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LA LETTRE MENSUELLE |
| La chronique de Stephane REY. Octobre 2000 . |
| 2. Dynamic City |
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O Le sujet n’est pas nouveau. Disons qu’il interpelle d’avantage aujourd'hui qu’hier et pour cause. La circulation commande la ville. Elle ne sera bientôt plus que de grands axes "venant d’on ne sait où et se perdant à l’infini". Le mythe de la vitesse alimenté par les progrès de l’automobile, de l’aviation, du design aérodynamique a tellement hanté le XX° siècle que l’automobile a
asphyxié les centres urbains au point d’attenter à la qualité de la vie. Le temps est venu de se pencher sur le problème. Le XXI° siècle va-t-il sombrer dans un lent engorgement urbanistique ou inventer un nouvel art de se déplacer ? C’est tout le mérite de Dynamic city, qui porte bien son nom, de tracer des voies nouvelles en stimulant l’imagination. L’exposition est articulée sur 3 axes bien distincts: le point de vue des artistes. Celui d’un urbanisme rejetant toute idée de voiture. Celui des inventions en matière de déplacement. Tout cela donne l’occasion de suivre, à sa guise, l’itinéraire peu banal concocté par les concepteurs de l’exposition. Sur 860m2 d’espaces répartis en différentes salles "spotées" d’halogènes et équipées de centaines de mètres de cimaises, le visiteur basculera dans un autre monde. Il faudra qu’il s’accroche
parce qu’il n’est pas habituel de faire se croiser des univers aussi différents : celui des promeneurs, des amoureux, des sans abris, des "guerriers urbains" taggeurs et tatoués de tous poils, des "buggy Rollin" des bicyclettes démontables, des mini voitures dont les roues se replient sous l’habitacle pour se mieux garer, des petits tramways urbains. Le spectacle est détonant et instructif. Marcel Louis Baugniet crée des costumes pour "Les lettres dansantes" de Schumann interprétées par Akarova. Luc Schuiten dessine le même coin de rue de 50 en 50 ans. Sonia Delaunay conçoit des "tissus simultanés". Les "domobiles" (nouveau type de voiture tout en rond et en spirale) s’empilent. Les ponts enjambent. Les villes se transforment en cybercities. Les voitures se garent dans les appartements. La mode change pour donner au corps toute la liberté de mouvement. L’expo amuse, étonne, fait réfléchir à ce XXI° siècle qui pourrait avoir un goût de fraîcheur pour autant qu’on dise: "Stop au confinement dans la voiture, le bureau, la niche capitonnée. On revendique le droit à la bougeotte, à sortir et rentrer comme on respire et à respirer sans s’empoisonner". On peut toujours rêver... Stephane Rey |
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| Fondation pour l’Architecture. 55 rue de l’Ermitage. 1050 Bruxelles. | ||
| Jusqu’au 15 octobre 2000. Tous les jours sauf le lundi de 10h30 à 18h30. | ||
| Tel. 02/ 644.91.52. |
© Copyright 2000 Mémoires et Stephane Rey.
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