LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.   Mai 2002 
   Guillaume van Strydonck, les voyages du peintre impressionniste
,
   au Musée Charlier, à Bruxelles.
 

L'oeuvre de Guillaume Van Strydonck retrouve l'ambiance des salons au travers d'une très belle exposition qui se déroule actuellement au Musée Charlier. Les deux thèmes privilégiés ici sont ses voyages en Inde et en Floride qui lui ont inspirés des peintures lumineuses et profondément humaines. Les parfums, la musique et les détails du décor (draperies, fleurs et épices séchés, sculptures hindoues) qui accompagnent cette exposition nous plongent dans l’univers exotique de l’artiste.

De nombreux croquis de voyages, des photographies d'époque et ses correspondances (avec Camille Lemonnier notamment) permettent de découvrir les différentes étapes de sa création mais également l'engouement de cet artiste face à la découverte d'un autre monde.

Ses croquis aux traits vifs et nerveux offrent une sensibilité et une émotion rare. L'homme, au centre de ses esquisses, est pris dans des moments fragiles et quotidiens, des instants de repos, des moments paisibles où le temps semble arrêté.

Parmi ses professeurs, on peut citer Edouard Agneessens et Portaels qui lui transmettent l'art du portrait, thème qu'il exploite d'une façon personnelle notamment dans ses pastels (Camille Lemonnier à son pupitre).  Membre du groupe les XX, il participe à l'avant-garde bruxelloise aux côtés de Knopff et Van Rysselberghe. Il est le premier belge à partir pour la Floride et l'Inde.

A une époque où la mode est aux voyages en Afrique du Nord, Guillaume Van Strydonck décide de partir pour la Floride en 1886. Les thèmes sont alors bien différents de ceux de ses contemporains. Il s'attache à la communauté des Quakers qui prêche la simplicité des mœurs et la philanthropie. La peinture se penche alors sur les hommes dans leur quotidien :  le travail de la terre, les moments de repos, de lecture. Tout y semble calme et paisible. La simplicité du quotidien se traduit par une peinture évanescente où la couleur traitée en nombreuses petites touches renforce le sentiment de fragilité qui se dégage de ces oeuvres. La déclinaison des tons ocre, brun et jaune renforce cette idée de proximité avec la terre. De cet environnement, il retiendra aussi les bois et les marais comme dans Sous bois et Prairie de Montgeron où il plonge le spectateur à l’intérieur même de cette nature luxuriante.

De 1891 à 1896, il part pour l'Inde à la recherche de nouvelles couleurs, de nouveaux thèmes. Ses peintures adoptent une luminosité toute particulière, une chaleur envahit ses tableaux. Les rouges et les jaunes illuminent véritablement ses toiles. Ces thèmes offrent quelques contrastes entre l'Orient et l'Occident quand Guillaume Van Strydonck  met en scène des indiens et des européens.

L’art de Guillaume Van Strydonck conjugue les courants impressionniste et symboliste. Par la mise en scène et la représentation de moments de calme et même de solitude, l’artiste est proche du symbolisme. Quand il peint la nature environnante, les monuments ou des scènes d’extérieur, la facture est nettement impressionniste. La couleur traitée par petites touches offre des œuvres véritablement baignées de lumière. 

Le regard qu’il porte sur ses modèles, qu’il s’agisse des Quakers ou des Indiens, est rempli d’humanité et de respect. Dans la tendance orientaliste de l'époque, il apporte un regard moins distant, il s’approche de ses modèles et tente de comprendre leurs simples gestes ou actes quotidiens.

Françoise Bernardi    

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Fig. 6

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Fig. 7

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Fig. 2

 

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Fig. 3

 

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Fig. 4

 

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Fig. 5

Musée Charlier, avenue des Arts, 16, 1210 Sain-Josse-ten-Noode (Bruxelles).  
T
él. : 02.218.53.82

Du mardi au dimanche de 12 à 17h, fermé le lundi.
Exposition accessible jusqu'au 09 juin 2002.

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