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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Octobre 2003. Gabriel Belgeonne, graveur ; Danny Poupaert, sculpteur, à la Fondation Carcan, Bruxelles. |
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; Gabriel Belgeonne (Charleroi, 1935) est une figure emblématique de la gravure en Belgique. Alors que ses débuts artistiques le menaient vers la peinture, sa rencontre en 1963 avec Gustave Marchoul lui fait prendre la voie de la gravure où il s’investit totalement. Il a largement contribué à la reconnaissance et la diffusion de l’art du
multiple non seulement comme pédagogue (Académie de Mons, La Cambre) mais aussi
comme membre ou initiateur du groupe Cap d’Encre, Tandem ou encore du Centre de
la Gravure de La Louvière. Gabriel Belgeonne privilégie l’aquatinte. Ses compositions aiment jouer sur les contrastes entre le plein et le vide, le noir et le blanc. Dans une confusion lyrique, il multiplie les traits nerveux parfois combinés à des empâtements, réservant de grandes parts de silence comme des lieux de méditation. Ses œuvres se partagent entre le calme et la tempête. Souvent, il concentre ses compositions sur la partie supérieure comme une masse pesante en plein bouillonnement. Le thème de l’ammonite obsède l’artiste qui l’utilise de façon
régulière. La forme en spirale et le caractère fossile
de ce mollusque confèrent à ce motif une symbolique particulière liée au temps,
au souvenir et à la permanence. Gabriel Belgeonne laisse le spectateur libre
de toutes interprétations. Ses œuvres au titre vague comme Connaissance,
Chaos, Equilibre, Ignorance sont en lien avec le monde et
sa compréhension mais chacun peut en donner sa propre perception. Ses œuvres
sont totalement ouvertes et n’imposent rien au spectateur si ce n’est un
certain espace de réflexion. L’exposition de la Fondation Carcan propose l’œuvre très méditative de Belgeonne en parallèle avec les sculptures de Dany Poupaert (Bruges, 1938). Elle travaille principalement à partir d’éléments bruts qu’elle récupère dans la nature. Ce qu’elle affectionne particulièrement ce sont les morceaux de bois usés par les eaux et le temps, laissés à la dérive le long des rivages. Elle peint ces morceaux de bois, ce qui accentue leurs lignes et autres caractères particuliers. Ils prennent alors des allures de totems. Danny Poupaert joue avec les hasards naturels qu’elle tente de mettre en valeur. On peut aussi découvrir ses
bijoux aux incrustations multiples. La notion du temps est certainement ce qui
lie les deux artistes d’une exposition qui nous invite à la réflexion. Françoise Bernardi,
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G. Belgeonne
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Fondation René Carcan, Rue Champ du Roi, 122 – 1040 Bruxelles. |
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Du mardi au vendredi de 14h30
à 18h30, samedi de 14 à 18h, dimanche de 11 à 17h. |
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| Exposition accessible jusqu'au 22 octobre 2003. |
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