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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Septembre 2002 Pierre Clarebout, enchanteur de l'abstraction : à la Galerie Arets |
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L’artiste est né à Ypres en 1933. Après des études scientifiques à
l’UCL, il s’intéresse très vite à la peinture et à l’archéologie, s’engouffrant
dans l’art abstrait après avoir découvert l’Art Moderne lors de l’Exposition
1958. De lui, sans se tromper, on peut dire qu’il est un autodidacte
non-figuratif. L’exposition qui se tiendra en
septembre à la galerie Arets en est la
démonstration tant est docte sa façon de mélanger les pigments et de construire
les architectures. En voyant ces structures géométriques faites de plans colorés et de
pastels plus discrets évoquant la transparence de l’eau on songe évidemment à
M.L. Baugniet tour à tour peintre, ensemblier,
collagiste épris de l’esthétique constructiviste à laquelle il resta d’une émouvante
fidélité. Les deux artistes s’étaient rencontrés à plusieurs reprises et à propos
du travail de Clarebout, Baugniet
disait : « il aurait pu me copier mais heureusement pour lui, il
s’est ouvert un chemin propre, il a découvert une technique propre qui me fait
envie parce qu’il
frôle parfois le baroque »… Baroque comme liberté des formes, baroque comme musique harmonisant
avec rigueur les lignes et les tons. Voyez cette «Construction aux deux triangles» si équilibrée
dans ses lignes, si nuancée dans ses pastels qu’on y voit des pans de
cathédrale pris dans une brume aux curieuses douceurs de gris, de verts, de
beiges et de transparence. Le très musical «Ravenna» et le
«Chant orthodoxe» scandent en cadence des courbes mélodieuses vibrant au rythme de riches
assemblages chromatiques. Toutes créations confondues, les droites et les courbes tracées par
Pierre Clarebout constituent un hommage à cet art
déco remettant en cause la vision du monde et privilégiant chaque détail,
chaque ligne « qui est en soi une force ». Les aplats géométriques sont vigoureux, les compositions sont soignées,
le choix des coloris (souvent beige, blanc) sont raffinés, les pastels sont
délayés selon des procédés secrets que connaît bien Clarebout
le chimiste. Et l’on se met à songer à la géométrie lyrique d’un Kandinsky, à
l’organisation de l’espace en fonction des seules structures linéaires à la
Paul Klee, deux artistes qui ont marqué le mental de Clarebout
dont on peut dire qu’il est « un enchanteur d’une bienfaisante efficacité ». Ni banal, ni excessif, il
possède le sens profond des formes et nous ouvre avec fermeté des
fenêtres sur la lumière. Colette Bertot |
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Pierre Clarebout |
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Galerie
Arets, 9 rue de Rollebeek, Bruxelles. |
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Mercredi et vendredi de 14h à 17h. Samedi de 11h à 17h. Dimanche de 11h à 13h. |
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| Exposition accessible du 6 septembre au 6 octobre 2002. |
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