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LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique de Vera Lewijse. Novembre 2004 Le Rijksmuseum sur l'Escaut - Chefs d'oeuvre du trésor des Pays-Bas Au Musée Royal des Beaux-Arts d'Anvers. |
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;; Depuis quelque temps, le joyau des Pays-Bas, le Rijksmuseum d’Amsterdam, fait l’objet de grands travaux de transformation. Comme il semblait regrettable de garder de nombreux chefs d’œuvre cachés dans des dépôts pendant des années, la direction du musée a décidé de montrer des lots d’œuvres d’art dans divers musées des Pays-Bas. Le Musée Royal des Beaux-arts d’Anvers est le seul musée étranger à avoir été approché par la direction du Rijksmuseum avec la proposition de lui confier des chefs d’œuvre de la peinture. C’est ainsi qu’est né le projet du Rijksmuseum sur l’Escaut. La présentation des œuvres du Rijksmuseum est
conçue comme un complément à la collection anversoise, qui est riche en
tableaux des maîtres flamands du XVI° au XX° siècle comme Van Eyck, Metsijs, Rubens, Van Dijck, Ensor et d’un groupe, limité mais de
qualité, de tableaux néerlandais de Hals, Ter Borch, Van Gogh, Breitner, Appel. Deux catégories d’œuvres ont été retenues pour la bonne raison qu’elles
sont à peine représentées dans la collection anversoise : les
maniéristes et les
caravagistes. Cette sélection est
encore complétée de portraits hollandais
et flamands du Siècle d’or. Une trentaine de tableaux venus du Rijksmuseum
sont ainsi exposés dans trois grandes salles consécutives du premier étage du
Musée d’Anvers ; ils s’inscrivent dans le parcours chronologique de la
visite du musée. La première salle est consacrée aux maniéristes.
Le terme désigne la période de l’histoire de l’art qui succéda à la
Renaissance, et qui jalonne en fait la fin de la Renaissance. Vers 1520, un
certain nombre d’artistes italiens s’efforcèrent d’égaler d’illustres prédécesseurs
comme Raphaël et Michel Ange. Ils tentèrent même de surpasser ces artistes dans
certains aspects de leur style (la manière, ou ‘maniera’). Typiques de ce style sont les formes extrêmement allongées des corps, des
couleurs lavées, ternes et cireuses, un certain désaccord entre le contenu et
la forme, et le sentiment que, malgré l’attention consacrée aux lois de la
perspective, tout se passe sur un plan
unique. Dans cette salle (salle G), on
trouve des œuvres de Frans Francken II (1581-1642), Cornelis Cornelisz. van
Haarlem (1562-1638), Bartholomeus Spranger
(1546-1611), Hendrik Goltzius
(1558-1617), Jakob de Backer (vers 1560-vers 1590), Gillis Voignet I (ca
1538-1599), Joachim Wtewael
(1566-1638), Karel Van Mander
(1548-1606), Pieter Isaacz
(1569-1625), Abraham Bloemaert
(1566-1651), Mozes van Uytenbroeck (ca 1595-1647), et
de Jacob de Gheyn
II (1565-1629). On peut y admirer une superbe toile faite par Joos de Momper le
jeune (1564-1635) en coopération avec Hendrik
van Balen l’ancien (1575-1632) et Jan
Breughel Ier. *Le massacre des enfants à Bethléem" (1590) de Cornelis Cornelisz. Van Haarlem. Cornelis van Haarlem rend le massacre avec une authenticité
qui glace le sang. Partout, des soldats
nus et musclés sont engagés dans une lutte en petits groupes formant chacun un
cercle. L’œil est inévitablement attiré
par le centre de la scène, où un soldat tenant un couteau est fortement mis en
lumière. Il saisit sa prochaine victime.
Le sujet fournit à l’artiste une belle occasion de montrer des corps nus
dans toutes les postures imaginables. Cornelis Cornelisz. van Haarlem fait ici aussi la démonstration de son sens de
la perspective. *Venus et Adonis I (1585-1590) de Bartholomeus Spranger. Petit détail, il n’y a plus de toile de Spranger en
Belgique ! L’exposition offre une occasion unique
d’admirer ce peintre, dessinateur et graveur qui naquit à Anvers. A l’issue de son apprentissage, en 1565, il
voyagea en Italie après un passage à Paris. Il y réalisa les peintures murales dans diverses églises. Il travailla comme peintre à la cour papale à
Rome à partir de 1570, où il se rendit célèbre pour ses tableaux maniéristes de
gracieux nus. En 1581, il entra au service de l’empereur Rodolphe II à Prague. De par ses étroits contacts avec des artistes
de Haarlem, il contribua grandement à répandre sa renommée qui s’étendit encore
avec les magnifiques gravures que réalisa Hendrik Goltzius d’après ses
compositions. La deuxième salle (salle F) est dédiée au portrait. Le portrait peint ne commença vraiment à se développer
aux Pays-Bas méridionaux qu’à partir de la première moitié du XV° siècle et un
demi-siècle plus tard au Pays-Bas septentrionaux. Les peintres présents sont : Ferdinand
Bol (1616-1680), Jacob Adriaensz. Backer (1608-1651), Frans Hals
(1582-1666), Cornelis De Vos
(1584/85-1651), Antoon Van Dijck (1599-1641), Abraham van den Tempel (vers
1622/23-1672), Bartholomeus van der
Helst (1613-1670). *La Princesse Marie Stuart (1631-60). Veuve de Guillaume II, Prince
d’Orange (1652) de
la main de Bartholomeus van der Helst. Van der Helst avait un talent magistral dans la
peinture des textures : le satin brillant de la robe, la pâleur de la peau, la
lourde étoffe à franges. Le peintre italien Michelangelo Merisi da Caravaggio (1571-1610) se rendit célèbre par les
dramatiques contrastes de lumière et d’obscurité de son travail et la reproduction
fidèle des petites gens, ses modèles étant souvent des ouvriers. A Utrecht il y avait vers 1620 beaucoup
d’imitateurs de son style expressif et même les peintres des Pays-Bas
méridionaux subirent l’influence du Caravage.
Ces ‘caravagistes’ adoptèrent le clair-obscur et le réalisme du
peintre italien. Le Caravage est le peintre qui abandonne radicalement le maniérisme et donne ainsi une nouvelle
impulsion à l’art pictural. C’est lui
qui écrira les premières lignes d’un nouveau chapitre dans le livre de
l’histoire de l’art. La salle E
démontre l’énorme influence que les peintres du nord ont subis du Caravage : Leonard
Bramer (1596-1674), Hendrick Ter Brugghen (1588-1629), Dirk van baburen (vers 1594/95-1624), Rembrandt (1606-1669), Michiel Sweerts (1618-1664), Gerard Seghers (1591-1651), Theodor van Loon, (1581/82-1649),
Theodoor Rombouts (1597-1637),
Paulus Bor (vers 1601-1669), Matthias Stom (vers 1600-1650/70), Adriaen van de Velde (1636-1672), Karel Dujardin (1626-1678). *Un atelier de peintre (1646-1652) de Michael Sweerts. Cette lumière concentrée sur laquelle ressortent les contours est
caractéristique de l’œuvre de Michael Sweerts. Sweerts peignit
beaucoup de scènes de la vie courante, mais aussi des portraits de riches
marchands et des pièces
historiques. Ses dramatiques effets de
lumière confèrent à ses toiles une dimension de retenue et de mystère. Le clou de l’exposition est sans doute l’œuvre magistrale de Rembrandt, Le reniement de Pierre (1660), toile qui sera exposée jusqu’en mars
2005. Cette oeuvre domine par sa maestria toutes celles qui l’entourent. Le peintre
choisit un moment original et déterminant du récit, ce qui caractérise ses
peintures historiques de cette période. Peint dans sa dernière période, Rembrandt se sert de la palette et du pinceau,
une technique tout a fait nouvelle à l’époque.
Rembrandt ne fit jamais le voyage en Italie. Son intérêt pour les artistes italiens est démontré par ses copies de dessins et de peintures de l’Ecole de Raphaël. Il y a par exemple son dessin La mise au tombeau, ca. 1657/1658 d’après Perino del Vaga, qui se trouve dans le Teylers Musée d’Haarlem (Nl). Rembrandt a été l’élève de Piete Lastman (1583-1633) à Amsterdam. Grâce à ce maître, il découvrit les clairs-obscurs de l’œuvre du Caravage. De cette admiration de Rembrandt pour Le Caravage, nous connaissons un ‘Reniement de Pierre’ peint en 1610, qui témoigne de la force de son style novateur. Nicolas Poussin (1594-1665) qui était arrivé à Rome peu après la mort du Caravage, aurait dit : "Il était venu pour détruire la peinture". L’exposition explique par l’image l’évolution du maniérisme vers le style baroque et l’interaction des caractéristiques des peintres du Sud et du Nord, résultant en une synthèse qui affirme les particularités des peintres des Pays-Bas. Vera
Lewijse, *Texte basé sur la brochure
informative accompagnant l’exposition, Le
Rijksmuseum sur L’Escaut, A.
Sijsmans, N. Van Hout, S. Janssens, Anvers 2004. |
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B. van der
Helst,
Sweerts,
Sweerts,
ter
Brugghen,
ter
Brugghen,
Rembrandt van Rijn
Spranger,
Goltzius,
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Musée Royal des Beaux Arts d'Anvers,
Leopold de Waelplaats, 2000 Anvers. Site: http:/museum.antwerpen.be/kmska.
e-mail : publiekswerking@kmska.be |
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Mardi-samedi
de 10h00
–17h00, Dimanche: 10h000 – 18h00. Fermé le lundi, les 1er et 2 janvier, 1er mai, le jour de l’Ascension et de Noël. |
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| Entrée : 6 €, Conditions pour groupes. | |
| Jusqu’au 31 décembre 2006. |
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