LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.  Décembre 2004. 
   René Debanterlé : peintures et dessins 1986 - 1991
  
Au Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain de Liège
.

;;
A l’occasion de la publication chez Yellow Now d’un ouvrage consacré à René Debanterlé, le MAMAC expose les peintures et dessins de l’artiste réalisés entre 1986 et 1991.

Historien et critique d’art, René Debanterlé s’est attardé sur la peinture de Manet. De son célèbre Déjeuner sur l’herbe, Debanterlé a donné sa version faite d’aplat de couleurs, de zones délimitées à la manière d’un puzzle. Il a rendu anonymes les acteurs de cette scène en gommant leurs visages. Cette façon de faire est très présente dans l’art du peintre qui efface les yeux, le nez ou la bouche pour ne laisser de que l’anonymat d’une tête sans visage.

Avec douceur et calme, René Debanterlé centre son art sur l’homme qu’il représente sans émotion, on aurait envie de dire éteint. Les couleurs contribuent largement à cette impression, les tons sont pâles : gris, bleu, jaune. L’artiste ne s’intéresse pas au mouvement ou à l’action. Le simple fait d’être et d’exister nourrit une peinture qui ne demande qu’à être regardée.

L’artiste travaille par larges plages de couleurs sans que jamais celles-ci ne se mélangent. Ses tableaux semblent divisés par zones colorées sans qu’il n’y ait de dégradés, le résultat est net et rigoureux. L’harmonie se manifeste à travers cette rigidité du peintre.

René Debanterlé, qui a réalisé de nombreux portraits et autoportraits, s’est aussi plu à présenter des fragments corporels : une main, une jambe, un bras. De ce choix artistique naît une véritable poésie. Il ne s’agit pas de faire de la peinture d’anatomie mais bien de montrer toute la symbolique que présente ces parties du corps humain. Une main qui se tend : vers qui, pourquoi ? Un doigt pointé vers le haut, juge-t-il, condamne-t-il ? Deux jambes nues, traduisent-elles un embarras, une timidité féminine ? 

C’est le rapport à l’autre qui s’exprime dans ses peintures. Avec très peu d’éléments, l’artiste introduit un dialogue par ses œuvres avec le public. L’absence tient un rôle essentiel dans la peinture de Debanterlé, c’est elle qui ouvre la porte à toutes les interprétations.

Les œuvres de René Debanterlé sont introspectives et réflectives. Elles invitent le regard en silence. Mais une trop grande rigueur artistique nous mène parfois de l’envoûtement à la lassitude. 

En ce qui concerne le MAMAC, on peut toujours regretter la constance avec laquelle il néglige son devoir didactique…

Françoise Bernardi,         
Historienne de l'art         
;;

*
Cliquez 
sur la miniature
*

 

 

debanterle1.jpg (5201 octets)

Titre N. C.

 

Musée d’Art moderne et d’Art contemporain, 
Parc de la Boverie, 3 – 4000 Liège.
Tél. : 04 343 04 03


Du mardi au samedi de 13 à 18h, dimanche de 11à 16h30, 
Fermé le lundi, du 24/12 au 26/12, les 31/12 et 1/1.
Exposition accessible jusqu'au 9 janvier 2005.

Copyright © 2004 Mémoires et Françoise Bernardi.
Tous droits réservés.

Les autres articles sont accessibles via nos archives
Inscrivez-vous pour recevoir les infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre        Retour à l'accueil

 

Hit-Parade