LA LETTRE MENSUELLE

Un article de Vera Lewijse.  Avril  2004 
  "Camille - Une femme... ein leben... a musical"
  
Le destin de Camille Claudel en mots et en musique : à Anvers.

;;
A l’occasion de "la journée de la femme", StiHMul (Fondation pour le musical contemporain) et Le Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers ont présenté à la presse ‘Camille’.

‘Camille’ est une production musicale, une performance musicale en plusieurs langues : le néerlandais, le français, l’anglais et l’allemand. Les lyriques et les textes ne se suivent pas selon la trame classique du dialogue – musique – dialogue, mais s’entrecroisent dans les différentes langues. Ainsi ces langues offrent, selon la particularité des mots et leur contenu émotionnel, une autre couleur. Il s’en suit que l’action du mot lui-même en devient bizarrement renforcée.

L'événement prend place dans les réserves, dans le ‘bunker’ du musée. Cet endroit de 47 m de long, de 11 m de large et d’une hauteur de 8,56 m, peu connu des visiteurs, a été fortifié pendant la deuxième guerre mondiale avec comme but la protection des œuvres d’art. En 1951, sous l’influence de la politique de la guerre froide, la partie du fond a été adaptée pour résister à des attaques nucléaires. 

L’atmosphère de monastère du Moyen Age évoquée par les briques rouges dont sont constitués l’endroit, ses murs et le sol, est très propice à l'évocation de la vie tragique et du destin de Camille Claudel.

L’histoire de Camille Claudel (8/12/1864 Frère-en-Tardenois, Fr.-19/10/1943 Villeneuve-lès-Avignon, Fr.) est bien connue. 

Camille a tout pour devenir célèbre : du talent pour la sculpture, de l’intelligence, du courage et de la beauté. Elle s’installe à Paris en 1881 où elle devient élève d’Alfred Boucher de l’Académie Colarossi, et à partir de 1883 élève d’Auguste Rodin (Paris 12/11/1840 – Meudon 19/2/1917). C’est en  Rodin qu’elle rencontre son destin. Ils vivent un amour passionné, inspirateur et ravageur en même temps. Dés leur rencontre, les noms de Rodin et de Claudel seront liés pour l’éternité.

Deux problèmes majeurs caractérisent leur relation : d’une part Rodin ne quitta jamais Rose Beurot, sa compagne dévouée des débuts difficiles, et d’autre part certains prétendent que les œuvres de Camille sont en fait de la main de Rodin.

Elle va tenter de se libérer de l’influence de Rodin et passera beaucoup de son temps avec Claude Debussy (1862-1918). La statuette La Valse de Camille se trouvait sur la cheminée du compositeur le jour de sa mort en 1918. Pendant une visite à l’Exposition Universelle de 1889 en compagnie de Debussy, Claudel est impressionnée par l’oeuvre de Hokusai. Le japonisme était en faveur à cette époque. Camille s’en trouve inspirée et La Vague en résulte. La rupture avec Rodin est illustrée dans l’oeuvre célèbre L’âge mûr. Bien qu’amie des critiques d’art Octave Mirbeau, Mathias Morhardt, Louis Vauxcelles, Eugène Blot et Octave Maus, elle souffre des aigres critiques qui s'alimentent au scandale, et qui n’acceptent ni ne comprennent la profondeur du talent de Claudel.

Désorientée et blessée au plus profond de son âme, Camille voue un amour-haine à Rodin, sentiment qui la mènera à la paranoïa et à l’enfermement. Elle est internée le 10 mars 1913 à Ville-Evrard, puis transférée à cause de la guerre à Villeneuve-lès-Avignon où elle meurt -trente ans plus tard- le 19 octobre 1943. 

L’Equipe
Auteur -compositeur : Harry KONING

Auteur : Timm REICHENBACHER
Metteur en scène : Frank HOELEN
Producteur : STIHMUL
Producteur délégué : Marc BESSON
Eclairages : Mark VANDENESSE
Costumes : Marie DRIES

Interprétation
Chadia CAMBIE

Fabrice PILLET
Paul CODDE
John D

Gert
Jan HEUVELMANS
e.a.

Frank HOELEN, le metteur en scène, se déclare fasciné par  plusieurs éléments :

Qui sommes-nous, et qu’est-ce qui nous motive ?

Comment trouvons-nous un équilibre entre notre désir d’aimer et d’être aimé, et notre ambition d’être reconnu par le monde qui nous entoure ?

Qu’est-ce qui fait que l’on se retire en soi-même ?

Qu’est-ce qui nous conduit dans les bras de la folie ?

Comment s’en échapper ?

Trouvons-nous jamais le repos ?

C’est au travers du personnage de Camille, qui se bat, se bat avec une montagne, avec l’argile, le marbre, l’homme, la femme, la société…mais surtout qui se bat avec elle-même, qu’il cherche à exprimer ces questions existentielles.

Ce spectacle offre une très belle occasion de combiner dans un même endroit, le musée, une visite à l’exposition autour d’un maître classique, Rubens et, en soirée, de se plonger dans le monde magique du théâtre et du musical pour suivre le sort d’un personnage-clé de la fin du 19° siècle, Camille Claudel, dont l’engagement artistique et personnel en fait une image-charnière dramatiquement contemporaine.

C’est du théâtre minimaliste pur qui provoque chez le spectateur un choc salutaire par l’intensité et l’honnêteté du jeu des acteurs. En fait, il s’agit d’un retour aux racines premières du théâtre, la confrontation directe avec les émotions du  public.

Une initiative du Service Educatif et Relations Publiques du Musée à recommander absolument.

Vera Lewijse,      
Historienne de l'art     
 

*
Cliquez sur 
les miniatures
pour voir les
grands formats 
*

 

 

44cclcamille.jpg (25850 octets)

Camille Claudel

 

 

 

 

44ccl1905.jpg (25190 octets)

"Profonde pensée"

 

 

 

 

44cclvalse.jpg (20085 octets)

"La Valse"

 

 

 

 

44cclsuppliante.jpg (25852 octets)

"Suppliante"

Musée Royal des Beaux-Arts, L. De Waelplein, Anvers.
Tel. 03.238 78 09
La première aura lieu le 14 avril 2004. 
Représentations chaque jeudi, vendredi et samedi à 20h30 à partir du 29 avril 2004.

Prix : 24.00 Euro  frais de réservation inclus.
Tickets
 : www.ticketantwerpen.be Info Cultuur Antwerpen, tel. 03.203 95 85 ; 
CC Malines, tel. 015.29 40 00 ; Service du tourisme Malines, tel. 015. 29 76 55

Info: www.musicalcamille.com 

Copyright © 2004 Mémoires et Vera Lewijse.
Tous droits réservés.

Les autres articles sont accessibles via nos archives
Inscrivez-vous pour recevoir les infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre        Retour à l'accueil

 

Hit-Parade