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LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique de Vera Lewijse. Janvier 2003 Marie Madeleine pêcheresse, du Moyen-Age à nos jours : au Musée des Beaux-Arts de Gand. |
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; L'exposition comporte trois volets. Le premier volet nous dévoile la présentation iconographique de Marie Madeleine à partir de ca. 1300 jusqu'à nos jours, à travers l'œuvre notamment de Jan Gossaert (ca.1478-1532), Daniël Seghers (1590-1661), ou Luca Gordiano (1634-1705). Quelques miniatures extraordinaires dont la plus ancienne date de 1280, d'un superbe bleu tellement typique, des parchemins du Moyen-Age tardif -et le plus jeune date du début quatorzième siècle- donnent le ton à cette visite. Il est intéressant de s'imaginer à côté de la sculpture brabançonne de Jan Borman, (ca 1490-1500) présentée ici, la Marie Madeleine de Donatello (ca.1454). La petite sainte de Borman, qui faisait partie à l’origine d'un groupe de statuettes, nous donne une image charmante, séduisante et pleine de grâce, tandis que la sculpture de Donatello nous émeut par son expression de culpabilité et de désespoir. L'image de Marie-Madeleine que nous montre cette époque est très attentive au détail de la toilette et de la chevelure, et rayonne surtout la spiritualité et la contemplation. Plongée dans une absence spirituelle, elle vit dans son monde à elle, languissant de l'amour céleste. L'ambiguïté entre la beauté féminine et la détresse de la pénitente ascétique est typique de l'iconographie de cette période. Elle est à la base d'une représentation qui unit la sensualité et la contemplation, et souligne la vanité de l'existence. Le deuxième volet -19ème début 20ème- est indubitablement le plus ravissant de cet événement : il nous montre l'émancipation du contexte dévotionnel. Les traditionnelles conventions visuelles, à savoir la symbolique coiffure à bandeau et les attributs de vanitas servent alors à révéler une mélancolie chargée d'érotisme et de sensualité sous-jacents. Les grandes maîtres, e.a. Ferdinand De Braeckeleer (1792-1883), François-Joseph Navez (1787-1869), Jean-jacques Henner (1829-1905), James Ensor (1860-1949), Félicien Rops (1833-1898), Jean Béraud (1849-1936), George Minne (1866-1941), Léon Bouvier (1865-1923), Ferdinand Khnopff (1858-1921) et Léon Spilliaert (1881-1946) nous proposent leur vision de Marie Madeleine. A
elle seule la toile d'Alfred Stevens vaut le déplacement. Alfred Stevens à créé une jeune femme de toute beauté, aux cheveux blond vénitien. La main gauche soutenant le menton, la main
droite tenant une tête de mort, elle nous regarde en face, les yeux voilés de
larmes. Dans ses lèvres humides se
répète la couleur du soleil couchant. Derrière elle, un paysage abandonné et sauvage est en contraste avec son expression
vulnérable. Impression qui est renforcée par le tissu blanc de sa jupe
fragile et la couleur charnelle de ses bras nus. L'
énorme tristesse et l'innocence de cette toile monumentale nous submergent. En même temps la sensualité de cette très
jeune femme porte en elle la féminité parfaite. Le troisième volet, moins fourni, montre Marie Madeleine comme archétype
moderne de la femme. Ainsi Kiki Smith et Berlinde de Bruyckere ont-ils une approche féminine où l'expression de la pénitence touche au côté noir de l'homme et où l'érotisme devient sexualité exubérante. Ceci aboutit à une mélancolie qui retourne à l'état sauvage. Kiki Smith née en 1954 en Allemagne est une artiste-multimedia. Elle est surtout connue pour ses sculptures de femmes monumentales. Marlene Dumas, née en 1954 en Afrique du sud (Kaapstad), a réuni dans une série d'images les différentes femmes unies en Marie Madeleine en combinaison avec des photos de Naomi Campell. Son oeuvre a une connotation fort sexuelle. Ses femmes fragiles, sous-alimentées aux canons de la mode, se situent à la marge étroite entre notre part d'humain et d'animal. Berlinde De Bruyckere né à Gand en 1964 travaille l'image et le sentiment de déchirement chez la femme contemporaine. Dualité entre mort et vie, extérieur-intérieur, amour et souffrance sont les données avec lesquelles elle lie les archétypes de nos catégories actuelles. La thématique dans l'œuvre de ces trois femmes a comme point commun la fragilité, cette exploration intérieure/extérieure et un lien profond avec la nature. Voilà une exposition intimiste où l'on peut jouir aussi bien de la sculpture, de la peinture que des oeuvres de miniaturistes du moyen age. Le troisième volet est un peu maigre après l'abondance, la richesse du deuxième, et on reste un peu sur sa faim. On voudrait en voir et en savoir plus sur l'image moderne de Madeleine. En tous cas des oeuvres captivantes qui peuvent être un point de départ pour rendre hommage à Alfred Stevens et pour visiter l'intéressante collection du Musée des Beaux-Arts de Gand. Vera Lewijse, Bibliographie
: Texte partiellement basé sur le catalogue de l'exposition. Voyez aussi Copyright © 2003 Mémoires et Vera
Lewijse. |
A. Stevens
Miniature de 1280
Georges Minne
Jan Borman
Donatello
Luca Gordiano
Kiki Smith |
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Musée des Beaux-Arts de Gand, Citadelpark, 9000
Gand. Tel.: 09.240.07.00 |
Jean Béraud |
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Du 7 décembre
2002 au 6 avril 2003. |
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| E-mail : museum.msk@gent.be | |
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