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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Novembre 2003. Giotto et l'art à Padoue au XIVe - La Chapelle des Scrovegni, A l'Espace culturel ING de Bruxelles. |
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;; L’espace culturel ING présente une reconstitution complète, à l’échelle d’un quart, de la célèbre Chapelle des Scrovegni de Padoue. Cette exposition fait le lien entre le passé et le présent. Elle témoigne du contexte historique et artistique de Padoue au XIVè siècle. Mais surtout, elle retrace l’évolution de cette Chapelle qui a subi les affres du temps et qui aujourd’hui, après une restauration complète, qui dura près de vingt ans, ne peut se visiter que sur rendez-vous et dans un temps strictement limité. En 1303, Enrico Scrovegni fait édifier une chapelle pour expier les
péchés de son père, usurier notoire. Il la veut splendide et fait appel Giotto
pour la réalisation des fresques qui recouvrent tout l’intérieur de l’édifice.
L’architecture assez simple de cette chapelle à une seule nef permet une
certaine intimité avec les œuvres de l’artiste florentin. L’ensemble des fresques réalisé entre 1304 et 1306 constitue un véritable récit avec des épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament : scènes de la vie de Joachim et Anne, scènes de la vie du Christ, représentation des Vertus et des Vices, la création d’Adam. Giotto ouvre véritablement la voie de la Renaissance, il rompt avec les principes de l’art byzantin et introduit un certain réalisme dans la peinture. Ses personnages vivent les émotions, ils les expriment comme ces anges dans Lamentation du corps du Christ.
Giotto révolutionne l’art de l’époque par des notions telles que
l’individualisme et l’humanisme. Il donne chair à ses personnages, les rend
proches des mortels pour en finir avec les représentations religieuses froides
et distantes. Giotto introduit la notion de l’espace et du mouvement dans ses
compositions. Son travail des tissus et des plis est tout à fait remarquable. La narration est également exceptionnelle comme dans son œuvre la plus
célèbre, Le Baiser de Judas où la tension est palpable. Le temps s’est
arrêté sur ce moment clé où Judas se penche vers Jésus pour lui donner cet
ultime baiser. Et si notre attention est portée sur cette scène centrale, les personnages alentour s’agitent aussi comme
Pierre qui coupe l’oreille d’un soldat, ou le groupe de soldats armés qui
structure l’espace par ces torches tendues vers le ciel. Si on ne peut s’attarder dans la chapelle reconstituée (cela à cause du
nombre important de visiteurs), deux vidéos permettent une meilleure
compréhension de l’histoire et l’iconographie de cette chapelle qui est
miraculeusement intacte. Le temps ne l’a effectivement pas épargné et ce n’est
que grâce à une restauration d’envergure que les fresques de Giotto ont
retrouvé leur éclat d’origine. Quelques œuvres des élèves de Giotto et de ses suiveurs sont également exposées, celles-ci témoignent de l’influence du maître qui a ouvert l’espace, introduit le mouvement et humanisé ses personnages. Françoise Bernardi,
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Plaquette
Scrovegni
La chapelle,
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Espace culturel ING, Mont des Arts – Place Royale, 6 – 1000
Bruxelles. |
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Tous les jours de 10 à
18h, y compris les week-ends et les jours fériés, les mercredis jusque 21h. |
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| Exposition accessible jusqu'au 11 janvier 2004. |
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