LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane Rey et Colette Bertot.   Septembre 2001 
1. Abstraction et art précolombien, Marthe Wéry, Li Yuan-Chia
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Trois expositions se chevauchent actuellement au Palais des Beaux Arts de Bruxelles, avec pour unique lien, l'abstraction, ce mot fourre-tout mais qui revêt ici un caractère commun, celui de la projection du monde intérieur de l'artiste sur différents supports. Toutes trois, dans des mesures diverses méritent l'attention.

Parce que nous sommes un peu chauvins, nous entamerons notre chronique avec Marthe Wéry, artiste bien de chez nous qui travaille depuis belle lurette et nous gratifia déjà, dans les années 60, de peintures abstraites géométriques de type constructiviste, puis qui (sous l'influence de l'américain Pollock entr'autres) abandonna la composition " pour structurer la surface dans sa totalité". 
Viennent ensuite les travaux lignés sur toile puis sur papier ( qu'elle fabrique d'ailleurs elle-même ) le couvrant de mystérieuses hachures et de fascinantes écritures. 

A Venise en 1982, la Biennale voit exploser la couleur chez une artiste jusque là vouée à l'austérité des noirs sur fond blanc. Dans les années 90, Marthe Wéry continue sa progression vers la liberté, la sensualité des couleurs et des supports. Depuis quelques années, elle n'y va pas par le dos de la cuiller et se fait plaisir en trempant ses panneaux dans des bacs où elle fait joyeusement couler la peinture jouant de sa transparence, de son opacité, de sa liquidité... 

Parfois les oeuvres sont spécialement créées pour un lieu bien déterminé. Ce fut le cas pour l'abbaye de Tournus, il y a quelques années. C'est aujourd'hui le cas du Palais des Beaux-Arts où une série de grandes peintures colorées ont été réalisées pour la circonstance et s'étirent, avec éclairage zénithal, sur les 30 mètres du bâtiment Horta. On l'aura compris, l'exposition a pour ambition de montrer les étapes et l'ampleur de travail de l'artiste.

Par ailleurs et dans la ligne de ce que fut la belle exposition Borderline en 2000, le visiteur aura l'occasion de découvrir, sous l'intitulé "abstraction et art précolombien" les pratiques artistiques amérindiennes usant du textile, un art à part entière trop souvent relégué au rang de métier...

 Stricte géométrie et couleurs vives évoquent ici un art abstrait ô combien antérieur au modernisme occidental. Quelques confrontations avec des travaux de Paul Klee, Barnet Newman, Adolf Gottlieb et bien d'autres prouvent combien les artistes contemporains ont trouvé dans l'art précolombien une inépuisable source d'inspiration.

Li Yuan Chia constitue le troisième volet de ce panorama international. Ce pionnier de l'art abstrait chinois, mort en 1994, fondateur du LYC Museum dans son domicile personnel où il aida et reçut de nombreux artistes, a centré son oeuvre sur la notion de "point cosmique" tout en faisant la part belle au quotidien. De ses premières peintures à l'encre sur rouleau jusqu'aux reliefs sculptés, toutes les activités créatrices de l'artiste sont ici rassemblées.

Stephane Rey,    
Colette Bertot    
 

 

 

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Pour Marthe Wéry,
voyez aussi 
l'article de Fr. Bernardi,
illustré

 

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Légendes sous les photos
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Palais des Beaux Arts. 10 rue Royale. Bruxelles. 
Tous les jours de 10h à 18h. Le vendredi jusqu'à 20h.
Exposition accessible jusqu’au 16 septembre 2001.

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