LA LETTRE MENSUELLE

Notes de lecture.  Janvier 2005 
  * Eliane de Meuse appréciée en 1936
  *
Bush, un peintre, des singes, une censure
  * Roland Dumas, la justice et Giacometti

Eliane de Meuse admirée dès 1936 :

Un article du Courrier d'Anvers du 12 novembre 1936, de Sander Pierron, nous est adressé par M. Nicolas Limberopoulos : 

"La jeune artiste -titulaire du Prix Godecharle- qui expose au Palais des Beaux-Arts une centaine de toiles, est appelée à un grand destin ; déjà son talent touche à la maîtrise. depuis Rik Wouters, qu'elle évoque çà et là, on ne connaît point, dans notre école contemporaine, la manifestation d'un si prodigieux talent. Talent original, bien qu'il s'apparente à d'illustres prédécesseurs, Ensor notamment, dans telles pages polychromes : Raie et Chou, et Pantazis aussi, dans telles pages en grisaillées ; Accessoires et Boîte à couleurs.

Eliane de Meuse est une coloriste de race ; elle saisit les infimes nuances, les harmonise, comme s'il s'agissait d'accords de notes ; chez elle, tout est musical. De vision subtile, elle évite l'idéologie, pour ne regarder que la nature; tout est d'inspiration directe, mais de sensation individuelle. Les valeurs à la fois rompues et vives de la palette s'entendent bien avec le rythme des lignes sans dureté, limitant des formes enveloppées, dont les méplats se suggèrent plus qu'ils ne s'accusent.

Cette artiste de trente ans est l'héritière des luministes et, dédaignant le système du clair-obscur, elle ne fait jamais ressortir le relief par le jeu antithétique des ombres et des jours. Elle situe tout dans la pleine lumière, qu'elle traite les motifs les plus divers, dans l'obéissance à une curiosité sans bornes ; figures et fleurs, paysage et nature-morte. (...).

(...) C'est un chant où tout se module sur un mode mineur, où les nuances ont souvent de translucides résonances de gammes. Et en général cela contient un sens humain, surtout dans les grandes toiles : Sommeil, Jeunes filles, Dos, Atelier. Dans les types individuels, le psychique et le physique se mêlent, l'âme habite la matière : Etudes -dont l'une, féminine, est toute rubénienne- Profil, Jeune fille, Sarita, Portrait et Claude, qui est comme une refonte sur le plan moderniste tachiste de la Communauté de Bastien Lepage.

Le relief indiqué dans ces images aussi pensées que peintes, est plus ferme dans tel Nu, dans telle figure du Peignoir rose. Pour la saveur du coloris, on l'aimera à travers la vigueur des Prunes et Feuillages, Dahlia et Théière bleue, Lampe et Pomme rouge, Nature morte, à travers la délicatesse de la Nature morte à la Soupière, Nature morte bleue, Nature morte grise, Dahlias blancs, Dahlias roses, Rouge et Vert, Pomme et Linge. Et puis, quand vous aurez pris plaisir à admirer ces merveilles de fine lumière, laissez-vous transporter dans tout le mystère de la nature pittoresque en regardant : Serres et Neige, où tout est spirituel et suave...".

Cliquez sur la miniature

49demeuse.JPG (39586 octets)

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Puisé sur Art-Daily  :

Sans vouloir hurler avec les loups, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer ce portrait de Georges W. Bush réalisé en y intégrant nombre de singes. Ce petit acrylique sur toile est de la main de Chris Savido. La technique est ancienne, et le maître en est Arcimboldo.

Ce qui ajoute à l'intérêt, c'est l'interdiction dont cette oeuvre a fait l'objet à New York sur ordre des responsables de l'espace public "Chelsea Market". Depuis, un grand format digitalisé est affiché à un autre endroit de la ville, avec un bandeau "Banned in NY" , et l'original est vendu aux enchères sur eBay, les bénéfices seront destinés aux soldats victimes de la guerre en Irak.

Comme quoi la liberté peut être mesurée à l'aune des souhaits du pouvoir...
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Lu dans plusieurs supports presse :

L'ancien ministre des Affaires étrangères français Roland Dumas n'en finit décidemment pas avec les ennuis judiciaires.

Voici qu'il est suspecté de corruption dans le cadre de la vente des oeuvres du sculpteur Alberto Giacometti. Il est accusé d'avoir accepté un pot-de-vin pour qu'une partie des bénéfices de la vente soient illégalement non déclarés par le commissaire priseur Jacques Tajan. Ce dernier aurait, dit-on, payé presque 500.000 USD à M. Dumas qui était l'exécuteur testamentaire choisi par la veuve de l'artiste. M. Dumas rétorque qu'il n'a fait qu'être payé pour des services légalement rendus.

Bah... L'habitude aidant, il ne doit plus craindre les prétoires !

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