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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de Françoise BERNARDI. Juin 2001 . | |
| "2.
Maurice Pasternak - L'oeuvre gravé 1976-2000", à La Louvière |
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Maurice Pasternak travaille souvent autour de mêmes thèmes dont il retravaille la forme ainsi, ces gravures fonctionnent souvent comme des suites : Fuite I à V, Contraste I à IV, Profil I à IV, etc. Le thème de la fuite sera abordé à plusieurs reprises par le graveur dans les années 1976 à 1979. Les figures de ces compositions sont fantomatiques, évanescentes, dédoublées. Cette forme floue ne fait que passer, elle fuit. Mais Pasternak offre toujours une issue à ses personnages que ce soit une porte, une fenêtre ou une cage d’escaliers. Ces éléments proposent une ouverture sur un autre monde, sur une autre vie. Le thème du passage, de la transition est très présent dans les gravures de cette époque. Les personnages présentés, le plus souvent des hommes, ne sont parfois que des ombres floues, étirées qui traversent l’oeuvre. La lumière pénètre dans les pièces via ces ouvertures (portes, fenêtres) ce qui accentue les contrastes entre l’intérieur neutre, sombre et froid et l’extérieur lumineux dont on ne voit rien, entièrement soumis à l’imaginaire de chacun. Une autre série est celle intitulée Contraste (1981-82), où la thématique de l’issue ou de l’ouverture (escalier, fenêtre) est encore abordée. Mais ce n’est plus la fuite de l’homme qui est mise en scène, mais sa présence très physique et réaliste. C’est une période plus réfléchie, d’attente, de réflexion et de silence. Les personnages de Pasternak évoluent dans un univers froid, neutre et sans vie où le temps semble s’être arrêté. Ils ne bougent plus, ils regardent, il fixent et attendent, tout comme nous, spectateurs face à ces gravures qui nous laissent bien des questions sans réponses. A la fin des années 80 et dans le courant des années 90, Pasternak intègre ses personnages dans un univers extérieur particulier où ils semblent parfois s’engouffrer (Horizon I, 1989 ; Canal I et II, 1988-89 ; Horizontal 10, 1991). L’artiste mélange les plans et les points de vue. Il choisit de plus en plus le thème du groupe, il met en scène plusieurs personnages dont les regards sont attirés par quelque chose qui nous échappe. Il ne nous révèle rien, il ne se concentre pas sur les faits mais sur les réactions qu’ils suscitent, ce qui éveille bien sûr notre curiosité. Dans une atmosphère déconcertante et angoissante, l’artiste établit tout un jeu de regards et peut-être est-ce là le vrai sujet de ces gravures. Ces mises en scène ne sont peut-être que des artifices où le public rejoint les personnages de Pasternak dans une même action : regarder. La présentation chronologique des oeuvres de Pasternak correspond-elle à une narration ? Faut-il y voir une évolution de sa pensée ? Le graveur semble, au fil du temps, de plus en plus tourmenté. De la douce mélancolie de ses premières créations, il est passé à une représentation assez angoissante de la condition humaine. Il a effacé de ses compositions l’anecdote et le quotidien (Homme au chat, 1969 ; Toupie, 1971) pour se focaliser sur l’homme. Les différents objets représentés ne sont plus qu’un prétexte pour accentuer la solitude de ses personnages (Contraste III, 1981 ; Fuite diagonale, 1983). Et quand il décide d’abandonner ses représentations d’intérieur, ce n’est que pour accentuer les incapacités de chacun face à un univers menaçant. Si l’homme est au centre de ses compositions, il est le plus souvent enfermé dans sa solitude. Même représenté au sein d’un groupe, l’absence de communication confine chaque individu dans son propre monde. Françoise Bernardi |
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Centre de la Gravure et de l’Image imprimée de la Communauté française de Belgique. |
| 10, Rue des Amours – 7100 La Louvière – Tél. 064.27.87.27. |
| Exposition accessible jusqu’au 5 août 2001. |
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