LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane Rey et Colette Bertot.   Décembre 2001 
2.
Anne de Bodt à Anvers.

 

Il y a belle lurette qu’Anne de Bodt tisse sa toile d’artiste « tisserande » sans tapage et sans prétention, fidèle à l’esprit de l’entrelacs qui « canalise » comme elle dit, la fougue du licier comme la gravure retient l’ardeur du peintre.

A l’instar des céramistes, les tisserands sont d’une modestie dont peintres et sculpteurs feraient bien de s’inspirer.

Tisser c’est entrelacer sur un métier des fils de chaîne et des fils de trame pour exécuter un textile. Il y a des siècles que le tissage est pratiqué aux quatre coins du monde. La Fondation de la Tapisserie à Tournai, le groupe « Forces murales et « le domaine de la lice » dont Anne de Bodt est présidente du comité artistique ont largement contribué au renouveau d’un art « marginalisé » depuis les années hippies…

On est donc reparti à zéro et on a recommencé avec le même fil conducteur – le fil –humble matériau tantôt noué, tantôt entrelacé d’autres fibres, d’autres textures et toujours porteur d’un message, à lire entre les lignes.

Anne de Bodt excelle dans ce domaine des arts textiles et l’on a déjà pu admirer son travail en de multiples lieux comme la Bibliotheca Wittockiana, le Musée d’Ixelles et, bien sûr, le superbe centre régional d’Art Textile à Angers.

Aujourd'hui, la galerie Van Campen et Rochtus à Anvers présente ses œuvres récentes à l’occasion de la sortie de presse ( au Cercle d’Art Contemporain ) d’une belle monographie signée Guy Gilsoul.

Et renaît le plaisir de déchiffrer, à travers le tissage, « la musique des choses » chère à l’artiste.

Au visiteur donc d’observer les délicates fibres de bois nées d’une écorce, les étamines de rhodos posées comme des calligraphies.  A lui de déchiffrer les partitions de papier, de soie, de lin, de coton transparent évoquant quelque cantate de Bach, quelque poème antique, quelque signe, quelque instrument de musique dont la silhouette discrète apparaît au cœur du tissage. A lui encore d’emprunter, en rêve, de fragiles radeaux aux voiles tissées, aux mats de jonc pour quitter nos rivages et « entrouvrir les fenêtres de l’âme »

Le choix des coloris pastels - bleus tendres, gris légers, beiges sables, jaunes pâles – n’est pas anodin. De sa délicatesse, émane une impression de sagesse et de sérénité.

L’œuvre d’Anne de Bodt est une invitation au silence, un chuchotement qui s’écoute comme un musique, se récite comme un poème «en renonçant au temps de l’instant présent, en lui préférant la durée et l’attention flottante»…

 Stephane Rey,    
Colette Bertot    
 

 

 

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16reybodt11.JPG (61322 octets)


"Citta Di Sogno"

 

 

 

16reybodtvio.JPG (38605 octets)

"Tas 3"

 


Galerie Van Campen et Rochtus. 52 Verschansingstraat. Antwerpen.
Du mercredi au vendredi de 10h à 18h. Le samedi de14h à 18h.  
Tel. 03/ 294.06.62.
Exposition accessible jusqu’au 12 décembre 2001.

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