LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Colette Bertot.  Mars 2004 
  Baptiste Colmant - Fougueux et prometteur
  
A la galerie Mineta Contemporary.

;;
On nous le lance dans les gencives de façon tellement intempestive qu’on aurait tendance à freiner des quatre fers pour remettre les pendules à l’heure.

Qui est ce jeune prodige propulsé dans l’arène par la galerie Mineta Contemporary  laquelle, par ailleurs, le présentera également à la foire Art Brussels, en avril prochain ?

Il est né le 10 mai 1980. A fait des humanités latin-grec (un bon point pour l’érudition, ça !). A fréquenté tous les ateliers de sa région puis obtenu, avec la plus grande distinction, un diplôme de peinture à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Il est animateur scout et a participé au programme Erasmus. Il a déjà conquis quelques prix dont celui de la Fondation Horlait-Dapsens et celui de la Ville de Bruxelles en 2002, ce qui augure du meilleur…

Epinglons donc cette toute première exposition de Baptiste Colmant – il n’a que 23 ans -  éclaboussée de lumière et de couleurs. Deux mots clés devant cette peinture bousculante mais qui doit, sans doute, décanter.

Bien plus que le sujet, un tableau disait Maurice Denis, chef de file des Nabis, est essentiellement « une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ». C’est bien ainsi que notre artiste conçoit la peinture, lui qui traduit l’émotion à grands aplats de tonalités pures et d’harmonies rythmées.

Le geste est vigoureux.
L’artiste peint, à la brosse et sans chipoter,  des paysages infinis et relativement sommaires aux tons éclatants et spontanés (surtout des jaunes et des bleus) répartis en larges touches horizontales qui expriment un souci d’appréhender le réel sans pour autant sacrifier une certaine liberté d’expression. Ces paysages, Colmant les recompose au gré de son imagination à partir de photos, de croquis, de collages, de souvenirs glanés au fil du temps.

Les ciels superbes et animés s’étirent dans une palette chromatique de roses, de bleus pâles voire de turquoise. Ils méritent à eux seuls un petit jeu que j’appellerais « séquence cinéma »… Prendre dans le regard un coin du ciel. On passe, comme par miracle, de la figuration tumultueuse à une abstraction tranquille. L’impression est curieuse qui pousse l’œil à découper en morceaux la toile afin de mieux voir, séparément, les « parties » qui constituent virtuellement de petits tableaux dans le tableau.

Quelques œuvres datant de 2003 – des paysages aux tons pastels beiges, bruns rehaussés de touches vertes – traduisent une palette plus douce.

Depuis 2004, l’artiste n’ayant pas peur des contrastes, y va à grands coups de couleurs fortes qu’il maîtrise sans avoir l’air d’y toucher. On le devine bon coloriste s’il ne dépasse pas les bornes.

La hâte de produire est toujours mauvaise conseillère et Colmant donne un peu l’impression de vouloir courir avant de savoir marcher comme ces sales gamins pressés de conquérir, vite, toutes les médailles.

Mais cette peinture fougueuse est incontestablement pleine de promesses tant sont vibrants les jeux de lumière et de relief, de perspective et de profondeur qui la traversent.

Pour preuve, une série de petites études sur le paysage témoignent du sérieux de l’artiste à construire ses compositions.

Colette Bertot         


Cliquez sur 
les miniatures 
pour voir l'oeuvre 
en grand format

*

43ilcolmpbl.JPG (27989 octets)

"Paysage bleu" 

 

43colmgdpaysg.JPG (27929 octets)

"Grand paysage" 

 

43colmstitr2.JPG (18425 octets)

Sans titre

 

43ilcolmstit.JPG (19384 octets)

Sans titre 

Mineta Contemporary, 32 rue des Minimes, 1000 Bruxelles.
Du mercredi au samedi de 14h à 18h.  
Jusqu’au 20 mars 2004.

Copyright © 2004 Mémoires et Colette Bertot.
Tous droits réservés.

Les autres articles sont accessibles via nos archives
Inscrivez-vous pour recevoir les infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre        Retour à l'accueil

 

Hit-Parade