LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Colette Bertot.   Mai  2002. 
1.
Luc De Decker... Toute une époque, à Schaerbeek.
 

L’amateur ne peut que se réjouir de l’évolution constante de l’art et des différentes formes d’expression qui sont aussi la preuve de sa vitalité mais il ne peut nier le plaisir qu’il éprouve à revisiter un style, aujourd'hui révolu, qui marqua, chez nous, toute une génération d’artistes humbles et talentueux.

La rétrospective consacrée au peintre Luc De Decker par la commune de Schaerbeek où il résida longtemps en est la parfaite illustration.

Né à Ninove en 1907 et décédé en 1982, il était un artiste à la fois figuratif et réaliste. « Il ne voyait pas pourquoi il aurait déformé une réalité dont la représentation lui semblait une tâche inépuisable » comme l’expliquent, très justement, ses deux fils – Armand, Président du Sénat et Jacques, Secrétaire Perpétuel de l’Académie de Langue et de Littérature Française – initiateurs de cette émouvante exposition et auteurs d’un port-folio illustré qui est un bel hommage en forme de « reconnaissance du père »…

Sur de multiples registres comme la campagne, la mer, la nature morte, le portrait l’œuvre de De Decker est une célébration du travail bien fait, un témoignage sur un certain art de peindre qui défie le temps et n’a cure des engouements du jour.

Il avait une profonde admiration pour le métier d’artistes comme Frans Hals et Le Titien en matière de portrait, comme Hyppolite Boulanger, l’impressionniste belge, en matière de paysage. Il avait aussi fait ses classes chez Alfred Bastien et Isidore Opsomer…

En parcourant la grande salle du Musée de l’Hôtel de Ville de Schaerbeek, on remonte le temps, avec infiniment de plaisir.

Villages brabançons éclaboussés de lumière voisinent avec des paysages embrumés de Dendre ou de Senne, avec des plages en été, des marines hivernales, avec des vues de Bruxelles quand il faisait encore bon s’y balader.

La couleur juste était l’atout majeur de De Decker et il n’a jamais cessé d’en interpréter les vibrations.

Quant aux portraits, ils évoquent une période où l’artiste mettait son point d’honneur à célébrer son modèle, qu’il s’agisse, ici, du Prince ou du Roi Baudouin au regard tout empreint d’humanisme, du petit garçon au jouet de bois, ou de la belle inconnue au « Chapeau romantique » et à l’œil coquin à peine dissimulé derrière une voilette protectrice…

On songe aux portraits de Marie Howet, de Martin Bollé, de Jacques van Melkebeke, bien injustement oubliés et l’on (re)découvre avec émotion le coup de pinceau d’un artiste qui avait "la secrète conviction que son travail, à la manière des artisans de jadis, était peut-être la meilleure façon de défier les atteintes du temps".

Colette Bertot      
 

 

 

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21_dedecker11.JPG (31074 octets)

Village brabançon

 

 

 

21_dedecker22.JPG (57697 octets)

Le chapeau romantique

 

 


Hôtel Communal de Schaerbeek . Place Colignon. 

Du mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 16h30 ;
Fermé les lundis et les 1, 9 et 10 mai.

Exposition accessible jusqu’au 26 mai 2002.

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