publiques Sotheby’s
Londres, 19th Century European
Paintings, 16 novembre 2004, n° 333 (reprod. en couleurs p. 242). Estimation : 17.700 / 26.500 € Bibliographie |
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