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LA LETTRE MENSUELLE |
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Les gravures et estampes |
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Technique des estampes, gravures et autres "multiples". 4ème partie : L'impression à plat
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Les procédés à plat comprennent la lithographie, la sérigraphie, la phototypie et l'offset. Nous ne reviendrons plus sur ce dernier, sauf pour rappeler que nous avons édité une page permettant de l'identifier : offset. A part de rares épreuves originales selon ce procédé, que quelques artistes utilisent, sa valeur est quasi-nulle, et il convient de ne pas prendre des vessies pour des lanternes ! Le principe de ces techniques résident dans le fait que les parties imprimantes se trouvent dans le même plan que les éléments non imprimants (voir schéma ci-contre). Il est basé sur la répulsion réciproque de l'eau et des matières grasses -l'encre en l'occurrence. Il résulte du mode d'impression que l'on ne percevra pas la déformation en relief à l'arrière du papier comme on peut (parfois) le faire pour l'impression en relief. De même, le passage du doigt sur l'épreuve ne détecte aucun relief des tracés encrés comme c'est le cas pour les techniques de taille-douce. La cuvette est absente, et c'est un autre élément de différenciation par rapport à l'eau-forte ou autres procédés de taille-douce. Néanmoins, car rien n'est simple, il se peut que la pierre lithographique laisse une empreinte sur certaines estampes. Mais d'une part, cela est rare, et d'autre part elle sera moins marquée, moins tranchée. |
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- La lithographie. début de l'article Le support sur lequel on reporte le dessin est la pierre lithographique, un bloc de carbonate de calcium à grain très fin, soigneusement poli et nettoyé. On dessine sur ce bloc avec un élément gras, soit un crayon lithographique, soit un pinceau, une brosse, une craie,... lithographiques. La pierre retient le gras du dessin, qui est fixé par traitement chimique. On humidifie alors la pierre. Le principe est donc celui de la répulsion entre l'eau et la graisse : la pierre retient l'encre aux endroits dessinés, et la refuse aux endroits intacts, humides. La technique apparut au tout début du 19ème siècle, et l'on s'accorde à en accorder la paternité au viennois Senefelder -il est inutile donc d'acheter une lithographie du 18ème ! Elle connut un développement rapide et servit tant les intentions artistiques que les diffusions commerciales. L'affiche en est l'application la plus connue, et doit beaucoup à un artiste comme Toulouse-Lautrec, puis à nombre de créateurs Art Nouveau (Micha p ex). Les effets que permet la lithographie sont multiples : soit de grands aplats très soutenus, soit des estampes où le trait du crayon est parfaitement rendu, parfois à s'y tromper. Ainsi, nombre de hiercheuses ou de maternités d'Armand Rassenfosse reproduisent admirablement l'impression du crayonné. Pour être technique, deux moyens permettent de dissiper les doutes : le crayon s'efface à la gomme, pas l'encre -mais un dessin gommé est évidemment modifié et ceci doit être utilisé avec la plus grande circonspection ! L'autre moyen est de sortir son compte-fil : le grain de la litho est celui de la pierre qui a servi de support, alors que dans les dessins, ce sont les aspérités du papier qui retiennent les particules de la mine. Le papier est plus lisse en lithographie. Vous pouvez voir une litho de Rops sur notre site : la Bataille de Waterloo, aux petites annonces, section lithographies. Elle est rare en ces deux couleurs, et décrite ainsi dans Exsteens. Deux autres lithographies du même sur le site du Musée de Namur. Trois autres oeuvres, dont une de Toulouse Lautrec, sur le site de culture.fr. Une litho "en manière noire" de Edmond Tudot. Une autre de Miro, célèbrissime adepte de cette technique dont il n'hésite d'ailleurs pas à produire en abondance. Enfin, si vous souhaitez connaître quelques prix pour des artistes français, voyez sur artcult. En Belgique, outre Rops dans ses premières années surtout, on connaît Alechinsky (de 10.000 à 100.000 FB - 250 à 2.500 euro), Corneille (le plus souvent vers 25.000 FB - ca 600 euro), mais aussi bien sûr Delvaux, Magritte, van de Woestijne : voyez leur fiche sur le site.
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- La sérigraphie début de l'article La sérigraphie est une technique du 20ème siècle ; elle ne fit réellement son apparition en Europe qu'après la seconde Guerre mondiale. Elle est utilisée par certains artistes, mais sert aussi à décorer T-shirts, auto-collants, plaques de signalisation,... Tapez le mot sur google.com pour vous rendre compte. Elle permet d'importants (d'infinis !) tirages. Son nom ne vient pas de ce caractère "sériel", mais du latin "sericum" qui signifie "soie". Son principe est celui du pochoir. Elle utilise un tamis, un écran ("screen") de soie où les parties qui ne doivent pas être colorées sont recouvertes de colle à l'eau. On passe la peinture sur l'écran à l'aide d'une raclette, et elle traversera l'écran aux endroits non obturés, soit ceux qui représentent le motif en couleur. L'encre va se déposer sur le support qui se trouve juste en-dessous. Il ne s'agit donc pas de gravure, puisqu'il n'y a pas d'entaille, mais pas non plus d'estampe au sens strict, puisqu'il n'y a pas contact entre le support du motif et l'oeuvre. En aucun cas donc, on ne remarquera de cuvette. Les encres sont épaisses, et ont un certain relief, pour ne pas dire une certaine épaisseur. Pour voir quelques exemples : Vasarely nous avions un lien : mort, Warhol (ses oeuvres sont soigneusement protégées !). Une exposition était suggérée sur le site du Mamac de Liège : Thierry Weisel, mais le lien est également mort...
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- Les phototypes. début de l'article Nous avons hésité à inclure la description de ce procédé, tant il est rare. Il est fondé sur l'insolation d'une couche de gélatine contenant un sel de chrome, à travers un négatif photographique. Sous l'effet de la lumière reçue -et donc selon le motif- les grains de gélatine perdent la capacité à se gonfler à l'eau froide. Ces zones éclairées retiennent l'encre grasse et refusent l'eau ; les zones non-éclairées à l'inverse refusent l'encre. On tire alors de la même manière que pour la lithographie, avec un nombre d'exemplaires limités à 2.000 environ. Cette technique est surtout destinée à reproduire des chefs-d'oeuvre, du fait de sa qualité exceptionnelle. Mais elle a peu de représentants en estampes d'art. Néanmoins, il existe un site qui est consacré à cette technique et elle y est parfaitement décrite : celui de M. Michel Momal.
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- En conclusion début de l'article La lithographie est certainement une technique de grande diffusion des oeuvres. Elle a connu des heures de gloire, surtout avec l'affiche Art Nouveau. Et maints artistes la pratiquent encore avec réussite, car elle permet une grande multitude d'effets proches du dessin ou de l'oeuvre picturale. Tout à fait subjectivement, nous la trouvons moins "expressive", ou d'une expressivité moins riche que les techniques à l'eau-forte. Mais il se trouvera une foule d'amateurs pour nous contredire. Le mois prochain, nous conclurons cette série d'articles par un tableau synoptique des caractères permettant de différencier les divers techniques, et par une page de bibliographie relative aux estampes et gravures. MdR |
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