LA LETTRE MENSUELLE
La chronique de l'Université, ULg - Août  2002.

     Jean et Joseph Cambresier, la bohème et la ferveur,  par Marylène Zecchinon.

 

Les frères Cambresier sont considérés comme des petits maîtres, certes talentueux mais de moindre renommée que leurs confrères liégeois Auguste Donnay, Emile Berchmans, François Maréchal ou encore Armand Rassenfosse.

Marie Jean Guillaume Cambresier naît à Lixhe (Visé), dans l’ancienne maison communale, le 31 janvier 1856. Il est le septième d’une famille de dix enfants. Sa mère, Anne-Marie Rainotte (1819 - 1883), est ménagère et son père, François-Joseph (1813 - 1897) est instituteur. En septembre 1867, lorsque sonne l’heure de la retraite pour ce dernier, toute la famille part vivre au faubourg Vivegnis, n° 172, dans le quartier Saint-Léonard à Liège.

En 1870, Jean Cambresier entre au service de Désiré Larock (1837 - après 1901) dans un atelier de décor sur porcelaine situé rue Lamarck, n° 53. Les services en porcelaine décorée sont très prisés. Cambresier s’en fait bien vite une spécialité. Le nombre d’assiettes retrouvées avoisine les 200.

Le "service Defrecheux" est certainement l’une de ses premières réalisations, sans être antérieure à décembre 1874 car les dates de naissance et de décès du poète wallon Nicolas Defrecheux (1825 - 1874) figurent sur l’aile inférieure de l’assiette avec son portrait (fig. 1). Remarquons que ce portrait est identique à celui réalisé à l’eau-forte par Adrien de Witte (1850 - 1935) en 1877. Il s’agit d’un service à dessert composé de douze assiettes : la première arbore l’effigie de Defrecheux, tandis que les autres présentent onze de ses chansons ou poèmes les plus célèbres, comme Leyiz-m’ plorer / Laissez-moi pleurer, une pasquèye rédigée en 1853. L’illustration du poème prend place dans la cuvette de l’assiette, le titre, sur l’aile supérieure et quelques vers en wallon sont recopiés sur l’aile inférieure.

En 1885, Larock part s’installer à Namur et l’atelier de la rue Lamarck est repris par deux de ses collaborateurs : le céramiste Georges Ansiaux (1861 - 1894) et le peintre Jean Cambresier. Des services entiers verront le jour, de même que de grands panneaux formés de pavés en céramique peints.

Techniques et sujets des services 

Ouvrons une parenthèse pour expliquer comment procède Cambresier pour décorer les assiettes . Le motif est gravé à la pointe sèche, soit directement sur une plaque de métal - cuivre ou zinc - soit par la technique de l’eau-forte. Le motif, gravé à l’endroit, est imprimé précautionneusement une première fois sur du papier pelure très fin et légèrement translucide. L’épreuve apparaît inversée latéralement. Il s’agit maintenant de la reporter sur l’assiette en porcelaine ou en faïence fine. Le décor est imprimé sur le biscuit, par décalque, et avec le plus grand soin. Il faut attendre que l’impression soit bien sèche avant d’entamer l’étape suivante qui est la cuisson. Pour une bonne adhérence, la pièce doit séjourner une douzaine d’heures dans un four-moufle, à une température de 950° environ. Après l’émaillage, une seconde cuisson à une température plus élevée permet de parachever le travail. Le décor peut aussi être imprimé sur la pièce déjà émaillée. Dans ce cas, son passage dans le four-moufle n’a lieu qu’après la seconde cuisson à plus haute température. Les cuissons sont déterminantes dans l’aspect final d’une céramique décorée. L’encrage peut se faire, selon la demande, dans des tons différents : en bleu de cobalt, sépia, manganèse,…

Des vues du Vieux Liège comme L’ancienne impasse au Brâ, L’église Sainte-Claire, Le mont de piété, La maison Porquin, Le pont d’Avroy, La rue Pierreuse, etc., sont fréquemment représentées sur les assiettes. L’architecte liégeois Paul Jaspar (1859 - 1945) réclama longtemps auprès des autorités communales la conservation de la maison Porquin (fig. 2), honorable témoin de l’architecture civile du XVIe siècle à Liège. A la mort de Bernardin Porquin en 1579, la maison fut vendue par ses filles à Ernest de Bavière, qui en fit don quelques années plus tard à la Compagnie de la Miséricorde. C’était une magnifique maison en pierres, très sobre, aux murs arborant des ancres de fer, aux fenêtres à croisées de pierre et au toit recouvert d’ardoises. En 1894, lorsque l’hôpital de Bavière est détruit, elle se retrouve complètement isolée et bien en vue. Paul Jaspar est convaincu qu’elle ne doit pas être démolie et que, compte tenu de son état, une restauration s’impose. Artistes, archéologues et autres personnalités signent une pétition en ce sens. Les membres de la Commission royale des monuments approuvèrent l’idée de Jaspar. Malheureusement, l’édilité, le ministre de l’Agriculture et la Députation permanente eurent le dernier mot et la maison Porquin fut rasée en avril 1904.

Cambresier a également représenté les "Types populaires liégeois", personnages que l’on rencontrait dans les rues de Liège, fin du XIXe et début du XXe siècle. Cambresier contribua d’ailleurs, par ce travail, à asseoir la réputation de certains d’entre eux, comme Gilles, le châtreur de chats, la botteresse - jeune ou vieille, maintes fois mise à l’honneur - Désiré, le petit vendeur de journaux, Paganini, le joueur de mandoline ou encore Marcatchou, surnommé « le roi des pêcheurs ». Ce dernier dépensait toutes ses économies en boissons et en articles de pêche ; il maniait la canne à pêche avec dextérité, conservait les asticots vivants dans sa bouche et réalisait souvent de belles prises. De plus, le bonhomme avait une haute idée de lui-même. 

En voici la preuve qui illustre par la même occasion sa rencontre avec Cambresier. Un jour que celui-ci était installé sur l’île Monsin pour peindre, le bourgmestre de Herstal, M. Warnant, vint s’entretenir avec lui. Marcatchou, qui n’était pas loin, fut de suite intéressé par ces deux hommes qui conversaient. Dès que le bourgmestre fut parti, il alla interroger le mystérieux peintre, resté debout devant son chevalet. A peine eut-il entendu le nom de Warnant qu’il se mit en colère : « Pourquoi ne m’avez-vous pas appelé pour me présenter ? » dit-il à Cambresier qui reconnut alors le personnage qu’il avait en face de lui. Désirant réaliser son portrait, il l’invita dans son atelier de la rue Lamarck. C’est ainsi qu’est né le portrait de Marcatchou (fig. 3), empreint d’une grande vérité, selon ses contemporains. 

Cambresier le représente sur assiette, mais aussi sur papier - notamment dans une « frise » où douze personnages folkloriques liégeois sont montrés côte à côte. « Li rwè des péheus » est assis, en bord de Meuse, sa canne à la main et sa besace contenant les appâts autour du cou. Son chapeau de paille, sa vieille veste pouilleuse, son pantalon rapiécé, ses sabots, sa courte barbe grise, le bout de son nez rouge et son panier en osier prêt à recevoir son butin, permettent de l’identifier au premier coup d’œil. Marcatchou, de son vrai nom Jean Quitin, naît à Liège en 1827 et meurt le 23 juin 1896 au commissariat de police de l’Hôtel de Ville, d’une congestion due à un abus d’alcool.

Jean fut aussi aquarelliste et peintre 

Jean Cambresier ne s’est pas cantonné dans un seul registre artistique. Ainsi, de 1881 à 1886, avec trois autres artistes, il est chargé d’illustrer la monographie que le professeur de Botanique Edouard Morren (1833 - 1886) entreprend de réaliser. 536 aquarelles de Broméliacées furent répertoriées. Huit seulement sur les 111 qui sont de la main de Cambresier sont conservées dans les collections de l’Herbarium de l’Université de Liège, à l’Institut de Botanique. Les autres se trouvent, depuis la mort de Morren, aux Royal Botanical Gardens à Kew, dans la banlieue ouest de Londres. Ces planches furent vendues par sa veuve pour payer les droits de succession.

La première exposition à laquelle participe Jean Cambresier en tant qu’artiste peintre se tient du 10 au 24 février 1889 à la salle de la Société libre d’émulation. Il fait partie du groupe « Les Cinq », au même titre que Louis Bauës (1864 - 1937), Edgard d’Hont (1861 - 1941), François Maréchal (1861 - 1945) et Alphonse Mataive (1856 - 1946) et propose au public 38 aquarelles et 11 peintures à l’huile. La seconde exposition des « Cinq » se déroule au même endroit du 23 février au 9 mars 1890. Cette fois aussi, le succès est au rendez-vous : les visiteurs se déplacent en masse et les journalistes - comme en témoignent des articles parus dans La Meuse et La Gazette de Liège de l’époque - se montrent particulièrement élogieux à l’égard de ces jeunes artistes.

Jean Cambresier sera membre effectif du Cercle des Beaux-Arts fondé à Liège en 1892 ; il y exposera régulièrement de 1894 à 1908.

Jean Cambresier est l’auteur de quelques huiles, gravures, dessins à l’encre et au fusain, mais c’est dans la technique de l’aquarelle - apprise en autodidacte - qu’il excellera. Quelque 130 aquarelles furent répertoriées et la liste n’est pas exhaustive. Ses sujets de prédilection, peints sur le motif, sont les vues campagnardes comme l’Ile Monsin et le Hemlot, les vallées de la Meuse, de l’Ourthe et du Geer. 

Comme peu de tableaux sont datés, il est difficile d’établir une chronologie dans son œuvre. On constate, à vrai dire, une certaine constance dans sa façon de peindre. La reproduction du sujet est souvent fidèle, ainsi qu’en témoigne, par exemple, la vue de l’église de Gronsveld, dans le sud-est des Pays-Bas. L’église dédiée à saint Martin comporte deux matériaux de construction bien distincts : la pierre et la brique qui se matérialisent sur l’aquarelle (fig. 4a) par une alternance de bandes grises et rouges. La toiture est en ardoises. Deux grands arbres bien feuillus - qui ont aujourd’hui disparu (fig. 4b) - cachent une partie du chevet plat de l’édifice. Cambresier a un peu triché avec la perspective car, par comparaison avec la photo prise du même angle de vue, il est impossible que le chevet, du moins ce qu’on en voit, soit représenté de face : il est comme rabattu vers le spectateur. De plus, l’extrémité inférieure droite de l’édifice ne peut se situer réellement juste avant le tronc du premier arbre. Le mur qui ceint le cimetière n’a pas changé. L’aquarelle est égayée par quelques personnages, silhouettes rendues par quelques taches de couleur.

Des monuments liégeois 

La Grande Guerre ne freine pas les activités de l’artiste. Il passe ces quatre années à décorer de motifs patriotiques tasses, sous-tasses et assiettes… qui sont vendues discrètement dans les commerces de la ville, dont celui de Florent Pholien en Vinâve d’Ile.

De cette époque troublée date La place de l’Université (fig. 5), panneau de 2 x 3 pavés en céramique, qui renseigne sur la dénomination actuelle de la place du XX Août. Elle doit cette appellation aux atrocités perpétrées par les soldats allemands dans la nuit du 20 au 21 août 1914. Les habitations entre la rue des Carmes et la rue Charles Magnette furent lâchement incendiées. Les propriétaires qui ne parvinrent pas à s’enfuir à temps périrent à l’intérieur, prisonniers des flammes. D’autres furent exécutés sommairement, à titre d’exemple. Les plus chanceux se réfugièrent chez des voisins. Cambresier montre les ruines des bâtiments auxquels fait face la statue d’André Dumont. Celui à l’extrémité droite abritait le local de la Société libre d’émulation. 

Les travaux de reconstruction ne commenceront pas avant 1920. La statue en bronze de l’illustre géologue liégeois, œuvre d’Eugène Simonis (1810 - 1882), apparaît ici de dos. Elle est placée sur un piédestal en granit rouge, lui-même posé sur un socle en pierre de taille. Le grillage en fer forgé avec colonnettes en fonte qui entoure ce monument résulte d’une décision prise par la Ville en 1893. Jusqu’en 1866, c’était la statue du compositeur André-Modeste Grétry qui occupait cet emplacement.

La vue de L’Hôtel de Ville de Visé en bord de Meuse est certainement celle qui fut la plus représentée par Jean Cambresier et qui plus est, sur de nombreux supports : papier, assiettes, vases et pierre (fig. 6). L’Hôtel de Ville est montré tel qu’il était avant août 1914 ; datant du XVIIe siècle et construit dans le style renaissance mosane, il pointe son clocher bulbeux vers le ciel. Les maisons étagées de la rue des Récollets et tout en contre-bas, la rue de l’Eau et ses « basses-encloistres » à l’emplacement de l’actuelle autoroute E 25 sont fidèlement reproduites. Sur la Meuse, un homme s’approche du rivage dans une barque à godille. Du 4 au 19 août, près de 600 maisons furent réduites en cendres et ni l’Hôtel de Ville et ses archives, ni la collégiale Saint-Martin ne furent épargnés. Ceci explique la forte demande des Visétois qui souhaitaient conserver un souvenir de leur ville avant sa défiguration par l’armée allemande.

Le 3 janvier 1918, à quelques mois de l’Armistice, Cambresier perd sa femme, Isabelle Henriette Cardinael (1846 - 1918), épousée en octobre 1881. Deux mois plus tard, il épouse en secondes noces Marie-Louise Robert (1871 - 1935), la veuve du céramiste Georges Ansiaux. Cambresier n’eut aucune descendance.

Le 5 juillet 1921, Jean Cambresier se retire chez les Petites Sœurs des Pauvres, à l’Hospice pour vieillards de la Chartreuse.

L’absence d’atelier le peine beaucoup. Il "déménage" alors à l’Asile de la Vieillesse, rue Basse-Wez (futur Valdor). Il se remet à l’aquarelle et, sensibilisé par les malheurs des victimes des inondations du 31 décembre 1925 et de janvier 1926, il expose six aquarelles au profit des « Sinistrés de l’Ouest ». Parmi la quarantaine d’exposants figure une jeune artiste autodidacte, Yvonne Meyers (Tongres, 1901) avec qui Cambresier sympathisa quelque temps auparavant. Cette jeune dame fortunée - son père était Procureur général de Liège - l’aida de son mieux et toujours discrètement, à soulager sa misère.

Jean Cambresier s’éteint le 30 juin 1928 aux Hospices civils de Liège. Son décès est déclaré trois jours plus tard par Léopold Salden, un ami et par Joseph Cambresier, son frère cadet. Inhumé au cimetière de Robermont, il est aujourd’hui impossible d’aller se recueillir sur sa tombe car celle-ci a été « retournée ».

Joseph, le frère peintre 

Marie Joseph Constant Cambresier, neuvième et avant-dernier enfant des époux Cambresier-Rainotte, naît à Lixhe le 20 juillet 1861. Le 16 septembre 1867, il suit sa famille au faubourg Vivegnis à Liège.

En 1874, il fréquente l’Académie des Beaux-Arts de Liège où le cours de dessin est dispensé par le professeur Van Roy. Peu assidu, il préférait sans doute étudier le piano et l’orgue car il fut un temps organiste à la collégiale Saint-Barthélemy et à la prison Saint-Léonard.

Il montrera un plus grand intérêt encore pour la peinture sur verre. En effet, associé à Lucien Frémaux, Joseph Cambresier participe durant l’été 1890 à l’Exposition industrielle et artistique de Liège qui se tient à la salle de la Renommée et quai Saint-Léonard. Les vitraux exposés sont récompensés d’une médaille d’or et ce, dans la section « Art industriel ».

Le 24 décembre 1896, Joseph Cambresier épouse Jeanne Marie Françoise Malherbe (1857 - 1952), professeur de musique.

Joseph sera, de 1909 à 1924 au moins, membre effectif de l’ "Œuvre des Artistes", société liégeoise d’art et de philanthropie.

La peinture sur verre, notamment 

Pendant de longues années, il collabore avec Joseph Osterrath (1878 - après 1951), célèbre maître-verrier de Tilff. Preuve en est l’abondante correspondance entre les deux hommes conservée au M.A.R.A.M. à Liège. Le travail de Joseph consiste en l’exécution du motif (format réduit) au crayon sur papier fort et en sa transposition (échelle 1/1) sur du verre anglais. Il envoie ensuite, par messager, les morceaux de verre peint à Osterrath qui se charge de la cuisson et de la mise en plomb. La plupart des vitraux - malheureusement non retrouvés - étaient destinés à des particuliers habitant des maisons de maître et désireux de voir le blason familial orner leur intérieur.

Cette correspondance renseigne aussi sur l’état des finances de Cambresier. Ainsi, dans les années 1910, il connaît une période de vaches maigres, il ne peut payer Osterrath à temps et voit ses commandes se raréfier. Son moral en prend un coup.

Joseph Cambresier se livre également à d’autres activités, telles que le dessin au fusain, la peinture à l’huile et l’aquarelle. Certes moins productif que son frère Jean, Joseph n’est cependant pas en reste et maîtrise plutôt bien la technique. Ses cours de ferme et ses moulins sont très réalistes.

Joseph a, entre autres, représenté Le château d’Otegraven (fig. 7a) à Fouron-le-Comte. Reconstruite en 1710, cette gentilhommière existait déjà au XVIe siècle. Le corps de logis est un bloc rectangulaire en briques rouges dont le toit recouvert d’ardoises est à hauts pans. Les six étroites fenêtres de la façade occidentale surmontent et sont surmontées d’un bandeau en pierre de taille ; la nuit venue, elles sont fermées par des volets verts. Un petit pont à deux arches enjambe les douves et mène à l’entrée principale du château. Le petit bâtiment de plan carré et au toit à la Mansart que l’on distingue dans le fond à droite est une chapelle datant du XVIIIe siècle. 

Il est prouvé que Joseph Cambresier recopiait parfois trait pour trait des cartes postales ou des photographies. En effet, l’inscription « Château d’Otegraven » qui figure sous le motif d’une carte postale de 1904 représentant le même château (fig. 7b) a été littéralement recopiée par le peintre. Sur le tableau, « Château d’Otegraven » est inscrit dans la même calligraphie, dans le coin supérieur gauche. La fenêtre de l’annexe en bas à droite, ouverte au moment où la photographie a été prise, est également ouverte sur l’aquarelle.

En 1922, sans le sou et pour payer son loyer, Joseph Cambresier propose à M. Barvaux, qui lui loue une chambre au-dessus du théâtre Le Gymnase, place Saint-Lambert, de peindre le portrait des membres de sa famille. A part celui de la fille, Marie Barvaux (1905 - 2000) (fig. 8), conservé aujourd’hui au musée régional de Visé, les descendants actuels ne savent ce que sont devenus les autres portraits. La jeune fille, âgée de 17 ans à l’époque, est assise sur une chaise dont seule une partie du dossier est visible. Elle est tournée légèrement vers la droite. Ses avant-bras et ses mains reposent délicatement sur ses cuisses. Elle tient un livre ouvert. Ses longs cheveux sont ondulés et attachés par un nœud, de même teinte que sa robe plissée. L’arrière-plan est dépourvu de tout décor.

En 1925, les ateliers Osterrath exécutent la mise en plomb et le placement de dix rosaces dans la partie supérieure des baies de la nef de l’église Saint-Lambert de Tignée. Joseph réalise les blasons qui figurent sur les médaillons (ex. fig. 9).

Peu après, l’abbé Octave Mélon, curé de la paroisse d’évegnée-Tignée, demande à Cambresier de décorer le plafond de la nef et du chœur de la chapelle Notre-Dame d’évegnée. La Vierge du Magnificat de Tignée est reproduite au plafond du chœur (fig. 10). Elle apparaît dans une mandorle dorée et est couronnée par deux anges ; à gauche et à droite, des angelots émergent des nuées et viennent assister au Couronnement. Douze panneaux représentant les quatre grandes pratiques de dévotion à la Vierge et huit invocations des litanies de la Vierge de Lorette ornent le plafond de la nef. Joseph exécute sa peinture à l’huile sur une toile qui est ensuite marouflée sur bois. Cette réalisation s’insère dans les travaux de restauration de la chapelle débutés en 1919.

Joseph Cambresier quitte ce monde le 31 janvier 1932. Il succombe à une crise de delirium tremens aiguë car, outre le genièvre, il consommait également de l’absinthe. Lui aussi meurt sans enfants. Il repose au cimetière de Robermont.

En mars 1932, sa veuve organise une exposition rétrospective de son œuvre à leur domicile.

Jean et Joseph Cambresier menèrent une vie de bohème et furent des artistes dans le vrai sens du terme. Ils étaient aimés des Liégeois. On raconte que n’ayant pas de quoi payer les consultations chez le médecin, ils le dédommageaient avec l’une ou l’autre aquarelle et essayaient même d’en vendre dans la salle d’attente ; dans des restaurants ou dans des cafés de la ville, ils payaient aussi repas et boissons avec le fruit de leur labeur. 

Artistes conventionnels, ils n’ont jamais cherché à révolutionner l’art de la peinture ; ils respectaient scrupuleusement les couleurs et se "contentaient" de ce qu’ils avaient sous les yeux. Jamais ils ne se lassèrent des paysages mosans. Tous deux ont chanté leur région et surtout la Basse-Meuse, avec une ferveur réelle et touchante.

Marylène Zecchinon,     
Licenciée en Histoire de l'Art     
et Archéologie      

 

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Fig. 1

 

 

 

 

 

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Fig. 2

 

 

 

 

 

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Fig. 3

 

 

 

 

 

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Fig. 4a & b

 

 

 

 

 

 

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 Fig. 5

 

 

 

 

 

 

 

 

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Fig. 6

 

 

 

 

 

 

 

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Fig 7a & b

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Fig. 8

 

 

 

 

 

 

 

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Fig. 9

 

 

 

 

 

 

 

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Fig 10

 

 

 

 

 

 

 

 

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