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LA LETTRE MENSUELLE |
| Un
article de Dominique Piteux - Mars 2004 Pierre-Paul Rubens (1577 - 1640), exposition à Lille Avec des commentaires de Remy Cogghe sur l'artiste. |
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;; Rubens est chez lui à Lille où il réalisa de
nombreuses commandes pour les églises et les couvents de la ville. C’est pourtant à Anvers que reviendra le
titre de «ville de Rubens » et qu’une exposition permettant de découvrir
Rubens collectionneur sera présentée dans sa maison. Rubens chef d’école incontesté de la peinture
anversoise du XVIIème siècle s’était à nouveau
installé dans la ville à son retour d’Italie en 1608. Il était né à Siegen en Allemagne où son père
qui était juriste et échevin trouva refuge, fuyant les persécutions religieuses
qui sévissaient en Flandre. A la mort de son père il revient avec sa mère
à Anvers où il se place comme page pour subvenir aux besoins de sa famille. Selon Eugène Fromentin[1]
il entre en apprentissage chez le paysagiste Tobias Verhaecht, puis chez Adam
van Noort, et chez Otto van Veen (dit Otto Venius) qui fut son maître pour la
peinture d’histoire. Il s’inscrit à la guilde de Saint Luc
d’Anvers en 1598 puis entreprend le voyage d’Italie, qui lui assurera la
protection du duc Vincent de Gonzague, lors de son passage
à Mantoue. Il se rendit à Venise, Gênes et Rome.
Gênes, capitale européenne de la culture
comme Lille, présentera une exposition qui réunira les œuvres des contemporains
de Rubens qui l’ont influencé et inspiré. En préambule à cette exposition Lilloise, il
est intéressant de se pencher sur la vision que Rémy Cogghe a eue de cet
artiste. C’est au travers des rapports envoyés à
l’Académie des Beaux-arts de Bruxelles pendant ses voyages tant à Paris, en
Italie à Florence où à Madrid que s’analyse l’intérêt que Cogghe porte à cet
artiste. Le premier rapport semestriel de Monsieur
Cogghe, envoyé de Paris le 28 juin 1881 fait l’objet d’un examen par Monsieur
Gaffeur le 3 novembre 1881. On lui reproche de ne pas s’appliquer à faire
ressortir les mérites des différentes écoles de peinture que contient le musée
du Louvre. Voilà ce que Cogghe écrivait : « Le musée du Louvre (collection Louis
La Caze) Alors qu’il est à Madrid en 1882 il note dans
son troisième rapport qu’il a vu Le
serpent d’airain de Rubens. Dans la critique du sixième rapport en
juillet 1884, Fétis est désigné pour guider
Cogghe dans ses choix de reproduction. Est-ce lui qui lui indique la toile de
Rubens alors conservée à Florence? Toujours est-il que le deuxième envoi de Rome comprend la
copie des quatre Philosophes d’après
le tableau de Rubens[2]
conservé au Palais Pitti. Cette copie sera achetée par l’Etat belge 1000 francs le 28
avril 1884.Il appartient à la collection des musées
royaux de Belgique et est exposé à Bruxelles. L’ampleur de l’œuvre de Rubens (quelques 1500
œuvres parvenues à notre connaissance) l’a conduit à entretenir un important
atelier et à s’assurer la collaboration de ses confrères, parmi lesquels Jacob
Jordaens, Antoon Van Dyck et Frans Snyders. Cogghe relève cette particularité dans son
analyse d’un des tableaux de la série, pensant que ce Couronnement de Marie de Médicis est de la main de Rubens. Cette série vue par Cogghe au Louvre avait
été réalisée pour décorer le palais du Luxembourg, construit à partir de 1615
par Salomon de Brosse.
Les grands décors muraux nécessaires à la décoration de ce palais affecté à
l’habitation de la régente Marie de Médicis entre deux exils, de 1620 à 1630 furent commandés à Rubens en
1622. Le grand projet de Marie était de faire orner
les galeries de cycles peints à la gloire de Henri IV et à la sienne. Le choix de Rubens pour cette réalisation,
surprenant de la part d’une Italienne, est dû à la recommandation qui est faite
par le duc de Mantoue. Mais il faut aussi se rappeler qu’à cette date il vient
d’obtenir un privilège royal pour la gravure de ses œuvres en France. Rubens est donc l’artiste à même de réaliser
cette écrasante commande, aidé de son imposant atelier. Une abondante correspondance avec les conseillers (parmi eux Richelieu) montre que la mise au point du programme nécessite de grandes discussions. Le 24 mai 1623 Rubens apporte lui-même à Paris les neuf premiers tableaux. L’ensemble totalement installé en février
1625 s’inscrit dans la tradition de la galerie Royale à argument historique et
dynastique. Le peintre qui manie de manière érudite
l’allégorie et les emblèmes crée un univers où la réalité devient féerique,
l’aspect politique s’effaçant devant l’héroïne de l’histoire. La galerie consacrée à Henri IV ne fut
décorée que de cinq tableaux ; le cycle est connu par les esquisses
préparatoires et l’interruption des travaux est
relative à la fermeture du palais après les événements de la journée des Dupes en novembre 1630 et au
nouvel exil de la régente. Ce palais fermé, la galerie n’eut pas le
rayonnement immédiat qu’on pouvait en attendre et l’œuvre de Rubens et ses
collaborateurs ne fut portée à la connaissance des artistes que lorsque le
palais fut rouvert par Philippe d’Orléans. L’exposition Lilloise donnera à voir quelques
travaux en rapport avec ces cycles, en provenance de Copenhague, Saint
Petersbourg ou Berlin. Plus de 160 toiles, dessins, esquisses à
l’huile, tapisseries seront réparties en cinq sections thématiques. La première montrera les débuts de Rubens en
Italie, à travers les dessins témoins de son intérêt pour l’Antiquité classique
et la Renaissance italienne. Une deuxième section se penche sur les
commandes bourgeoises et officielles réalisées au retour d’Italie. Paysages, tableaux mythologiques, œuvres à
caractère familial ou personnel sont ici dévoilées à notre curiosité. La troisième section concerne les commandes
religieuses. Destinées aux églises Anversoises, où Lilloises ou encore aux
couvents de ce territoire des pays bas que l’on désigne aujourd’hui par Nord de
la France, ces réalisations attirent notre attention sur l’empreinte laissé par
Rubens dans la peinture religieuse de ce temps. Peintre à la cour d’Albert et Isabelle, la quatrième section a pour objet
le mécénat princier et aristocratique dont bénéficia Rubens. La cinquième section aborde les autres
pratiques artistiques de Rubens et en particulier sa contribution à la
réalisation de tapisseries, tradition flamande à laquelle Rubens participa par
la création de cartons pour quatre séries de tapisseries. C’est l’ensemble de sept tapisseries réalisées pour le couvent des Delcazas Reales à Madrid qui sera présenté à Lille.
[1] Les maîtres d’autrefois, Paris, 1877 [2] où figurent le père et le frère de Rubens Lien utile : |
* Cet
article Une
chronique de *
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Musée des Beaux-Arts, Place de la République, FR 59000 LILLE. |
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Ouvert du dimanche au vendredi de 11h à 19h.Nocturne le vendredi jusque 21heures. Fermé le mardi et le 1er mai 2004. |
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Catalogue
d’exposition en français, néerlandais, anglais.
Pour vous rendre à cette exposition, il est
préférable de réserver. L’office de tourisme de Lille propose des forfaits séjours pour ceux qui le souhaitent. Tel :33 320 219 421. |
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| Exposition accessible jusqu’au 14 juin 2004. |
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