LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.  Mars 2004. 
   Edvard Munch, dessins : l'expression du tourment
  
Cent dessins au Musée d'Ixelles

;;Le Musée d’Ixelles accueille une exposition exceptionnelle des dessins de Edvard Munch. Le Musée Munch d’Oslo a prêté une centaine de dessins qui permettent de découvrir une facette peu connue de l’artiste norvégien.

Edvard Munch (1863-1944) est un artiste tourmenté, très tôt marqué par la mort et la maladie, et ces thèmes sont récurrents dans son art. Sa mère et une de ses sœurs meurent alors qu’il est encore enfant. Sa deuxième sœur sera atteinte de folie. Munch vit alors dans l’angoisse de ce lourd destin familial. Il prendra le pinceau pour exprimer son mal d’être. Son art est intimement lié à son histoire personnelle. Il représente dans plusieurs de ses dessins l’enfant malade dans une atmosphère pesante où l’émotion est presque palpable (La Mort dans la chambre).

Si ses peintures sont plus connues du public, ses dessins méritent qu’on s’y attarde. Ils témoignent d’une approche différente détachée de toute volonté de précision ou d’achèvement. L’expression est alors privilégiée, servie par un trait rapide et nerveux. Les dessins traduisent toute l’angoisse et les tourments d’un artiste blessé par la vie.

(non "cliquable")

On retrouve ici une étude pour sa célèbre peinture Le Cri (1895) qui permet d’apprécier son travail de la ligne sinueuse. Les différentes œuvres exposées témoignent d’une envie de transmettre l’expression bien plus que le détail réaliste. 

Edvard Munch est un précurseur pour l’expressionnisme. La souplesse de ses lignes le lie aussi étroitement à l’art nouveau.

La femme est une autre obsession de l’artiste, il la montre comme une tentatrice, une séductrice parfois aux allures de démon (La Danse de la Vie, 1899 ; Cendre, 1894). Les squelettes et les personnages à l’allure fantomatique révèlent les angoisses de l’artiste qui ne peut aller vers la vie. La maladie, la mort et la peur sont des thèmes obsessionnels.

Edvard Munch fait partie de ces artistes tourmentés qui ont merveilleusement traduit cette difficulté de vivre dans des œuvres angoissantes et sensibles. Proche d’un Van Gogh, il s’est pourtant guéri de ses maux. Vers 1910 son style s’apaise. Il est sorti de sa dépression nerveuse et ses anxiétés ne le tourmentent plus. Son art traduit alors une vie simple avec des ouvriers, des paysans et des paysages paisibles comme sujets. Sa force expressive s’est un peu éteinte au profit d’un certain classicisme.

L’artiste a-t-il besoin de souffrir pour créer ? Le débat n’est pas nouveau et les créations de Munch nous proposent peut-être une réponse.

Françoise Bernardi,         
Historienne de l'art         


Cliquez sur la miniature

43ilmunch11.JPG (51257 octets)

Plaquette

 

43ilmunch33.JPG (21189 octets)

"La danse de la vie"

 

43ilmunch44.JPG (24872 octets)

"Modèle assis"

 

43ilmunch55.JPG (14315 octets)

"Le baiser"

Musée d'Ixelles, 71 Rue Jean Van Volsem 1050 Bruxelles 
Tél. 02 515 64 22.

 

 

Du mardi au vendredi de 13 à 18h30, samedi et dimanche de 10 à 17h.
Exposition accessible jusqu'au 16 mai 2004.

Copyright © 2004 Mémoires et Françoise Bernardi.
Tous droits réservés.

Les autres articles sont accessibles via nos archives
Inscrivez-vous pour recevoir les infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre        Retour à l'accueil

 

Hit-Parade