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LA LETTRE MENSUELLE |
| Guy
Campo et Vera Lewijse : rencontre. Décembre 2002 Discussion à bâtons rompus entre une Historienne d'art et le propriétaire de la plus ancienne salle de vente du pays ! |
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La troisième génération de la maison de vente
Campo & Campo (1897-2002). A.M
: Vera Lewijse pour Art-Memoires, G.C.
: Guy Campo. G.C. : Flor était très ami avec mon père, qui a donc rencontré Oscar également. Oscar, un très grand artiste, qui régulièrement devait faire parler de lui, parce qu'il n'avait qu'une petite production et qu'il ne sortait pas assez. Il n'y a pas beaucoup d'Oscar Jespers sur le marché. C'est pour cela que maintenant j'expose une vingtaine d'œuvres de lui, pour le mettre en évidence et pour montrer le talent de cet homme. L'exposition rétrospective des frères Jespers de 1996 au Hessenhuis à Anvers montrait beaucoup d'œuvres qui sont passées chez nous. A-M : A côté des
oeuvres d'Oscar Jespers vous avez actuellement une superbe exposition avec des
oeuvres des 19ème, 20ème et même 21ème siècle. Leys, Edward et Gerard Portielje
, Franz Courtens, Leon Navez, Constant
Montald, Hens, Van Mieghem, Slabbinck, Saverys Albert, Permeke, Ensor
Spilliaert, Baselitz, George Grard,
Wyckaert, Vic Gentils, Roger Somville, Bervouts, Panamarenko... Trop pour tout
mentionner. Nous sommes ici dans un
endroit magnifique, vous offrez de la qualité dans une infrastructure dont
plusieurs musées peuvent être jaloux. G.C. : En effet, en 1992 nous nous sommes installés ici. Après avoir été -pendant 80 ans! - installés au Meir 47. Les problèmes de chargement et de déchargement causés par la politique d'urbanisation, créant des piétonniers, nous rendaient impossible de rester dans le centre de la ville. Ceci était le plus grand cinéma d'Anvers, pur Art Déco, avec 998 places assises, parterre et balcon. A la réception d'ouverture en 1992 nous avions eu 1200 personnes : c'était noir de monde. A-M : C'est
énorme en effet. D'où vient votre public? G.C. : Les gens viennent de tous les coins de la Belgique. Je vois aussi régulièrement des gens venant via Art-mémoires. Notre public s'étend sur toute la Belgique et aussi internationalement. A-M : Votre grand-père, Guillaume Campo
(1880-1952) le fondateur, était-il lui-même artiste? G.C. : Non, pas du tout, simplement passionné, mordu. A 17 ans, en 1897, il a acheté sa première peinture, un Romain Steppe, et a revendu cette toile pour 2.25 F. Tout a commencé comme ça. A-M : Venant de quel
parcours? G.C. : De rien, pas de parcours, simplement de l'intérêt. A-M : Il avait des amis artistes? Est-ce qu'il était familier avec le milieu
artistique? G.C. : Non, non, pas du tout. Attention, c'est très jeune 17 ans ! A-M : Il
avait probablement un très grand don commercial, une vision commerciale. Six ans plus tard déjà, en 1906, il ouvre sa
première galerie publique dans la rue des Paroissiens à Anvers. G.C. : Et à partir de là, ça va très vite. Un certain moment il avait 7 galeries à Anvers. Oui, jusque dans les années trente c'était l'apogée du marché de l'art en Belgique. Jusqu'à ce que la crise internationale paralyse tout. A ce moment là, il a dû signer un concordat. Avec 11.000 peintures en stock ! Il ne pouvait même plus vendre la plus petite aquarelle. Il restait seulement une salle ouverte. La salle Wijnen au Meir. Le reste fut fermé. Ca c'est la crise! Aujourd'hui tout le monde dit que c'est la crise, mais tout le monde peut encore manger, faire des choses, entreprendre. A-M : Où en est-on avec
la crise ? G.C. : Les années '90 sont considérées comme des années de crise qui sont maintenant en grande partie dépassées. Cette crise était une crise de spéculation. Crée par des spéculateurs qui faisaient monter les prix. D'ailleurs ils s'en sont bien portés et ont disparu aussi vite qu'ils étaient venus. Mais les acheteurs et les marchands sont restés avec les pots casés. A-M : Y
a-t-il une
ligne directrice dans vos achats? G.C. : Non. Ce que je trouve beau, j'achète. Lithos, peintures, sculptures. A-M : Avez-vous vous
même une grande collection privée? G.C. : Non, malheureusement tout est purement affaires. Bien sur, j'ai quelques pièces au mur que j'aime beaucoup. A-M : Est-ce que vous voyez une évolution
dans le public ces derniers temps? Cela
m'a frappé qu'il y beaucoup de jeunes présent aux ventes publiques
actuellement. On se plaint que c'est
toujours la crise, mais comme vous venez
de le dire, ce n'est pas à comparer avec les années trente. C'était tout autre chose. G.C. : Oui. En plus, un vrai collectionneur continue à acheter. A-M : Le vrai collectionneur, est
naturellement en partie possédé par ce
qu'il trouve beau, mais aussi par l'instinct d'investissement? Qu'est-ce qui prime, à votre avis ? G.C. : Un collectionneur ne pense pas tout de suite à l'investissement. Si demain, je mets une pièce sur le marché, qui, disons, n'est plus apparue sur le marché depuis dix ans, il ne va pas commencer à compter. Parce qu'à ce moment là, il se dit: si je ne l'achète pas maintenant -j'ai maintenant 60 ans- alors ce n'est que dans 30 ans que cette pièce va revenir sur le marché, à ce moment là j'ai 90 ans, je n'y arrive peut-être plus. Donc ma chance c'est maintenant. Je parle seulement maintenant de pièces de très haut niveau. Des pièces moyennes, il y en a assez. On recherche la qualité et l'on continue à acheter. A-M : Quelle est l'influence d'une maison de
vente sur le marché de l'art ? G.C. : C'est le baromètre du marché de l'art. Il y a aussi beaucoup de marchands qui gardent les pièces jusque après la vente. Parce qu'alors ils savent ce que la pièce vaut aujourd'hui sur le marché de l'art. Ils attendent la réaction à la vente. A-M : Le 19ème siècle à été redécouvert, est
très à la mode, qu'en pensez-vous ? G.C. : C'est la même chose qu'avec le 18ième et le 17ième siècle. Il y a de moins en moins de bonne qualité sur le marché. A.M : Parce que la bonne qualité est déjà
dispersée dans les musées, dans les collections privées ? G.C. : Les gens qui possèdent de la qualité ne vendent pas : si aujourd'hui vous n'avez pas besoin d'argent ou de bonne raison pour vous en débarrasser, pourquoi vendriez-vous? Vous pouvez aussi bien le laisser accroché. C'est pour cela qu'il y si peu de grandes pièces qui apparaissent sur le marché. A-M : Il y a-t-il une différence entre votre
public -question d'approche de l'art- et un public de musée et en quoi
consisterait-elle ? Le public d'un musée, ce ne sont pas des investisseurs. G.C. : Mais je ne parle pas de cela non plus ! Quand vous voyez cette exposition, par exemple, c'est la qualité d'un musée. Absolument. Ce qui est agréable, c'est que quand vous venez ici en tant que visiteur de musée, vous pouvez bavarder avec mon personnel, vous pouvez demander une explication au sujet d'un artiste, on vous donne un livre à consulter si vous voulez, vous pouvez vous asseoir à votre aise et prendre votre temps. Cette attention personnelle, on ne peut pas vous la donner dans un musée. Nous pouvons ici plus facilement être en contact avec le visiteur. L'avantage par rapport à un musée, c'est que si quelque chose vous plaît, vous pouvez l'acheter. Je veux dire, si vous voyez quelque chose dans un musée et vous dites "Oh je trouve cela beau, je veux le voir accroché chez moi", même si vous avez l'argent, vous ne pouvez quand même pas l'acheter. Ici oui, vous pouvez : si quelque chose vous plaît, vous avez la possibilité de l'emporter chez vous. A-M : Mais le seuil
entre les deux sera évidemment grand. Parce que les gens moyens qui
s'intéressent à l'art ou qui ne sont pas directement à la recherche d'une pièce
à acheter, ils vont avoir peur d'entrer ici. G.C. : Je suis d'un tempérament ouvert. La peur d'entrer existe toujours, malheureusement. Les gens ici sont les bienvenus, ils peuvent se promener comme ils veulent, autant qu'ils veulent, cela ne leur coûte rien, pas d'entrée, pas un franc, je ne crée aucune difficulté. Ils sont reçus avec le sourire, ils reçoivent des informations s'ils veulent demander quelque chose de spécifique par exemple maintenant, au sujet de cette exposition. Nous pouvons chercher des livres et leur dire : regardez, ici vous pouvez trouver des informations complémentaires. Comme cela, vous pouvez mieux voir l'œuvre d'un artiste. Asseyez-vous, faites... Et pourtant, les gens ont, comme vous dites, la peur du seuil, cela nous ne pouvons jamais leur enlever. A-M : Je crois que cela est en rapport avec l'image
d'une galerie. Par exemple vous, vous avez grande réputation et les gens pensent:
ouille, cela n'est pas pour moi. G.C. : Je vais vous dire, honnêtement: les gens entrent ici et me voient, j'ai trente-huit ans, avec presque vingt ans dans la branche, je suis assez communicatif, je ne me crois pas plus grand que je ne suis, je veux dire, je ne suis pas un grand expert, je suis un connaisseur qui est depuis vingt ans sur le marché et qui s'occupe chaque jour d'art. J'ai appris énormément dans tous les domaines, j'apprends encore chaque jour et cela n'arrête jamais. Par exemple ce matin, deux personnes sont entrées ici avec des photos : prendre son temps pour eux, rester humain, lâcher une blague, manière de dire. Je me présente : je m'appelle Guy (c'est beaucoup plus facile), nous nous sommes tranquillement assis. Je veux dire, ce seuil dont on parle... Oui, mais une fois qu'ils sont à l'intérieur, et demandent eux-mêmes quelque chose, il n'y a plus de seuil, le tout c'est de faire le premier pas. Je dis toujours à mes collègues: quelqu'un entre ici, allez dire bonjour, s'ils ont besoin de plus d'information, demandez le, venez vous asseoir à mon bureau (espace ouvert au milieu de l'espace d'exposition), la glace est brisée. Sinon, ils tournent en rond et n'osent pas vous déranger parce que vous êtes très occupé. Mais dérangez-nous, nous sommes là pour cela. A.M.: C'est une belle
idée, un bon point de vue. G.C. : Le service est notre fleuron, notre étendard. Malheureusement, d'une certaine manière je dois dire, cela me coûte également beaucoup de temps et d'énergie, donc d'argent. Mais nous existons depuis cent cinq ans. Nous sommes la plus ancienne maison de Belgique. A-M : Vous répondez en
partie à une question que je voulais poser: en tant que l'unique galerie de
cent cinq ans en Belgique, quels sont les points forts de votre gestion ? Le
service vient avant tout ? G.C. : Le service vis-à-vis du client, ne l'oubliez pas, je mène cette affaire: commercial. Mais en dehors de l'aspect commercial, nous voyons aussi l'aspect artistique: aider les gens avec de petites choses. Quelqu'un vient ici avec une petite peinture. Que fait-on avec cela ? De quoi s'agit-il ? Ces gens veulent l'assurer, quelle en est la valeur ? Alors je l'examine. Faire des papiers d'assurance, cela je peux le faire, cela ne pose aucun problème. Je peux en faire une photo, la scanner, etc. Je dois compter un minimum de frais. Je ne travaille pas avec des pourcentages, je travaille avec un prix fixe, même si je dois me déplacer à l'autre bout de la Belgique, je vais aussi faire des expertises chez le client à la maison. Je veux aider les gens qui ont des problèmes, avec le stockage, comment dois-je conserver ceci dans quelles conditions, tout cela je veux solutionner. Dernièrement je suis allé chez un vieux client de mon père qui a, il y a 20-25 ans beaucoup acheté, mais qui n'a ces dernières quinze années plus rien acheté. En tant que Guy Campo cela ne m'a rien rapporté. J'arrive chez ce client et je vois une peinture, une très belle pièce. Mais je dis à ces gens: mais vous n'en avez rien, vous ne pouvez quand même pas la regarder, elle est tellement sale que vous ne pouvez en avoir aucun plaisir. La prochaine fois que vous venez à Anvers, emportez la dans votre voiture, amenez-la moi et je l'arrange complètement. Vous revenez deux heures après et elle est nettoyée. A-M : Vous faites cela
ici même ? G.C. : Oui. C'est un service pour les vieux clients, on résout les petits problèmes, nettoyer, revernir, retendre. Nous faisons la restauration nous-mêmes aussi. Mon père n'est plus dans l'affaire mais il travaille encore avec nous, restauration, entretien de peintures, il aime beaucoup le faire. Il est encore toujours présent. Nous essayons d'aider nos clients. Pour les restaurations plus graves, nous avons nos restaurateurs. A-M : Avez-vous tout appris par la pratique ? G.C. : Par les circonstances familiales. Oui, reçu avec le lait maternel. Vous ne devez pas oublier: quand j'entendais dans le temps mon père se lamenter, à table, au sujet de l'affaire... on apprend, hein, et quand j'étais petit et que j'accompagnais mon père en visite chez des clients... on en apprend beaucoup. Vous pouvez étudier, mais alors vous avez la théorie, et rien que la théorie, et avec la théorie vous n'êtes rien. Vous pouvez par exemple tirer une belle ligne chronologique au sujet de la vie d'un peintre: de telle année à telle année il est allé là, il a vécu au deuxième étage de cette maison cette année là, avec telle ou telle femme il a fait cela, mais quand on vous met sous le nez une peinture, savoir qu'elle soit de lui ou pas, et alors uniquement réagir en termes de théorie, cela vous ne pouvez pas l'apprendre, pour cela vous avez besoin de l'expérience. Attention, quand on me met une peinture de Van Dyck sous le nez et qu'elle ne se trouve pas dans les livres, alors je ne connais pas cela non plus. Le dix-septième siècle n'est pas notre spécialité. Chez nous, c'est le dix-neuvième, le vingtième et l'art contemporain. Ce qui est plus vieux, si c'est de qualité, oui, vous le voyez tout de suite et nous avons bien une idée, mais pour ce qui est plus vieux, j'ai des collaborateurs, des experts. J'en ai aussi pour les porcelaines, les meubles, tout ce que vous voulez. A chaque domaine ses experts. Je peux donner mon opinion, mais pour ce qui est de grande qualité, je demande l'avis de mes collaborateurs qui sont spécialisés dans ce domaine. A-M : Y a-t-il momentanément une préférence du
public pour une période donnée, des pièces données? G.C. : Non, cela concerne toujours la qualité. Du 16° au 21° siècle, cela concerne toujours la qualité. La qualité pure. A-M : Mais la qualité
de noms connus ou de noms moins connus ? G.C. : Evidemment, moins l'artiste est connu au plus c'est difficile, ce qui ne veut pas dire qu'une toile d'un peintre inconnu ne va pas faire de l'argent, mais cela ne montera jamais aussi haut. Quand vous voyez que vous avez des amateurs qui laissent aller une peinture à 20.000/30.000 fr., disons 550 Euros, cela ne va jamais monter à 10.000 Euros. A-M : C'est parfois étonnant comme certaines choses
montent peu. Et pourtant des
peintres avec un nom. G.C. : Oh oui. J'essaie toujours de dire aux gens de mon âge: plutôt que d'offrir à votre fille ou votre fils un poster encadré qui coûte aussi 250 euros, venez acheter à la galerie une litho originale qui encadrée va peut-être coûter 300 euros, peut-être moins, mais vous aurez une oeuvre originale. A-M : Ce qui m'a aussi frappé en ce qui concerne
les meubles, c'est que de bons vieux meubles solides ne montent pas haut dans
une vente, et qu'en comparaison les prix de Ikea, par exemple, sont plus élevés
et, dans ce cas il est clair où on peut attendre la qualité. G.C. : D'ailleurs, j'ai moi aussi personnellement un buffet 18° siècle et une table du 17°, cela apporte quelque chose dans votre maison. A-M : Oui, cela a une âme, cela vit. L'art moderne, comment se comporte-t-il ? Le
20° siècle, l'art contemporain ? G.C. : Les artistes qui ont un nom et de la réputation, ce n'est pas trop difficile. Le problème c'est que l'artiste contemporain est encore en pleine production. Il a des pièces dans des expositions, et là il s'agit de ce que le public veut donner pour cela. Difficile à estimer. A.M.: Le public ne comprend pas facilement l'art contemporain. Qu'en pensez-vous ? G.C. : Cela dépend de nouveau... s'il s'agit d'art conceptuel..., si cela reste dans les normes de l'abstrait ou du figuratif... si cela reste dans des normes je dirais durables, il n'y a pas de problème. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. J'ai ici devant nous le travail de Gis de Mayer, c'est très apprécié et cela se vend comme des petits pains. A-M : Mais la tendance
dans l'art moderne est que beaucoup de ce qui est produit n'entrera pas dans
l'Histoire comme ce qui est ici accroché à vos murs. G.C.
: Finalement ce sont toutes des
pièces de musée- elles le sont devenues- de telle manière que l'œuvre possède
une particularité propre qui a su vaincre le temps, la "qualité", le
mot qui est le fil rouge dans notre collection. A-M : Pensez-vous qu'il existe un problème de par
l'extension de la C.E.E., le nombre de salles de vente, la place des salles de
vente belges sur le marché ? G.C. : Absolument pas. Nous avons un riche marché de l'art. Savez-vous que nous sommes le seul pays qu'autant de salles de vente étrangères sont occupées à exploiter, à sucer. A-M : Que voulez-vous dire ? G.C. : POMPER. Vider. Cela signifie accepter des pièces pour les mettre en vente à l'étranger. Sotheby's, Christie's, Bonhams, nommez ! Dix-sept différentes dans un seul petit pays. Nous avons en Belgique d'invraisemblables collections. Des gens invraisemblables qui collectionnent. Vous ne trouverez pas cela facilement ailleurs. A-M : Pensez-vous que la Belgique occupe en ce domaine une position particulière ? G.C. : J'en suis certain à 100 %. Depuis tout petits, nous sommes endoctrinés dans l'art. On remarque encore toujours l'influence de l'Ecole Flamande. J'organise une triennale de la sculpture. 80 sculpteurs, 320 pièces tous les trois ans. Qui peut faire cela? Quel pays? A-M : Finalement, vous êtes un musée vivant où
les pièces n'atterrissent pas dans les réserves dés qu'elles sont achetées.
C'est en fait un musée qui se renouvelle sans arrêt. G.C. : Chaque vente apporte avec elle sa propre collection "de musée", de moins grandes et de grandes collections, mais quand on va dans les caves des musées, on rencontre également des "petites" pièces qu'ils ont reçues. A-M : Mais qui restent dans la cave. Présentes de
manière passive. G.C. : Si je pouvais seulement faire des ventes de 850 pièces de haut niveau chaque fois, cinq fois par an, cela serait naturellement le plus agréable. Mais alors je ne serais pas une véritable salle de vente. Une salle de vente est faite de tout ce que vous pouvez trouver, des petits dessins à 10.000frs.-250 euros-. Quelque chose de beau, quelque chose d'agréable, quelque chose de simple. Dont vous dites: pour MOI cela vaut ça. Je veux avoir cela chez moi et en profiter chaque jour. Quand vous êtes une galerie avec des pièces au delà du million (25.000 euros), c'est bel et bien. Mais l'une dans l'autre, de grande à petite, c'est une vraie salle de vente, où chacun peut trouver quelque chose. Chez nous tout provient de particuliers. Ce qui veut dire que moi-même je n'achète pas pour mes ventes, ce qui est très important car sinon vous ne pouvez pas défendre convenablement la marchandise. A-M : Pour éviter le
mélange des intérêts et garder l'objectivité ? G.C. : Voilà. Je ne travaille pas avec des commerçants, c'est-à-dire je ne travaille pas pour avoir une grosse vente... Oh non, je ne vais pas appeler un tel ou un tel, et apportez-moi quelque chose. Non. Je ne dirais pas qu'un commerçant n'apporte jamais une pièce. Mais ce sont des commerçants qui disent: regardez, je ne veux pas garder ceci en stock. Cela peut être quelqu'un de Knokke, La Louvière, Bruxelles ou tout ce que vous voulez. Mais cela représente moins de 5 %. Tout vient de particuliers, et c'est pourquoi c'est un travail tellement agréable. Ainsi vous voyez bien ce qui arrive sur le marché, ce n'est pas embelli, pas fleuri, c'est une vision honnête de ce qui arrive sur le marché. A.M. : J'ai trouvé notre entretien très agréable et instructif, merci. G.C.: C'est réciproque. Propos recueillis par Vera Lewijse, |
Détails
sous les **
Guillaume Campo
Triennale 2002
Galerie Campo
Vue des salles
Gis De Maeyer
Vue des salles
Vue des salles
Henri Leys
Ancienne
Galerie
Gérard Portielje
Jef van
Tuerenhout
Pour
contacter |
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Exposition à l'occasion du
105ème anniversaire de
la maison Campo, avec un hommage au sculpteur Oscar Jespers (1887-1970)
du 8 au 23 novembre 2002. |
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| L'inauguration officielle était faite par Monsieur Rik Daems. Ministre de la Télécommunication et des Entreprises et Participations publiques, chargé des Classes Moyennes. Le discours de bienvenue par le Professeur Marcel van Jole, vice- président A.I.C.A., président Europa Nostra Belgium. |
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