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LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique de Dominique Piteux. Avril 2004 Watteau et la fête galante : hommage par sa ville natale Au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes. |
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;; La
légende qui veut que ce genre ait été créé pour la réception de Watteau à
l’Académie est donc discréditée, et Watteau fut exclusivement reçu comme
"peintre". L’introduction
du catalogue est à ce propos très documentée et montre comment le mythe
s’est créé, puis a été entretenu par les historiens de l’art les plus éminents.
Ce
n’est que peu avant la première guerre mondiale que ce titre de "fête
galante" s’imposa, alors que depuis la mort de l’artiste cette formule
n’était pas usitée. Néanmoins
c’est à l’Académie que revient l’honneur d’en avoir créé le terme,
en dépit du temps mis pour qu’il soit couramment en usage pour qualifier la
peinture de Watteau et de ses disciples. Car
la ville de Valenciennes fut non seulement le berceau de Watteau (1684-1721)
mais aussi celui d’un de ses plus brillants disciple Jean Baptiste Pater
(1695-1736). La
paternité du genre se situe dans les œuvres du moyen âge, la tradition
flamande connue de Watteau, et aussi à l’admiration que vouait Watteau à la
peinture Vénitienne largement représentée dans la collection de son
protecteur Crozat. L’intérêt
de Watteau s’inscrit dans le prolongement des goûts de ses protecteurs. Au
Moyen âge, les représentations de l’amour courtois (comme le
jardin d’amour de Philippe Lebon, d’un anonyme flamand vers 1560) sont
fréquentes. Elles suggèrent à Watteau de rompre avec la mythologie et ses créations
festives s’inscrivent dans cette tradition. Les
dessins de Rubens, aussi dans la collection de Crozat, sont aussi source
d’inspiration. Outre
cette connaissance des œuvres conservées par les collectionneurs, la vie de
Watteau est basée sur
l’observation patiente des scènes dont il est témoin. (700 feuilles lui sont
attribuées) Les
foires et les grands rassemblements populaires, lieux d’échanges économiques,
sont les foyers vivants des relations sociales. Cette
source d’inspiration vaut pour Watteau qui dans sa jeunesse a fréquenté ce
spectacle urbain. Jalons
de la création du genre de la fête galante, ces tableaux descriptifs donnent
par leur composition la possibilité pour le spectateur de s’arrêter sur des
groupes détaillés tout en ayant une large vision de l’ensemble du sujet. Les
noces comme la kermesse ou la foire sont aussi traités de longue date par les
peintres flamands. La
signature du contrat, le repas de noces, le cortège des fiançailles, autant de
thèmes traités par Watteau ou Nicolas Lancret (1690-1743), révèlent des
groupes de personnages exprimant toutes les formes de la vie festive. Autre
sujet récurent, issu du Moyen-âge, le thème des saisons. Peintres
de manuscrits, sculpteurs aux portails des cathédrales (Amiens par exemple),ont
souvent associé le printemps et l’été à l’éveil de l’amour chez les
jeunes gens. Ces
saisons traitées par Watteau entrent dans le processus de la mise au point du
thème de la fête galante. Ce
cycle des saisons réalisé pour son ami Julienne n’est plus connu qu’au
travers de la gravure (celle de Brillon par exemple). La
déambulation, le sentiment de liberté et d’harmonie avec la nature font
partie intégrante du genre. Les
élégants personnages qui marivaudent sont totalement insouciants. Néanmoins
les personnages de Watteau sont animés de sentiments et parfois l’intrigue
est sous-tendue. Les
personnages ne sont plus des figurants de ces scènes mais de véritables
acteurs d’une action menée dans une nature libre, imprévisible,
envahissante. Musique
et danse, partenaires naturels de la fête, Watteau grand amateur de musique,
font qu’il n’hésite pas à utiliser la représentation du musicien pour
signifier la fugacité de ces moments de bonheur. De
nombreuses œuvres de Watteau et ses suiveurs abordent ce thème. Le
repas constitue une véritable scène secondaire, mais Watteau ne s’attardera
à ce sujet que dans une seule œuvre, La
collation, (perdue mais connue par la gravure). Détails
et accessoires de la vie quotidienne sont le plus souvent réduits au strict nécessaire
dans les œuvres de Watteau. Par
contre les suiveurs useront et abuseront de citations précises et anecdotiques
des détails des repas. Scènes
d’escarpolette, de Collin Maillard et autres jeux par trop souvent descriptifs
et anecdotiques ne trouvent pas grâce aux yeux du maître. L’escarpolette
(ca 1712) de Watteau montre la maîtrise de la bienséance dont fait usage
le maître ; ce ne sera pas toujours le cas des artistes représentant ces
sujets. Les
sages demoiselles de Watteau contrastent fort avec les représentations
audacieuses que Boucher et Fragonard donneront du sujet. Entre
influences flamandes (kermesse, noces …) et influence italienne (coloris et
compositions), Watteau sut tirer leçon de ses modèles pour y trouver les éléments
essentiels de sa poétique (nature, couleur, musique) Pour
cette exposition réussie qui mérite un déplacement, un catalogue bien
documenté apportera aux plus exigeants les renseignements qu’ils souhaitent. Dominique Piteux-Valin,
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* *
"L'accord parfait"
Etude,
Le contrat de mariage
"L'escarpolette"
J.-B. PAter
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Musée des Beaux-Arts,
Adresse
Bd Watteau 59300 Valenciennes. Tel 00 33 3 27 22 57 20 |
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Tous
les jours sauf Mardi et 1er mai De 10h à 18h. Nocturne le jeudi jusqu’à 20heures. |
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| Conférence les jeudi à 18h15 sauf vacances scolaires. | |
| Jusqu’au 14 juin 2004. |
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Dominique Piteux.
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