LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.  Octobre 2003. 
   La Transavantguardia : Chia, Clemente, Cucchi, Paladino,
  
Au Centre de la Gravure de La Louvière
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Pladino

A la fin des années 70 en Italie, un groupe d’artistes, qui ne se connaissent même pas, veulent réagir face à ceux qui proclament la fin de la peinture. Après des années dominées par l’art conceptuel, Enzo Cucchi, Sandro Chia,  Francesco Clemente et Mimmo Paladino prônent un retour aux formes traditionnelles de la peinture et de l’image imprimée. Ils revendiquent le droit à la subjectivité de l’artiste et à l’expression de ses propres sensations.

Le critique d’art Achille Bonito Oliva a rassemblé, au début des années 80, ces quatre artistes autour du terme Transavanguardia. Ce nouveau courant artistique, qui se définit plus largement par le néo-expressionnisme touche aussi l’Allemagne et les Etats-Unis. Des différences culturelles évidentes, liés notamment à l’histoire nationale et culturelle, font que ses formes changent d’un pays à l’autre avec cependant comme point commun ce retour à la subjectivité de l’artiste.

Les artistes de la Transavanguardia travaillent autour d’une expression individuelle. Ils ne revendiquent pas de références à une actualité. Chacun a ses références artistiques et y puise une partie de son inspiration. 

Enzo Cucchi est fasciné par des grandes figures de l’histoire de l’art comme Giotto, Piero della Francesca ou Masaccio. Sandro Chia évoque par ses personnages l’art classique italien. Mimmo Paladino est fasciné par l’art byzantin, la peinture rupestre africaine et la sculpture romane. Quant à Francesco Clemente, il est envoûté par la culture et la religion de l’Inde. 

Ces quatre artistes développent un univers particulier détaché de toute notion temporelle. Le mélange des influences et des citations rend leurs œuvres complexes mais chacun peut laisser libre court à son interprétation.

L’exposition du Centre de la Gravure de La Louvière témoigne du travail de ces quatre artistes qui ont renoué avec la tradition et le savoir-faire de l’estampe. Francesco Clemente (Napoli, 1952) privilégie l’aquatinte qui lui offre un jeu de couleurs chatoyantes. Ses différentes œuvres sont le reflet de ses angoisses, ses envies et ses fantasmes. L’artiste s’implique toujours de façon très personnelle dans ses créations. On lui doit de nombreux autoportraits.

Enzo Cucchi (Morro d’Alba, 1949) aborde de façon récurrente le thème du voyage et de la mort. Il représente aussi de façon quasi obsessionnelle des paysages abandonnés. C’est un certain état du monde qu’il nous révèle à travers ses réalisations oniriques : le thème du crâne et de la forme ovale (proche de celle d’un œuf) font se côtoyer la naissance et la mort. Ses œuvres oscillent entre le visible et l’invisible, entre l’obscurité et la lumière. Il n’y a pas de radicalisme, il garde une part de mystère et laisse de nombreuses interprétations possibles. Cucchi multiplie les techniques comme l’eau-forte, l’aquatinte et la sérigraphie.

Sandro Chia (Firenze, 1946) aime représenter l’homme sous ses aspects les plus charnels. La figure du héros parcourt tout son œuvre. Inspiré par l’art classique italien, il accentue la robustesse de ses modèles pour rendre toute son importance à la figure humaine jamais impliquée dans un contexte défini. Sa maîtrise de différentes techniques comme la pointe sèche, l’eau-forte, la lithographie et l’aquatinte lui offre une grande variété dans le rendu des expressions.

Mimmo Paladino (Paduli, 1948) est fasciné par les secrets que renferment les religions et les mythologies. La figure humaine est souvent accompagnée de signes ou symboles l’intégrant ainsi dans un récit souvent complexe.

Dans le cadre d’Europalia Italie, le Centre de la Gravure a voulu présenter un mouvement majeur pour l’art au début des années 80. Alors que certains proclamaient la fin de la peinture, les artistes de la Transavanguardia revendiquent un retour aux émotions et à la figure humaine mais aussi au métier et au savoir-faire. L’univers de l’estampe et ses multiples possibilités est abordé avec maîtrise et sensibilité par des artistes qui ont voulu affirmer leur individualité.

Françoise Bernardi,         
Historienne de l'art         

Lien sur le site :
* Mimmo Paladino, L'Iliade et L'Odyssée, dessins. Une chronique de Françoise Bernardi qui évoque les artistes de la Transavantguardia.


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Cucchi

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Chia

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Cucchi

 

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Paladino 

 

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Paladino

 

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Clemente 

 

Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée, 
Rue des Amours, 10 –7100 La Louvière. 

Tél. : 064 27 87 27.

 

 

Du mardi au vendredi de 12 à 18h, week-end et jours fériés de 11 à 18h, 
Fermé le lundi
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Exposition accessible jusqu'au 4 janvier 2004.

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