LA LETTRE MENSUELLE
Un article offert par Françoise Eeckman - Août  2002.

     L'été + Expo à Mons,  ou tout ce qu'il faut voir à Mons actuellement.

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Si l’année passée je vous avais fait faire une petit tour à la mer pour voir les expositions de Vilain et Delvaux, cette année je voudrais vous parler du sud du pays et plus particulièrement de la ville de Mons.

Celle-ci offre aux visiteurs un parcours promenade pour redécouvrir le fabuleux patrimoine culturel de cette ville d’art ancien.

Cette promenade s’intitule d’ailleurs "L’été + Expo à Mons".

Tout d’abord je vous emmène voir la très belle rétrospective du "Groupe Nervia - Peintres belges des années 30" qui a été mise sur pied pour les 100 ans du Cercle du Bon vouloir.

Le nom du groupe a été donné en hommage à une revue qui existait à cette époque « la Nervie », mais surtout pour rappeler les nerviens, peuplade gauloise qui luttait contre l’envahisseur romain.

Et c’est bien cela que voulait représenter ce groupe face à l’école flamande de Laethem St Martin (dont je vous parlais dans l’article de l’année passée pour expliquer l’expo de Gand "Une rare plénitude").

Car si les peintres nerviens admiraient cette école ( Anto-Carte par exemple est très proche de la peinture d’un Van de Woenstyne ), ils estimaient avoir d’autres choses à dire, face aussi à l’engouement envahissant  de l’art abstrait, et notamment au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles créé en 1928 et le sectarisme des frères Haesaerts.

Les peintres wallons se rendent compte très vite  qu’il y avait un manque dans le sud au point de vue mouvement artistique et qu’il fallait le combler.

 La caractéristique de Nervia est le  dédain pour les modes et le retour à l’art figuratif du Quatracento italien.

Probablement, sans Anto-Carte et Buisseret, rien ne se serait fait (voir article Mémoires, le texte de Josée Mambour). En effet, ceux-ci avaient leur expérience, et le poids d’aînés que n’avaient pas les jeunes. Tous les deux se sont adjoint un mécène avant la lettre comme dira Paul Caso, Léon Eeckman qui les appuiera de toutes ses compétences. Bref une trilogie forte et décidée.

Cette collaboration de tous âges a été très enrichissante pour tout le monde, il y naîtra des amitiés à vie .

On ne peut nier toutefois la  difficulté à l’époque à se faire connaître et par la même à gagner sa vie,  la lutte pour s’imposer tant à Bruxelles qu’à Gand ou ils ont participé à des expositions en 1932 et 1933.

Les différences de caractère d’homme leurs sensibilité les rapprochent et les éloignent à la fois, et c’est probablement ce qui mettra fin en 1938 à leurs association .

En effet,malgré les efforts de Louis Buisseret et  Léon Eeckman à essayer de ramener Anto-Carte à des sentiments plus modérés, et l’empêcher de démissionner, celui-ci à 52 ans est las des querelles d’intérêts entre peintres dont il reconnaît pourtant la valeur. (Pour la petite histoire, il faut dire qu’il se querellait souvent avec Léon Devos qui avait son franc parler et qui désirait s’imposer).

D’autres disent que l’association s’est éteinte à cause d’un différend entre Anto Carte et Buisseret  concernant une exposition ou Buisseret aurait préféré mettre les toiles de Winance en valeur et retirer les siennes propres.

De toute façon quelque chose était né, et après 1938 les mêmes, plus souvent les jeunes comme Devos, Navez, Wallet, Depooter, aidés par Léon Eeckman créeront des associations tel que Orientation, Présence, le conseil national des arts plastiques, évidentes continuations du groupe Nervia.

La particularité de cette exposition est qu’elle rassemble à peu près 80% d’œuvres appartenant à des collections privées, ce qui lui donne son caractère intime.

Lorsque vous pénétrez dans le musée dirigez vous vers la première salle à droite.

Les peintres du groupe vous y attendent tous soucieux d’avoir votre avis sur leurs œuvres  et  avides de dialoguer avec vous à travers leurs auto-portaits et les photos dans les vitrines.

Les ayant tous connus dans mon enfance puisque c’était des amis de mon père, et un peu ma famille (en effet,enfant, nous étions traîné pratiquement tous les dimanches dans des galeries telles que Galerie Giroux, Breughel et autres. Et si Maupassant à dit  "on aime sa mère sans le savoir", je pourrais dire j’ai aimé la peinture sans le savoir.

Ma jeunesse a été de perpétuels vernissages d’expositions du groupe ou d’un membre de celui-ci, où Nicole Devos et moi-même faisions des tas de bêtises, mais aussi des repas où la joie et l’insouciance du moment nous habitaient tous.

Tous ces artistes aimaient se déguiser et faire la fête et  nous poussaient à jouer notre petit numéro.

Aussi pour reprendre le début de ma phrase, je  peux vous dire qu’ils sont tous bien campés dans cette salle et je vous les présente :

Anto-Carte, "le maître", Buisseret le philosophe et le sage, le pétulant Devos et sa peinture qui dévore la vie, le ténébreux Navez, autoportait à la Van Gogh toujours à l’affût du mieux faire, le rigolo, le farceur Wallet sachant exprimer dans ses toiles le goût du bien manger, Frans Depooter le discret, chez qui j’ai vécu quelques mois et qui disait le matin quand il partait en vélo, son attirail de peinture en bandoulière, "Je pars en paysage" d’un air mystérieux. Cela revêtait à nos yeux d’enfant un aspect important, vite dissipé par une phrase de maman qui disait en riant "Dieu sait il est peut-être au café du coin" !

Les aînés appelés à la rescousse : Paulus,avec ses tournants de la Sambre et Strebelle le rêveur, Winance préféré de Buisseret et sans conteste élève le plus proche de la peinture de son professeur : je n’en veux pour preuve que le nu de dos de Buisseret et celui de Winance. Il est a remarquer que Winance en 1928 avait 17 ans et se trouvait donc seul jeune parmi des hommes murs.

Après cela vous pourrez vous égayer dans les autres salles, vous constaterez que si ces peintres étaient différents de caractère et désiraient  exprimer leur vision des choses à travers  leur peinture, il y a un même fil conducteur d’une peinture intimiste fort travaillée structurée ; ils étaient d’ailleurs tous d’excellents dessinateurs.

On peut constater aussi qu’avant d'être peintres, et ce notamment pour Devos ou Navez, ils avaient été décorateurs, étalagistes, et avaient dessiner des billets de banque.

Cette exposition se tiendra jusqu’au 17 novembre 2002. Il est intéressant d’y faire une visite guidée. Des nocturnes sont possibles, et une formule de billet unique+entrée à un prix avantageux est proposé durant l’été grâce à la formule b-excursions.

N’hésitez pas à allez la voir en été, il y a moins de monde et la grand place de Mons vous ouvre les bras.

Partez ensuite à la découverte de l’œuvre de Norbert GHISOLAND (1878-1939).

Ce photographe  qui avait  son studio à Frameries a laissé une œuvre riche de près de 90.000 clichés, témoins de la vie boraine de la première moitié du XXème siècle.

Cela se passe rue de Nimy au Mundaneum (ancien bonheur des dames d’architecture très intéressante et remplie de meubles à petit casier renfermant tous les livres répertoriés qui existaient dans le monde entier).

Dieu sait, peut-être y  reconnaîtrez vous une grand mère, un aïeul, en tout cas je suis sûre que vous direz  "mais moi aussi j’ai de telles photos dans mon grenier", cela vous incitera à les rechercher. Bonne fouille.

Cette première rétrospective est accompagnée par deux autres ensembles, réunissant d’autres photographes internationaux, soit contemporains de Ghisoland, soit choisis au fil du temps, comme Keita au Mali, Chambi au Pérou, Disfarmer aux Etats-Unis.

Cette exposition se trouve à la salle St Georges sur la grand place de Mons et s’intitule "Alter ego".

Jusqu’au 15 septembre, un circuit à travers le vieux Mons vous permettra de découvrir 9 installations d’artistes : une sculpture en acier d’Emile Desmedt,un portrait impirmé  du peintre Didier Mahieu, une voile en béton et acier par Charlotte Marchal et un portique par le sculpteur Jean-claude Saudoyez sont les principales œuvres exposées.

Encore une chose,derrière le musée ou se trouve Nervia ; il existe un musée du folklore.

Un certain nombre de galeries privées montoises orientées vers les arts plastiques prendront part à cette "Eté plus expo" de Mons. Une brochure peut être obtenue à l’Office du Tourisme, 065/33 55 80 Grand Place de Mons.

Et tant que vous êtes dans les parages, poussez une pointe à l’exposition organisée par la ville natale de Taf Wallet, La Louvière, à l’occasion des 100 ans de l’artiste. Le rez-de-chaussée est consacré à la peinture 1928-1938 dite nervienne (n’oubliez pas que ce peintre se retrouve à Mons dans  l’exposition dont je vous parle plus haut le Groupe Nervia).

Le premier étage nous montre des oeuvres de Wallet qui a su du traditionalisme de sa jeunesse, passer à un pointillisme lumineux.

Bonne visite.

Françoise Eeckman      

 

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Cliquez sur les miniatures pour voir les oeuvres en plein écran.

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Légende sur les pages en grande taille

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Frans Depooter

 

 

 

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Rodolphe Strebelle

 

 

 

 

 

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Norbert Ghisoland

 

 

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Norbert Ghisoland

 

 

 

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Norbert Ghisoland

 

 

 

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Norbert Ghisoland

 

 

Supprimés par
respect droit Sabam :
Anto-Carte
Léon Devos

Louis Buisseret
Taf Wallet

 

 

 

 

Pour contacter l'auteur :
 fr.hemeleers@eeckman.be 

 

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Liens utiles :
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Le Groupe Nervia, Naissance et développement (avec renseignements sur l'expo)
* Les amis d'Anto-Carte  
* Notre fiche Anto-Carte 
* Expo Léon Devos au "Bon Vouloir" 

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