![]() |
LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Novembre 2004. Karel Appel, itinéraire. Un artiste ne voyage jamais seul Au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles |
|
;; La mise en perspective des œuvres d’artistes flamands et hollandais avec celles de Karel Appel concentre l’attention tantôt sur la matière tantôt sur la couleur ou encore sur le motif. Le commissaire Rudi Fuchs part du principe que l’on peut découvrir une oeuvre par l’intermédiaire d’une autre. A la lecture du catalogue, on
comprend la passion qui anime Rudi Fuchs et son amour de la peinture. Il a du
passer beaucoup de temps à regarder ces œuvres, à vouloir les comprendre,
imaginer le processus de création du peintre. Pour ses questions qui parfois
sont restées sans réponse, il tente une explication par l’intermédiaire
d’autres artistes, d’autres œuvres. Dès la première salle on est troublé par les forces vives rassemblées dans une même salle : la force baroque du Martyre de saint Pierre de Van Dyck, la retenue et le silence qui enveloppe les Trois croix de Rembrandt, le mystère et le travail exceptionnel de la couleur de Permeke pour Marine. Mais ce n’est que le début,
un peu plus loin on retrouve Van Gogh et son Champ de coquelicots, James
Ensor et la Chute des anges déchus, Mondrian, Brusselmans, Mortier, etc.
Tous ces artistes rassemblés au Palais des Beaux-Arts autour de Karel Appel témoignent
de la richesse et de la diversité de l’art du Pays d’En-Bas pendant 500
ans. Karel Appel a toujours privilégié la matière. Ses nombreuses peintures et sculptures parfois hétéroclites témoignent d’une volonté de perpétuel renouvellement de l’artiste qui à 83 ans continue de créer. Célèbre pour son
appartenance au mouvement Cobra (des premières lettres de
Copenhague-Bruxelles-Amsterdam), Appel a pourtant très vite quitté ce
mouvement et est parti poursuivre sa propre voie à Paris. Les peintures de
cette période témoignent d’une liberté dans la forme et le traitement de la
matière. Au début des années 50, sa peinture est proche du dessin d’enfant,
il schématise les traits et travaille avec bonheur la matière picturale. Une
salle témoigne de cette étape dans la vie de l’artiste avec d’autres
oeuvres de ses « confrères » de l’époque : Constant,
Corneille, Alechinsky, Lucebert. Les œuvres récentes sont troublantes pour ceux qui ne voient Appel qu’à travers sa période Cobra. Elles sont hétéroclites et volontiers dadaïstes. Des branches d’arbres, des ballons ou encore des têtes d’animaux empaillés viennent compléter la peinture. Il a également abordé le nu
féminin à travers de nombreuses peintures auxquelles Appel vient ajouter
des branchages. Ses installations intrigantes amusent l’artiste qui explore
sans cesse des nouvelles voies de création. Et tant pis pour ceux qui aiment
les choses claires, fixes et immuables car Appel lui adore les changements. Finalement, on ne
comprend pas toujours les rapprochements faits par le commissaire lors du
montage de l’exposition, mais c’est avec bonheur que l’on voit se côtoyer
ces nombreux artistes du Pays d’En-Bas qui ont marqué 500 ans d’Histoire de
l’Art. Françoise Bernardi,
|
Ont été
supprimés : |
|
Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Rue
Ravenstein, 23 – 1000 Bruxelles. |
|
| Du mardi au dimanche de 10 à 18h, jeudi jusque 21h, lundi sur réservation. | |
| Exposition accessible jusqu'au 16 janvier 2005. |
Copyright © 2004 Mémoires et
Françoise Bernardi.
Tous droits réservés.
Les autres articles sont accessibles via nos
archives.
Inscrivez-vous pour recevoir les
infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre
Retour à l'accueil