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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Janvier 2005. La Maison Autrique est restaurée et ouverte au public Un joyau de Victor Horta, l'Art Nouveau à ses débuts. |
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;; En 1893, Horta réalise cette maison pour son ami Eugène Autrique,
professeur comme lui à l’Université de Bruxelles. Son style se fait encore
timide, on y voit les prémices de l’Art Nouveau mais pas encore une affirmation
nette comme ce sera le cas pour la Maison Tassel. La ligne inspirée par la
nature ainsi que l’influence de l’art japonais sont
présents, comme en témoignent la mosaïque à l’entrée ou le vitrail de la cage
d’escalier. Les années passent et, en 1996, le bâtiment est mis en vente. Passionnés par Horta et amoureux de Bruxelles, Peeters et Schuiten mettent alors leur énergie à trouver les moyens pour sauver ce patrimoine inestimable qui témoignage des débuts de Horta comme architecte. Pour les deux complices, il s’agit de poser un acte pour que Bruxelles ne perde pas un de ses joyaux d’architecture (…de plus). Le grand paradoxe avec Victor Horta, c’est qu’après
avoir été victime de la bruxellisation, destruction que l’on pourrait qualifier
de massive de nombreux de ses chefs d’œuvre architecturaux, il attire
aujourd’hui de nombreux touristes et fait de la Belgique une référence pour
l’architecture Art Nouveau. Trois niveaux de lecture s’offrent au public et rendent ce lieu si
différent et exceptionnel. On peut admirer la restauration de la Maison où tous
les moyens ont été mis en œuvre afin de retrouver une authenticité. Des
photographies de Marie-Françoise Plissart (autre artiste amoureuse de
Bruxelles) témoignent des recherches scientifiques et
des tâtonnements afin d’être au plus près des origines du bâtiment. On visite cette maison comme si le propriétaire venait de la quitter.
Des objets divers du quotidien, le mobilier, font de cette maison un lieu vivant
et non un musée morne. Des installations vidéo et sonores ajoutent une dose de
poésie au lieu et aide notre imaginaire à plonger dans ce qui fut peut-être le
quotidien ce cette maison. Et même si, devant la beauté de l’architecture, Benoît Peeters et
François Schuiten ont préféré s’effacer, l’univers des Cités Obscures est
clairement présent. La magie opère et on aime penser que Horta devait les
rencontrer. Les éléments Art Nouveau étant encore timides, une scénographie
originale vient soutenir l’architecture : des dessins de Schuiten
accompagnent le parcours scénographique et rendent hommage à la Maison
Autrique, lieu plus vivant que jamais. L’univers de Schuiten et Peeters
rencontre et dialogue de façon très troublante avec le lieu. On peut parler
sans crainte de parfaite symbiose. La Maison Autrique est le fruit de belles rencontres entre
personnalités déterminées à conserver et mettre en valeur un patrimoine
architectural inestimable. On y retrouve l’esprit de Victor Horta, qui rêvait
d’un art total bannissant les frontières artistiques. Ce nouveau lieu à
découvrir devrait accueillir à l’avenir des expositions, rencontres et
lectures. Françoise Bernardi,
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* Façade
L'escalier
Rez-de-chaussée
François Schuiten |
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La Maison Autrique, Chaussée de Haecht, 266 – 1030 Bruxelles. |
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Ouvert du mercredi au dimanche de 12 à 18h. |
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