LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane REY. Janvier 2001 .
1. "Exit Congo Museum. Un siècle d'art avec / sans papiers"

 
Visiteurs, secouez-vous, le Musée Royal de l’Afrique Centrale se réveille...

Coup de balai dans la poussière où il sommeillait depuis belle lurette. Le voilà en passe de rénovation, de réactualisation, mieux encore "  de questionnement sur les relations interculturelles en ce temps de migration à grande échelle, de mélange de cultures et de globalisation "...

Et les penseurs de poser la question fondamentale: "le Musée de Tervueren peut-il se libérer du siècle écoulé et devenir un musée au présent, doté d’un avenir ? "

Réponse en trois temps comme la valse du même nom et petite révision en forme de grammaire latine qui nous rappelle de bien bons souvenirs.

Le point de départ de l’exposition est la présentation sous un nouveau jour de quelques 125 chefs d’oeuvre du Musée (exposés en 95 lors de l’expo " Trésors cachés du Musée de Tervueren ") et qui, depuis, ont fait le tour du monde.

Dans un premier temps intitulé: "Exit Congo", l’exposition décrit à coup de documents d’archives fort interessants -pour qui prend la peine de s’y interesser- le périple des objets vers l’Europe et ce, par l’intermédiaire des militaires, administrateurs coloniaux, missionnaires, amateurs d’art et commerçants récoltant les objets à l’attention des musées ethnographiques européens.

Dans un deuxième temps intitulé: "Ex - Congo Museum" les organisateurs ont entamé une réflexion sur la présentation des pièces du Musée depuis le début du 20° siècle. D’abord exhibés pour intéresser le visiteur, et qui sait, l’attirer dans l’aventure coloniale, les pièces deviennent dans les années 1910 - 1930 pôle d’intérêt pour les artistes séduits par l’art dit "primitif  mais ce concept, lui aussi, serait réducteur... En effet, qui connaît le nom des artistes et les oeuvres sont-elles réellement considérées comme oeuvres d’art?...

Dans un troisième temps enfin, intitulé " Exit Museum " se pose la question de savoir comment présenter aujourd'hui la collection?

Un embryon de réponse est avancé par Toma Muteba Luntumbue, commissaire invité, historien disert et cultivé suggérant le dialogue et non l’esthétisme, refusant l’idée du Las Vegas culturel (comme, selon lui, le nouveau Musée des Arts Premiers à Paris) et prônant l’idée d’un musée, lieu de rencontre, de mémoire, de confrontation.

Pour ce faire, 8 artistes contemporains, parmi lesquels 4 belges, ont été invités à mêler leurs oeuvres aux trésors du Musée.

A l’intersection entre l’art ancien et l’art contemporain, un petit train électrique tournant fou - et prêté par Jan Hoet! - emporte les noirs vers leur destin. Embarquement immédiat...

Ici Edith Dekyndt présente une vidéo où apparaissent différents épidermes, du plus clair au plus foncé.

Là, Johan Muyle propose une série de sculptures faites avec des matériaux de récupération ramassés lors d’un séjour épique à Kinshasa.

Ailleurs, les tableaux de Luc Taymans évoquant l’horreur nazie, l’histoire flamande, la maladie, sont autant de règlements de compte...

Ou encore Philippe Aguirre présente d’étranges et fascinants personnages en ciment, figés dans des postures simples.

Le voyage est virtuel. L’exposition, faut-il le dire, est dérangeante.

Un point rassurant: l’éléphant de savane, figure emblématique du Musée sera restauré !

Stephane Rey

 

 

 

Cliquez sur les miniatures pour voir les oeuvres en plein écran

 

 

 

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Carte postale 
de l'exposition

 

 

 

 

 

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Philippe Aguirre,
"De man van TARIFA"

Musée Royal de l’Afrique Centrale.13 Leuvensesteenweg. Tervueren.
Jusqu’au 24 Juin 2001.
Fermé le lundi, et les 25 décembre et 1° janvier.

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