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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise BERNARDI. Août 2001 1. Marthe WERY à Bruxelles : couleur, espace et vie. |
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Pendant tout l’été, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles met à l’honneur la peintre belge Marthe Wéry (Bruxelles, 1930). Il ne s’agit pas d’une rétrospective mais plutôt d’un parcours au travers des différentes facettes de l’artiste depuis plus de trente ans. Si une grande partie de l’exposition est consacrée à ses récentes créations, ses compositions sur papier ou ses oeuvres construites témoignent des différentes voies prises par l’artiste au fil des ans. Le papier
fut longtemps utilisé par Marthe
Wéry
qui en 1975 en fait son support privilégié. Elle élargit sa réflexion
artistique et réalise de véritables installations à partir de ces feuilles
empilées sur une table ou à même le sol, adossées contre un mur. Le gris, le
blanc et un jeu de lignes verticales ou horizontales rythment ces compositions
jusqu’au début des années 80, date à laquelle elle retrouve la toile et les
pigments. Dès lors, Marthe
Wéry, qui créait déjà l’espace
avec ses installations, décide de le structurer à partir de la couleur. Ses
compositions construites et géométriques font place à de grands
monochromes. Le rapport à
l’architecture, la confrontation des couleurs devient le principal axe de
réflexion de l’artiste. Elle travaille à partir des interdépendances entre le
tableau (intérieur) et l’architecture, le lieu d’exposition (extérieur). Cette
orientation se trouve influencée par les abstraits américains tels que Rothko,
Kelly, Noland et Newman et surtout les écrits de Wladyslaw Strzeminski qui définit
un tableau par rapport à l’espace qui l’entoure. Ce qui devient important c’est
la peinture, la couleur qui ne doit rien exprimer de spécifique puisqu’elle
existe en soi. Ses récentes peintures ont été tout spécialement conçues pour cette
exposition. Marthe Wéry y aborde différentes questions : comment
réagissent les couleurs quand elles sont confrontées à d’autres, comment
s’inscrivent-elles dans un espace déterminé ? Ses dernières peintures sont
un travail à partir des palettes de deux tableaux du maniériste florentin Jacopo Pontormo (1494-1556): Portrait d’Amerigo Antonori
et Les pèlerins d’Emmaüs. Il aura
fallu de nombreuses années avant de voir apparaître la couleur dans l’oeuvre de
Marthe Wéry, cette nouvelle étape dans son art n’est
pas un aboutissement mais l’ouverture de nouvelles voies, c’est une réflexion
toujours plus avancée autour de la peinture. A partir de 1995, Marthe
Wéry abandonne pinceau
et rouleau pour laisser la peinture se répandre sur le toile. Elle laisse vivre cette couleur, lui fait
confiance et lui permet d’être pleinement. A la perfection de ses oeuvres géométriques
ou mêmes ses compositions abstraites, minimalistes et monochromes, elle préfère
l’accident, la vie, l’imperfection d’où une nouvelle peinture surgit. C’est la
vie qui prend le dessus avec tout ce qu’elle peut comporter d’aléatoire.
Peinture et support doivent faire corps, il n’y a pas de dissociation, il faut
qu’il se trouvent et se mêlent. Cette démarche marque la volonté de retrouver
la surface du tableau où la peinture s’imprègne et trouve sa propre place. Marthe Wéry a abordé deux grands axes du courant abstrait qui témoigne de sa réflexion sur les formes et les couleurs. A ses peintures géométriques du début succèdent de grands monochromes qui peuvent être perçus comme une véritable expérimentation sur les couleurs. Après avoir basé sur réflexion sur l’organisation interne d’un tableau, elle s’est orientée vers une étude des couleurs mises en tension dans un espace déterminé.
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| Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Rue Ravenstein, 23 – Bruxelles. |
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Exposition accessible jusqu’au 09
septembre 2001. Tous les jours de 10 à 18h et vendredi jusque 20h. |
| Tél.: 02.507 84 80 |
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Françoise Bernardi et Philippe De Gobert.
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