LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane REY. Avril 2001 .
2.  Au Grand Hornu... Présence de l'objet.

 
Joyau de la révolution industrielle et du Borinage, le Grand Hornu vaut à lui seul le déplacement. Ce bâtiment industriel néo-classique, créé par un entrepreneur audacieux vers les années 1820 fut l’une des exploitations les plus importantes du Borinage produisant près de 15.000 tonnes de charbon.

Alliant l’esthétique et l’utile, le Grand-Hornu se compose d’une "grande cour" elliptique entourée de bâtiments fonctionnels reliés entre eux par des arcades "d’une belle symétrie et d’une grande rigueur de style" et d’une "basse cour" flanquée de portails et de pavillons d’angle qui assurent à l’ensemble sa grandeur.

Tout autour, les rues de la cité ouvrière avec leurs petites maisons symétriques rappellent qu’ici, plus de 1000 ouvriers travaillaient à la mine.

Vers les années 1950... Fin d’un grand rêve et fermeture des puits. Le Grand Hornu est laissé à l’abandon et même voué à la démolition.

En 1989 enfin la Province du Hainaut se rend propriétaire des lieux. Par le biais de l’ASBL "Grand Hornu Images", elle crée sur le site, en voie de restauration, un pôle de développement économique et culturel. Nous voici enfin arrivés au coeur du sujet.

L’exposition qui se tient actuellement dans les Anciennes Ecuries du Grand Hornu présente une rétrospective des réalisations les plus représentatives du Craft (Centre de recherche sur les Arts du feu et de la Terre) créé à Limoges dans le but d’inviter artistes, designers, architectes à réaliser un projet utilisant les matériaux céramiques. Ces matériaux, un peu considérés à tort comme les parents pauvres en matière d’art, permettent pourtant un renouvellement constant des techniques en vue de réaliser des pièces uniques ou des productions plus industrielles.

Intitulée "Présence de l’objet" l’exposition présente plus de 300 pièces - originales, pratiques, ludiques, fantaisistes, colorées - comme seule la céramique peut en produire. Elles ont été imaginées par une vingtaine d’artistes venus des quatre coins du monde.

Parmi ceux-ci, Ingo Maurer "le" designer munichois "poète de la lumière", pour un luminaire en porcelaine comme lui seul peut en rêver.

Martin Szekely (qui a beaucoup travaillé au Val Saint Lambert) pour un étonnant centre de table en porcelaine émaillée figurant un gâteau plus vrai que vrai et notre compatriote (déjà épinglé chez Dexia) Wim Delvoye pour... un but de football en porcelaine décorée à la main (sur une structure métallique tout de même). Pour ce, il a utilisé les techniques traditionnelles de coulage et de décor-main à l’or fin inspirées de la production porcelainière de Limoges pour les arts de la table.

Qui dira encore que la porcelaine est un parent pauvre de l’art ?

Stephane Rey    

 

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08ilrey11.JPG (28756 octets)

Wim Delvoye

 

 

 

Grand Hornu. 82 rue Sainte Louise. 7301 Hornu. Jusqu’au 6 Mai 2001.
Tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.

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