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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de Stephane REY. Décembre 2000 . |
| 1. "Giacometti... Incontournable" |
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L Présentée en partenariat avec la Fondation Maeght de Saint Paul de Vence (avant Zurich et avant New York) l’exposition s’attache à faire mieux connaître l’oeuvre de l’artiste, estimé par certains comme un des ténors de l’art du XX°, perpétuellement, désespérément en quête de l’identité de l’être... Il était né en 1901 dans le canton suisse des Grisons. Il y est mort en 1966 après avoir travaillé de nombreuses années à Paris. Après avoir traversé une période cubiste puis une période surréaliste avant de revenir au modèle. L’artiste est essentiellement connu pour ses sculptures longilignes, économes, fragiles, étirant leurs formes jusqu’au décharnement squelettique, les réduisant au minimum mais aussi à l’essentiel. Que ses personnages grandeur nature soient plantés sur des pieds trop grands ou que ses figurines de petit format semblent difficiles à ajuster dans l’espace, on ne peut leur dénier une émotion intense comme s’ils portaient sur leurs frêles épaules le poids d’un monde que l’artiste traversa en doutant. Impressionnant de tristesse, de force et de rigueur "L’homme qui marche" mène la danse, si l’on peut dire et l’on songe à la réflexion de l’artiste justifiant l’air malingre de son personnage : "avez-vous remarqué comme un homme qui marche n’a pas de poids ?..." A ses côtés, des groupes de petits personnages dépouillés, à la tête minuscule croisent des figurines marchant sans se voir, sans se regarder. Sa "Forêt", sa "Clairière" sont plantées de femmes hiératiques. Diego, le frère omniprésent est toujours recommencé. Parfois un chat, un chien faméliques passent... Leur ventre est si creux qu’on se demande comment ils ont encore la force de ramper. De toutes ces oeuvres oscillant entre abstraction et figuration émane une déchirante tristesse dont on ne peut nier la fascination. Mais Giacometti n’était pas que sculpteur. On ne peut oublier ni ses peintures, ni ses gravures, ni ses dessins ici largement représentés et témoignant d’une maîtrise qui force l’admiration. Ses portraits dont celui de sa mère et celui de Marguerite Maeght esquissent en quelques coups incisifs un visage, des mains, une présence écrasante. Pour réaliser des portraits, on dit que l’artiste n’utilisait que trois pinceaux. Deux minces et un autre plus long avec une pointe plus épaisse " pour définir l’espace situé derrière et autour de la tête, tracent les contours des épaules et des bras... ". Ses dessins sont à la fois si légers et si puissants qu’ils semblent surgir de la blancheur de papier. Il suffit de quelques traits de crayon "d’une infaillible précision" pour tracer une chaise, une théière, une étude de pommes, un personnage. "Il n’y a que le dessin qui compte", affirmait Giacometti, qui dessinait partout et tout le temps. Quant à ses gravures ( parmi lesquelles les planches de "Paris sans fin") elles attestent de la sûreté du geste de l’artiste dans une discipline où la marche arrière est impossible. Dans la verrière de l’Orangerie éclaboussée de lumière, on pourra porter un autre regard sur l’artiste au travers de nombreuses photos évoquant son parcours. Enfin, pour couronner l’évènement, signalons la sortie de presse d’un bel ouvrage catalogue abondamment illustré édité par le domaine du Château de Seneffe et diffusé par la Renaissance du Livre. Stephane Rey |
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Plaquette de l'exposition
Le chat
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| Château de Seneffe. | |
| Jusqu’au 15 Janvier 2001. | |
| Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Le jeudi de 10h à 21h |
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