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LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique de Vera Lewijse. Octobre 2002 Hans Vredeman de Vries : Entre Palais urbains et Châteaux chimériques, aux Musée Royal des Beaux-Arts d' Anvers |
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. Au seizième siècle, Anvers est devenue en quelques décennies la plus importante métropole commerciale dans le Nord avec des points de distribution dans le monde entier, et un marché de vente important pour les imprimés religieux au Nouveau Monde. C’est surtout l’esprit commercial et génial de la Maison 'Aux quatre vents' de Hiëronymus Cox, au niveau de l’organisation de la collaboration entre dessinateurs, graveurs, peintres-graveurs et de la distribution des imprimés, suite à l’introduction de la technique de gravure née en Italie, qui est à la base de l’énorme succès mondial de Cox. Vredeman travaille pour Cox comme dessinateur aux côtés de Pieter Breughel l’ancien et Maarten van Heemskerck. Ainsi les artistes voyaient leur art distribué dans toute l'Europe. Vredeman travaille à Anvers jusqu’en 1570, année où Guillaume I de Nassau pour la quatrième fois se révolte en vain contre le régime sévère de Philips II d'Espagne. Il quitte Anvers à cause des persécutions des protestants ordonnées par le Duc d’Albe, venu à Anvers en 1567 en service de l’Espagne. Vredeman part pour Aix-La-Chapelle et Liège où il restera quatre ans. Il revient à Anvers en 1575. Avec la Pacification de Gand en 1576 la paix paraît revenir et une quasi-tolérance religieuse semble s'installer. Pas pour très longtemps: la même année Anvers connaît 'La Furie Espagnole', révolte des soldats au service de l'Espagne dont la solde n'était pas payée. La tension et les oppositions entre les Pays-Bas du Nord et du Sud mènent finalement à la séparation des deux régions et à la chute d'Anvers en 1585. Avec comme conséquence une fuite de capital, d'intellect et de talent vers le Nord où les protestants ont le pouvoir. Pendant cette période, Vredeman de Vries est chargé de l'organisation de l'Entrée Triomphale de François d'Anjou en 1582. Pour ces entrées tous les artistes de la ville se mettaient au travail pour garnir le parcours. Carel van Mander,
dans son Schilderboeck de 1604, à
qui nous devons la plupart de notre connaissance sur la vie de Vredeman, mentionne que De Vries a participé en 1569 à
la construction des arcs de triomphe pour la visite de Charles Quint et de son fils Philippe II, mais ne mentionne pas qu'il
était en charge des festivités et de l'organisation du parcours en 1582 à
l'entrée de Philippe d'Anjou. Van Mander raconte aussi que De Vries était tellement génial dans les peintures perspectivistes, que les gens qui voyaient un trompe l'œil sur un mur de jardin en forme d'une porte le prenaient pour vrai. Pieter Breughel, en absence de Vredeman, y peignit un couple de paysans se lutinant et le patron en fut si ravi qu'il le laissa. Ensuite, Vredeman se dirige vers Francfort, puis Wolfenbüttel-Braunschweig (1587-1591), Dantzig (1592-1596), Prague (1597-1598), Amsterdam et Hambourg (1600-1609). A Prague, il est nommé peintre de la cour de l’empereur Rudolf II, grand collectionneur et amateur d’art. A côté de Vredeman travaillaient Bartholomeus Spranger et Hans van Aachen à un retable pour la chapelle impériale. Dans son travail se montrent ses convictions religieuses et politiques. Sa toile 'Le massacre des Triumvirs', huile sur bois, découverte récemment, témoigne sous un déguisement historique, de la terreur du Duc d’Albe au Pays-Bas et se réfère au massacre des Romains Antoine, Octave et Lépide à Rome, après les Ides de mars de l’année 43 av.J.-C. Son œuvre picturale ne possède pas la grande force dramatique de l’art de la contre-réforme mais se distingue surtout par la précision et l’attention minutieuse pour le détail dans la mimique et les vêtements des personnages. L’exposition s'ouvre de manière inattendue avec l’œuvre du photographe contemporain Marc Steculorum (°1956), qui nous montre en noir et blanc comment la ville moderne s’est développée autour du patrimoine architectural historique. Des détails d’ornements des vieux bâtiments, qui échappent à l’œil pendant la promenade diurne, sont captés en close-up dans leurs détails architecturaux en réminiscence aux dessins d'ornements de Vredeman. Le monde de Vredeman lui-même s'ouvre par de grandes photos de ses dessins architecturaux, qui nous plongent dans l'intellect analytique de l'artiste. Ils sont repris de son livre 'Das ander Buech, Gemacht auf zway Colonnen, Corinthia und Composie' de 1605. L’ouvrage de Sebastiano Serlio Architettura, basé sur le traité en dix volumes sur l’architecture de Vitrivius (ca. 25 av.J.-C.) à été traduit en néerlandais et par cette traduction Vredeman a appris la géométrie, la perspective, les ordres architectoniques, et l'architecture de la Rome antique. A la fin de sa vie Vredeman explique la perspective, dans son livre 'Perspectiva' : ainsi l'a-t-il introduite dans le Nord. L'œuvre a été traduite en plusieurs langues et a été rééditée plus de vingt fois. Le livre contient 72 illustrations, dont plusieurs à voir dans l'exposition. Un portrait de Vredeman par Hendrik Hondius de 1604, illustrait le livre 'Perspective' et nous donne une idée de la physionomie de l'artiste. Vredeman a été inspiré par les exemples italiens de l'entourage de Raphaël. C'est à découvrir dans des dessins merveilleux, avec un placement soigneux des ombres lavées dans une composition extrêmement équilibrée. Ils étaient déjà pièces de collection à l'époque. Les dessins architecturaux et de perspective sont repris dans la marqueterie d'une armoire (buffetier) ca. 1600, originaire d'Anvers ou de Zélande. C'est une des magnifiques pièces de cette exposition. Pour cette occasion également, une porte monumentale de l'intérieur original de la maison de ville est revenue à Anvers pour la première fois du Victoria and Albert Museum de Londres. Le contraste et la variation entre les objets exposés, gravures, estampes, dessins, pièces rare de majolique, meubles et peintures font de cette exposition un ensemble attirant et varié, qui évite d'être sursaturé par trop d'objets issus d'une seule discipline. Pour les amateurs de virtuel, l'exposition se termine dans une salle où l'on peut faire une promenade virtuelle à travers les jardins des palais et hôtels renaissance. En même temps, le lien est fait avec le deuxième volet de l'exposition qui prend place au Rubenshuis 'Le monde est un jardin', sur les dessins de De Vries, qui était également architecte de jardins. Vera Lewijse, |
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Musée Royal des Beaux-Arts d'Anvers. Lien : www.vredeman.net |
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| Exposition accessible du 14 septembre au 08 décembre 2002. | |
| L'exposition est une coopération entre le Musée Royal des Beaux-Arts et le Rubenshuis à Anvers et le Wesserrenaissance Museum Schloss Brake à Lemgo en Allemagne. | |
| Le vendredi 29 novembre, un symposium sur 'Hans Vredeman de Vries et les Arts Appliqués / Techniques aura lieu au Musée Royal des Beaux-Arts. | |
| Le Musée Royal des Beaux-Arts à Anvers est le musée historique d'art de la Communauté Flamande. La collection comprend plus de 7.000 pièces -pour la plupart des peintures- mais également des dessins et des sculptures. Le musée offre un aperçu complet de l'art en Flandres et en Belgique, du quatorzième au vingtième siècle. |
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