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LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique de Dominique Vallin-Piteux. Juin 2003 Arts du Japon de la période Edo (1603 - 1868), Voyage dans l'empire du soleil levant : à Valenciennes. |
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; La
paix qui se maintient pendant 250 ans contribuera à un climat propice au
développement des arts. L’exposition qui est présentée à Valenciennes regroupe de nombreuses pièces issues des collections bruxelloises (Musées royaux d’Art et d’Histoire) et françaises. Le musée Guimet, des arts asiatiques à Paris, contribue à la présentation de céramiques. Pouvoir militaire, qui permet aux forgerons de déployer tout leur art en fabriquant des armures, art de l’Ukiyo-e (estampes japonaises), laques, céramiques, art du textile lié au théâtre de no, sculptures, toutes ces productions se proposeront à votre admiration. Votre visite vous fera découvrir en premier lieu le pouvoir militaire, incarné par les guerriers. Costumes, sabres, masques sont le reflet dans cette période de paix, du prestige et de la puissance de la classe militaire au pouvoir. Le sabre qui exprime l’âme du guerrier au Japon est vénéré. Sa réalisation requière de grandes qualités techniques et esthétiques. La qualité de son acier, la beauté de son dessin font de cet objet fonctionnel un magnifique objet d’art. Le Tsuba ou garde du sabre fait l’objet de recherches décoratives poussées. Trop souvent appelé bouton de Mandarin, le netsuke un contrepoids à l’inrô. L’inrô est une boîte à plusieurs compartiments qui était porté à la ceinture des hommes (qui contrairement aux femmes n’utilisaient pas leurs manches comme poches). Très en vogue au 17ème siècle, c’est au laqueur qui accordèrent un soin particulier à ces créations que l’on doit les incrustations qui constituent leurs décors. Les thèmes sont variés, scènes à personnages, paysages et nature, animaux, et enfin symboles et allusions culturelles. Une langouste posée sur des branches feuillues et de fougères ne manquera pas d’attirer votre attention. Symbole de longévité (on l’offrait en signe de souhait de longue vie au nouvel an) mais aussi de vigueur, la langouste repose sur le symbole de la santé. Le netsuke est une pièce de petite taille sculptée dans divers matériaux comme le bois, le buis, la corne, l’ivoire, le corail. Pour ces objets la variété des sujets est infinie : animaux, fruits, champignons, archer tartare ou dragon se sont laissé apprivoiser par le sculpteur. Traité avec humour, quelque fois à la limite de l’irrévérence les dieux sont aussi représentés. Ainsi un Daruma qui s’étire en baillant qui ne mesure pas plus de 5,4 cm de large traite du très vénéré patriarche du Bouddhisme Zen : Daruma. (raison de sa robe rouge). Il devait entreprendre une méditation de neuf ans devant le mur de la capitale chinoise de Luoyang en 520. Mais un jour il ne put résister au sommeil. Pour éviter de s’endormir, il se coupa les paupières qui en tombant donnèrent naissance à des plantes de thé. Cherchez bien vous découvrirez un Shoja cuvant son saké ! Les estampes présentées un peu plus loin dans votre visite de l’exposition de Valenciennes proviennent d’un premier lot acheté par la Belgique en 1889 à Bing (qui avait promu l’art japonais dans sa boutique parisienne). Puis en 1905 , l’acquisition de la collection Michotte est l’occasion de la création d’une section japonaise aux musées royaux de Bruxelles. La connaissance de l’art Japonais avait débuté lors de l’exposition universelle de 1867. De nombreux artistes tels Bonnard, dont le surnom était le Nabi Japonard, ou encore Vincent Van Gogh furent influencés par la découverte de ces estampes. Dix huit artistes de l’ukiyo-e sont présentés. Ceux qui fascinèrent le plus les artistes français furent Hiroshige ou Hokusaï avec la série d’estampes de 36 vues [1] sur le mon Fuji ou la série des relais de poste. Pour la composition, on peut noter la transposition des principes esthétiques à la japonaise lorsqu’on observe avec attention une œuvre de Bonnard le peignoir, qui date de 1892 et qui présente une figure vue de dos, les genoux ployés et la tête tordue de commune attitude avec l’œuvre d’Utamaro l’heure du singe qui date de 1794.[2] Van Gogh s’était quant à lui inspiré des pruniers en fleurs Hiroshige. Sharaku nous révèle par les portraits d’acteurs la particularité du théâtre japonais : les femmes n’y étaient pas admises ; aussi sa série nous offre les portraits de ravissantes «jeunes femmes », acteurs célèbres de l’époque. L’exposition se poursuit au sous-sol avec les céramiques qu’il n’est point possible de décrire car seul le regard permet d’apprécier cette tradition japonaise qui figure parmi les plus anciennes du monde. Les arts du textile et du laque[3] seront également présents près de témoignages photographiques et d’ouvrages dus à Léon de Rosny, valenciennois, premier titulaire de la chaire de Japonais à l’école des langues orientales. Dominique
Vallin-Piteux, [1] Les estampes en raison de leur fragilité sont présentées par séries qui sont renouvelées régulièrement afin de les préserver. [2]
En reprenant le
format du Kakemono et une mise en page particulière dans cette forme oblongue [3] En effet on ne doit pas utiliser le féminin pour cet art : le laque, dont la matière première est le suc naturel de l’arbre à laque qui ne se rencontre qu’en Extrême-Orient et en Asie du sud est, est un agent protecteur idéal pour le bois. |
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Armure XVIIe
Utamaro
Inro
Masque magojiro
Paire de paravents
Costume de no |
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Accès
Valenciennes centre, Boulevard Watteau. |
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| Tous les jours de 10h à 18h sauf le Mardi. Nocturne le Jeudi jusqu'à 20 h. | |
| Exposition accessible jusqu’au 31 août 2003. | |
| Catalogue d’exposition par Chantal Kozyreff est édité en français, en néerlandais et en anglais. | |
| Voir aussi sur notre site l'article de Julie Bawin sur le Japonisme en Belgique, et notamment l'acquisition du legs Michotte. |
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