LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.   Avril 2002 
   Quand l'Art épouse le Lieu

   Intégrations d'oeuvres d'art dans les bâtiments de la Région wallonne
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Quand l’Art épouse le lieu, quand les talents d’artistes contemporains se mêlent à l’architecture, le résultat est surprenant et souvent peu conventionnel. L’exposition qui se déroule au Cœur-Saint-Lambert à Liège présente au travers de maquettes, de croquis et de photographies les nombreuses intégrations d’œuvres d’art dans les bâtiments de la Région wallonne. Cette exposition tend à montrer que l’Etat est un des premiers mécènes, qu’il a comme mission de promouvoir ses artistes. Les bâtiments de fonction publique deviennent alors une vitrine de choix.

Cette exposition est soucieuse de rappeler le rôle des pouvoirs publics dans la collaboration entre architectes et artistes. La Commission des Arts instituée en 1993 a pour objectif la proposition d’œuvres susceptibles d’être intégrées dans les bâtiments de la Région wallonne. Cette Commission sélectionne les artistes et organise des concours. Elle veille à l’application du "décret 1%" applicable à l’intégration d’œuvres dans les bâtiments de la Région wallonne. Ce décret permet aux artistes de se confronter à l’architecture et de réaliser un travail de commande qui répond à des impératifs précis. En effet, les différentes réalisations résultent le plus souvent d’un travail de collaboration où l’artiste établit un dialogue avec l’architecte et les occupants du bâtiment.

Les différents centres administratifs deviennent de véritables vitrines pour la promotion des arts en Wallonie comme en témoignent le Centre administratif du Ministère de la Région wallonne et celui de l’Equipement installés à Namur. On peut noter que les artistes choisis sont animés par des préoccupations différentes. Toujours dans un respect de l’architecture et un souci de l’intégration de l’œuvre dans une structure définie, certains s’inspirent de l’histoire du lieu, d’autres travaillent dans un rapport entre l’intérieur et l’extérieur ou abordent l’aspect plus fonctionnel.

L’emprise du passé reste très forte, la notion de mémoire et de rappel à l’histoire de la région sont présents dans Retour aux sources de Anne Mortiaux et Résurgence du Hoyoux de Florence Fréson. Toutes les deux ont basé leurs créations sur le thème du cours d’eau, tantôt gravé dans le sol, tantôt reconstitué à petite échelle.

Certaines réalisations tentent une mise en valeur de l’architecture sans volonté de l’alourdir. Il s’agit d’œuvres monumentales qui établissent un rapport entre l’intérieur et l’extérieur. Il y a un véritable dialogue entre l’artiste et l’architecture comme dans la réalisation de Léon Wuidar pour le Centre administratif du MET (Ministère de l’Equipement et des Transports). La répétition régulière du motif du carré offre une façade en acier poli originale qui n’entame pas la luminosité intérieure du lieu. Françoise et Georges Pirson pour le Centre administratif du Ministère de la Région wallonne de Jambes exploitent l’idée du mouvement tellurique qui évoque une instabilité et une animation au sein d’une structure architecturale stable.

Un aspect fonctionnel lié à une certaine esthétique est également privilégié par les designers de l’atelier Naos ou par Bernard Thiran et Filip Roland qui réalisent un hall baroque très original et peu conventionnel pour le Complexe de la Rue du Tan (cabinet ministériel, services du Parlement wallon).

Peu représentée, la peinture trouve également une petite place avec Gabriel Belgeonne et son œuvre métaphorique intitulée Le Pont. Béatrice Dooms et Jean-Marie Mathot présentent au Complexe de la rue du Tan à Namur une rencontre entre la pierre et la peinture. C’est la rencontre de deux techniques, là où la peinture s’arrête, la sculpture prend le relais.

On retrouve souvent des mariages étonnants de l’ancien et du nouveau avec une emprise très forte du passé dans le cas de bâtiments restaurés ou réaffectés. Les artistes tentent alors de se mettre au service de l’architecture. Il y a une nette volonté d’accord et d’harmonie. Les œuvres intégrées permettent parfois une meilleure mise en valeur de ces bâtiments. Cependant, il reste difficile de se faire une idée précise de ces intégrations, l’idéal étant évidemment de voir le résultat sur place.  

Françoise Bernardi    


 

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Pas de photos
disponibles

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Voir sur le site
http://carw.wallonie.be 

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Cœur-Saint-Lambert, îlot Saint-Michel à Liège.   
Tél. 0476.91.63.17

Du lundi au jeudi de 14 à 18h, le vendredi et samedi de 11 à 19h. 
Visites guidées le samedi de 11 à 16h.
Exposition accessible jusqu'au 18 mai 2002.

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