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LA LETTRE MENSUELLE |
| Bouffées
d'art et d'embruns. Janvier 2005. Regards sur l'art contemporain, une grande variété Au détour de quelques galeries de Knokke Le Zoute. |
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;; A l'Absolute Art Gallery (733), on verra avec plaisir les femmes de Christine Comyn, des "aquacryliques" sur toile aux fonds abstraits. Au fil du temps, l'artiste est passée du figuratif un peu mièvre à l'abstraction où elle se libéra, pour actuellement réussir une très heureuse combinaison des deux. Wim Ricourt propose des abstractions très matiéristes, des fonds rouge vif, rageurs ou enjoués. Les huiles du normand Patrice Othon (1964) sont désespérées, avec cet humour que donne parfois la mélancolie. Malinsky y fait tourner un troublant manège dans son "Black Circus", toiles en noir et blanc, fortes, puissantes, à ne pas mettre devant tous les yeux. Son rapport avec la grande faucheuse à travers les femmes, l'amour et la mort en somme, n'est pas sans rappeler Rops. Ses créatures sont belles, farouches, parfois somptueuses malgré leur oeil blessé, leur jambe perdue et remplacée par un pilon. Macabre parfois, parlant toujours. Chez Guy Pieters au 742, l'audace est à nouveau au rendez-vous, et il faut lui en savoir gré. Et cela même si l'élitisme de certains choix ne conviendra qu'à quelques bourses : compressions de César, des Christo (photos et dessins préparatoires de son "landscape art", dont l'artiste vit, apparemment bien si l'on considère les prix), des Karel Appel, des sculptures de Folon tout de suite identifiées, un mobile de Panamarenko... Il faut s'arrêter aux oeuvres de Serge Mendjisky qui reconstruit l'espace dans ses tableaux-photos quasi jusqu'au vertige : les monuments et canaux de Venise, les immeubles de New York, les scènes plus intimistes... sont découpés et recombinés dans l'espace, et donc dans le temps. L'effet est saisissant. Cette démarche est intéressante à plusieurs égards. Esthétique d'abord et certainement malgré l'effort imposé à la rétine ; conceptuel aussi parce que notre cerveau procède ainsi par bribes, par recombinaison de souvenirs. Le Venise de chacun de nous est différent : lequel est réel ? Faites le détour par la "rampe" qu'est la rue Antoine Bréart pour un florilège Cobra à la Galerie MDZ. Vous y verrez des Alechinsky de fort belle qualité (des suites hélas dépareillées), des Corneille de diverses époques, des Appel, un Cobbaert très coloré, des Combasz, quelques oeuvres du liégeois Georges Collignon décédé voici deux ans et souvent vu au Mosan à Liège, et autres Georges Mathieu, Raveel, Lucebert... Des dessins, des eaux-fortes, des huiles, des lithos et des techniques mixtes. Emmanuel Bonaffini est chez Argo et on s'en réjouira. Son abstraction à la simplicité élaborée (je veux dire que le travail ne perce pas), ses tons toujours bien choisis, l'équilibre robuste des oeuvres lui valent cette reconnaissance. Chez van Langenhove, nous retrouvons des "classiques" en vitrine (galerie fermée lors de mon passage), des valeurs sures : une aquarelle d'Edgard Tytgat, portrait de dame, une belle nature morte de Saverys, des gravures de Rops et, en nombre, de Jules de Bruyckere, un des meilleurs aquafortistes belges ; un bronze de Minne à la patine verte, un Englebert van Anderlecht. Un peu plus loin, la Galerie Cafmeyer qui fait l'objet d'une page spéciale tant sont impressionnantes la quantité et la qualité des oeuvres présentées. A la Galerie Pax (Digue, 673), des abstractions de Demane aux tons de terre, bien construites, élaborées sans lourdeur, accompagnées de signes que l'on situera entre la calligraphie, les hiéroglyphes et les signes cabalistiques. Nastascha, voisine au 675, abstrait et figuratif, montre des sculptures de Anne Rygaloff et un grand tableau enjoué d'un nommé Bayan, trois musiciennes du XVIIIe qui m'ont fait songer à Anderlé, l'inquiétude en moins. La joie est contenue dans les visages, pas dans le mouvement. Chez Benoot Gallery (743), une expo collective. Phil Billen avec des matériaux de récupération sur le thème de la mer, Bram Bogart avec un très grand noir et bleu, un Luc Peire ancien mais typique, sur fond jaune. Luc Pieters au 753 montre des aquarelles de Bram Bogaert : par nature elles sont évidemment moins matiéristes et dès lors moins dans l'esprit de l'artiste. De petits maîtres plus anciens ne manquent pas d'intérêt. Mme d'Haudrecy (779) présente son salon d'hiver, avec plusieurs des artistes qu'elle soutient habituellement. On y retrouve Kalvis Zuters dont Colette Bertot nous avait parlé (voir le lien infra). Sa saison 2005 s'annonce comme un bon cru, et j'ai repris ici une oeuvre de Postasz qui sera bientôt exposé : cet artiste admire les Primitifs flamands et il en donne une écriture actuelle qui charme. Des galeries actives, un art contemporain qui paraît bien se porter (mais nous sommes au Zoute), une vitalité dans diverses voies. On regrettera qu'il n'y ait pas plus de Belges. Quand je pose la question, on me répond qu'il y en a peu. Je n'en suis pas persuadé. Amis artistes, à vos pinceaux et ciseaux ! Emmanuel Mons delle Roche
Liens utiles : |
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Patrice Othon
Bonaffini
Paulis Postasz
Supprimés
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Expositions en cours, pour une durée
évidemment variable. |
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Plusieurs artistes sont des "permanents" des galeries citées. |
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