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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de Françoise BERNARDI. Juin 2001 . | |
| 4."Rétrospective d’Alberto Magnelli", Verviers. |
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Magnelli partagera sa vie entre Florence et Paris. Il nouera en France des amitiés célèbres : Picasso, Léger, Apollinaire, Arp, Matisse, Chirico, Sonia Delaunay, … S’il se dit plutôt influencé par les maîtres anciens (Pierro della Francesca principalement), il est difficile de croire que ses amitiés n’ont pas eu de répercussions sur son art. Son parcours, fait de recherches et de tâtonnements, permet difficilement, en tout cas à ses débuts, de le classer dans un style. Il sera tantôt apparenté aux futuristes, tantôt aux cubistes, avant de rejoindre les peintres abstraits. Les petites salles du Musée permettent de structurer le parcours en fonction des différentes périodes de Magnelli. Nous pouvons ainsi suivre les recherches d’un artiste qui suit la voie d’une abstraction de plus en plus affirmée, et ce, malgré de nombreux détours. Si dans un premier temps la couleur est traitée par plusieurs touches ou hachures qui donnent mouvement et vie à ses oeuvres (L’homme qui fume, 1913-14, L’homme à la charrette, 1914), Magnelli tend à l’utiliser en aplat privilégiant ainsi l’ordre et la rigueur (L’attente, 1917, La toilette, 1917). Les figures sont cernées d’un trait noir, ce qui structure les tableaux et place le dessin au centre de ses compositions. Ces différentes caractéristiques tracent la voie d’un travail renonçant de plus en plus à l’anecdote pour replacer les formes et les couleurs au centre des préoccupations du peintre toscan. Petit à petit, l’art de Magnelli se détache de la réalité pour créer son propre univers. En 1918, il réalise une série de tableaux intitulés Explosions lyriques qui marquent l’aboutissement de ses recherches antérieures. Magnelli donne à la couleur la liberté de s’exprimer et se détache de la rigueur de ses précédents tableaux. Cette nouvelle conception peut s’expliquer par l’euphorie qui succède aux années de guerre. Les recherches artistiques de cette période peuvent s’apparenter à celles de Kandinsky. De 1920 à 1931, il retourne à la figuration et aborde les thèmes de la vie paysanne, la campagne, les bateaux et les marins. Il abandonne totalement son univers coloré et travaille à partir de tons froids, sans éclats (Paysage toscan, 1922, Les deux voiliers, 1928). Ces tableaux marquent un retour à la rigueur, à une conception quasi architecturale de la peinture. Mais encore une fois, il ne s’agit là que d’un détour pour mieux revenir à l’abstraction. De 1931 à 1935, il construit ses tableaux à partir de pierres. On y retrouve parfois la souplesse de drapés ou la rigueur architecturale. Ces pierres assemblées semblent raconter une histoire. Cette nouvelle thématique s’expliquerait par une visite de Magnelli dans les carrières de Carrare. Quoi qu’il en soit cette période marque un tournant décisif dans l’art de peintre italien qui ne reviendra désormais plus à la figuration. Vers 1936, on peut dire qu’il arrive à la maturité de son art, il trouve sa voie et développe un style souvent qualifié d’élégant, basé sur l’expression abstraite des lignes et des couleurs. Il oppose des formes anguleuses et d’autres plus arrondies. Il semble les confronter comme dans un combat, il met en exergue leurs caractères opposés. Si les premières œuvres de cette période sont réalisées dans des tons sombres et privilégient le caractère anguleux des motifs, avec le temps, Magnelli semble trouver un apaisement, il retrouve des couleurs plus lumineuses, plus éclatantes. On peut également voir quelques ardoises (1937 et 1942) peintes par l’artiste, ce support particulier, utilisé pour cause de pénurie pendant la guerre, donne un certain charme aux œuvres abstraites de Magnelli qui travaille habituellement dans de grands formats. Le parcours de Magnelli est intéressant et surprenant, il lui a fallu de nombreuses années avant de développer son style personnel. Ceci tend à prouver qu’un artiste se nourrit d’influences et de rencontres, qu’il n’est pas hermétique au monde qui l’entoure. Après de nombreux détours, il s’est affirmé comme une des figures marquantes de l’abstraction de l’après-guerre. Françoise Bernardi |
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A ce
jour,
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Musée des Beaux-Arts de Verviers, Rue Renier, 17-19. |
| Exposition
accessible jusqu’au 1er juillet 2001, de 10h à 12 h et de 14h à 18h sauf le vendredi. |
| Tél. 087.33.16.95 |
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