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LA LETTRE MENSUELLE |
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Bruxelles, Grand-Place, le temps suspendu... Octobre 2001 Les peintres du silence. |
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Alors que le vacarme de la haine et de la hargne ne nous est pas épargné une seconde, il est urgent de retrouver une apaisante sérénité en visitant l'exposition que nous propose la Ville de Bruxelles via son Service de la Culture : "Les peintres du silence". La plaquette qui annonce l'exposition parle à juste titre d'une sensation de temps suspendu. Le choix des oeuvres illustre parfaitement ce sentiment. Huit artistes nous sont proposés, dont plusieurs comptent parmi les plus grands noms du Symbolisme belge. Même si les oeuvres ne sont pas les fleurons de ce mouvement, toutes participent de la volonté de "capter" une atmosphère, la matérialité sacralisée d'un instant, d'un lieu, d'un objet. Qu'il s'agisse de paysages -qui sont nombreux- ou d'une bouteille, d'une fenêtre, tous respirent cette quête de la quintessence de notre quotidienneté, magnifiée, sublimée. Nous avons retrouvé avec un plaisir indicible certains dessins de Xavier Mellery qui étaient exposés début des années '90 à ce qui était encore le Crédit Communal ("Fin de siècle"). Ils ne cessent de nous émerveiller par le rendu des lumières auquel l'artiste parvient par les seuls crayon ou craie. Rappelons qu'il fut le maître en peinture de Fernand Khnopff. La plupart des oeuvres sont réalisées avec ces techniques du crayon, de la craie, du fusain, du pastel, parfois de l'aquarelle ; et souvent en de savantes et chaleureuses associations en mixité des techniques. Ainsi, Philippe Derchain, Maurice Pirenne ou Georges Le Brun, de cette école verviétoise intimiste dont on n'a pas encore assez dit toute la valeur artistique et mystique. Le thème de la fenêtre, du rayon de soleil qui vient illuminer une cafetière, un vase... est récurrent. Il est symbole, indéniablement. Il n'y a aucun personnage représenté, mais on les sait vivre là, et plus qu'une absence, c'est leur impalpable présence que l'on ressent. De Spilliaert, on est toujours surpris de la modernité de ses aplats qui nous aspirent vers cette Mer du Nord : angoisse et attirance toujours. Mais on nous présente de lui aussi de simples vases qui acquièrent la vie que Cézanne donnait aux pommes. Khnopff est présent uniquement à travers des paysages. Mais comme ceux d'Auguste Donnay, le liégeois, ils sont plus que le réel qui leur sert de substrat, ils sont "transcendés" par la vision du peintre, ils nous parlent de Verhaeren et nous laissent parler. Les vues de Donnay sont plus synthétiques, construites, avec de subtiles associations de pastel. Et William Degouves de Nuncques nous rappelle combien le Surréalisme est fille du Symbolisme. Voyez "Le lac de Côme", camaïeu de bleu que vient ponctuer une petite maison dans le fond, voyez son "Effet de nuit" ou son "Parc de Milan" : l'étrangeté se lie avec une parfaite harmonie de la construction. Et comble du bonheur, le Kröller Museum a accepté de prêter "La maison aveugle" qui a sans aucun doute possible inspiré Magritte pour "L'empire des lumières". En conclusion, si l'exposition compte peu d'oeuvres majeures, elle apporte une vision inédite sur le Symbolisme belge, et son cousin l'Intimisme. L'unicité de la thématique ajoute au charme et à l'intérêt. Je la recommande sans hésiter. Un catalogue est édité, en vente à l'expo : 1.250 FB. E. Mons delle Roche |
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sur les Fernand Khnopff Xavier Mellery Léon Spilliaert
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Hôtel de Ville de Bruxelles, Grand-Place - 1000 Bruxelles. |
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Ouvert tous les jours sauf lundi, de 11 à 18h (19h le jeudi). |
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| Exposition accessible jusqu'au 18 novembre 2001. |
Copyright © 2001 Mémoires, Emmanuel
Mons delle Roche.
Crédits photos indiqués sous les oeuvres en grand format.
Tous droits réservés.
Lien utile :
Rétrospective Fernand Khnopff 2004,
sur notre site.
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