LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Françoise Bernardi.   Janvier 2002 
La Belle Europe. Le temps des expositions universelles 1851-1913.

Le XIXe siècle est actuellement souvent mis à l'honneur, différentes expositions tentent de lui rendre hommage pour ses nombreuses avancées dans des domaines aussi divers que les techniques, les sciences, l'art et les droits fondamentaux. Si la construction européenne va franchir un cap important avec le passage à l'euro, il est des changements, des progrès à la fin du XIXè siècle qui ont rassemblé les civilisations européennes (et même extra européennes), les Expositions universelles en sont les vitrines et les lieux de rencontre. De manière générale, les expositions universelles ont pour but de dresser un bilan du monde et de ses avancées scientifiques, techniques et artistiques. Elles font découvrir les nouvelles inventions, les différents progrès susceptibles d'améliorer le quotidien.

A l'image de l'organisation des Expositions universelles, celle-ci s'organise en pavillons articulés autour de thèmes phares, elle retrace les grandes étapes de la civilisation européenne qui fonde notre quotidien. L'exposition s'articule autour d'un triptyque thématique au sein duquel différents pavillons offrent un panorama des différents apports de cette période. La première exposition universelle est organisée en 1851 à Londres avec une réalisation tout à fait nouvelle pour l'époque, le Crystal Palace, cette architecture toute de verre, d'acier et de fonte. Ce type de manifestation attire les foules et le succès va grandissant. Malheureusement, cette période de magnifique progrès sera interrompue en 1913 par la grande guerre.

La première partie intitulée la religion du progrès présente les grandes avancées technologiques et scientifiques du XIXè, au niveau de l'image, du son, des communications, des transports et des objets domestiques. Ces différents progrès ont évidemment une influence sur l'homme et son mode de vie. Cette période est aussi marquée par les grèves, les luttes sociales et la création du POB en 1885 pour défendre les droits des ouvriers.

Le deuxième volet de l'exposition, le Messianisme de l'Universel, s'articule autour des pavillons des richesses, des découvertes et des colonies. C'est l'époque des grands chantiers (le Canal de Suez, canal de Panama), mais aussi des dernières découvertes de terres jusque là encore restées inconnues, grâce aux explorateurs comme Stanley, Livingstone, Amundsen. Ensuite, le pavillon colonial retrace une période peu glorieuse de la colonisation du Congo par Léopold II, avec la reconstitution d'un village congolais pour l'Exposition coloniale de 1897 à Tervueren.

La beauté en action constitue la dernière partie de l'exposition. Le style international y est décrit, l'art nouveau, le rassemblement d'artistes, d'ingénieur ou d'entrepreneur pour créer un art pour tous. On y retrouve le mobilier de Serrurier-Bovy, les verres de Gallé et les affiches de Privat Livemont. Si l'académisme ou le style pompier sont encore fortement prisés à l'époque, des artistes comme Matisse, Gauguin ou Khnopff apportent un souffle nouveau mais contesté dans le monde artistique.

Les Expositions universelles sont une vitrine pour les différents pays qui font ainsi découvrir au monde leur spécificité, leur progrès, c'est un vaste lieu d'échanges, de découvertes et de brassages des cultures. Le bouillonnement engendré par ces événements était intense. La fin du XIXè siècle ouvre la voie de la modernité, de nouveaux horizons s’ouvrent aux hommes grâce aux découvertes scientifiques et techniques qui ont un impact direct sur leur mode de vie. 

L'exposition se veut ludique et didactique. La scénographie est un modèle par la variété des moyens mis en oeuvre pour faire participer le visiteur à cet événement.

Françoise Bernardi    


 

 

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Musée du Cinquantenaire, Parc du Cinquantenaire, 10 - 1000 Bruxelles    
Tél. 02.741.72.11

Du mardi au vendredi de 9h30 à 17h ; 
samedi, dimanche et jours fériés de 10 à 17h, fermé lundi.
Exposition accessible jusqu'au 28 avril 2002.

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