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** N° 57 - Octobre 2005 ** |
| LA LETTRE MENSUELLE |
Parution du 02 10 05 |
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:: Eloge de la poulie Notre compatriote le sculpteur Pol Bury est décédé ce 28 septembre 2005 à Paris, âgé de 83 ans. Il est un des grands représentants de l'art cinétique, ses sculptures et ses fontaines ornent nombre de sites et jardins de par le monde. Le hasard -et la circonspection de l'auteur- ont fait qu'une chronique lui était récemment consacrée à l'occasion de son exposition au Château de Seneffe, toujours en cours. Françoise Bernardi y décrit très bien son style, son intention, la manière d'interpréter le temps, la forme, la lumière, le mouvement... et leurs connivences. Après des oeuvres surréalistes et une adhésion à la spontanéité du mouvement CoBrA, Bury s'est tourné vers l'abstraction pour aboutir à cet art cinétique qui est sans doute le meilleur de son oeuvre. Influencé de manière déterminante par Calder, il a analysé le mouvement et le temps, et la part d'aléatoire que le second peut imprimer au premier. Plusieurs de ses sculptures cultivent la lenteur, l'attente patiente de l'événement que susciteront axes, roulements, cascades et poulies. Une belle leçon que celle de la lenteur ? En soi et dans la vie courante, elle nous exaspère le plus souvent. Mais lorsque la précipitation la remplace, c'est pour gouverner un mode de vie qui devient tout aussi insupportable. La vitesse nous est imposée dans la plupart des tâches du travail : selon la qualification, on parlera de productivité ou de réactivité. Celles-ci deviennent alors qualités suprêmes, et surtout critères de valeur d'un individu ou d'un groupe. Elles dispensent de l'analyse et finalement du projet. La satisfaction immédiate, reptilienne, remplace l'enthousiasme, voire l'idéal. Internet en est une belle illustration, où les fournisseurs d'accès se concurrencent à coups de méga- et de gigabytes de transfert, de stockage. Les équivalents de librairies entières passent d'un disque dur à l'autre à la vitesse de l'éclair : pour livrer une masse d'informations que nous n'aurons pas le temps de lire. La lenteur selon Bury est celle de l'attente, de la réflexion, du recul sur l'objet et, pourquoi pas, de la relativité du temps et de la matière. Dans la course contre le temps, celui-ci gagne toujours. Il a le temps pour lui, dirait Devos, le temps joue en sa faveur. Et si nous le déjouons, ce n'est que temporaire. Car la faucheuse est sa complice : plutôt que la parer de sa grande faux, on aurait pu l'armer de la petite aiguille. Ainsi, je bondis quand j'entends que tel traitement, tel règlement... ont sauvé "x milliers" de vies. On ne sauve aucune vie, on ne fait qu'en prévenir l'interruption prématurée. Et quand on aurait supprimé toutes les autres causes, on ne mourrait plus que de vieillesse. Il faudra bien alors supprimer ce dernier facteur de mortalité ! Alors, un jour et malgré toutes nos résistances, nous serons vieux -certains plus tôt que d'autres. Mais c'est là une autre histoire : pour celle-là, je résiste, j'ai le temps... Cela
étant (peut-être), Emmanuel Mons delle Roche P.S.: Je rappelle aux néophytes
de l'Internet qu'il existe au moins deux moyens de lire les textes de manière
économique : imprimer la page ou la rendre disponible hors connexion.
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Pour nous écrire :
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;; La reprise de septembre se fait surtout en seconde quinzaine, et ce fut le cas. Ainsi, pour le mois 35.050 visiteurs ont vu 145.195 pages au cours de 40.857 visites. N'hésitez pas à utiliser les rubriques
qui sont à votre disposition. Vous les connaissez : |
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;; L'abondance et la qualité réunies : Colette Bertot s'est amusée du génie surréaliste de Camille De Taeye et de Ben Durant, complices de longue date, dans le soufre et l'ambiguïté : chez Quadri. Elle décrit la volupté que Pascal Courcelles rencontre dans le travail d'une matière picturale riche, donnée avec verve et délicatesse à la fois, à la jeune galerie Clairmarais. Anita Nardon nous livre sa première chronique -sur le site, car son expérience est longue et féconde : les tracés légers, aériens, poétiques de Vasso Tseka, artiste grecque installée chez nous. Expo chez Libre Cours. Alix Walsh nous parle d'une artiste qui photographie d'autres femmes : Bettina Rheims, célèbre pour tant d'années de sensualité livrée et dont les travaux sont présentés au Botanique. Et à l'IAG, Bertrand et de Spirt, deux artistes qui reconstruisent la perception. Marc-J. Ghens est troublé, comme chacun, du cri entendu dans les oeuvres d'art brut, des angoisses de malades qui se trouvent si proches des nôtres : au Musée du Dr Guislain. Jacques Hanot aimait la couleur, la lumière. Sous le nom de Jacano, il a peint, dessiné des scènes de rue, de marché..., des gens saisis dans l'instant et restitués dans une belle rétrospective à la K Gallery. Jean-Luc Andernack nous livre des fragments de cette forte personnalité qu'est Li Yi, artiste chinois qui vit chez nous : mémoires du corps et du temps chez Emmanuelle à Liège. Chantal Bauwens a le talent de raconter les artistes qu'elle expose. Ce mois, un artiste dont l'oeuvre est multiple, offrant au spectateur plusieurs lectures libres : à l'Espace B. Adrien Grimmeau propose un beau travail de recherche, riche d'informations inattendues ou méconnues sur le monument à Charles De Coster à Bruxelles : une oeuvre de Charles Samuel, sans doute son chef d'oeuvre et une oeuvre de jeunesse. Il nous présenta aussi une belle -et trop brève- exposition qui survole tout l'oeuvre de Ferdinand Schirren, premier fauve belge. Marie-Pierre Desmergers explique que notre pays devient une place qui compte sur le marché de l'art. Mais cela ne se fait pas sans pugnacité, car la concurrence est rude. Avec quelques beaux résultats en nos salles. Mireille Dubois-Vanhove nous fait le plaisir de rejoindre nos "ateliers d'artistes" : des oeuvres sensibles, qui témoignent des drames de l'Afrique, mais aussi de la beauté de ses femmes et de ses enfants. Un
partenariat a
été conclu avec "La Centrale", qui offrira de beaux avantages à nos
abonnés. Quelques mots avant d'en dire plus le mois prochain ! |
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Pour nous contacter :
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* Ce mois d'octobre est riche de bonnes nouvelles : nouvelles signatures, dont celle prestigieuse d'Anita Nardon et celles prometteuses de Marie-Pierre Desmegers et Adrien Grimmeau. L'intention à court terme est de consolider ces fructueuses collaborations. Sans jamais interrompre la recherche de nouveaux auteurs. * Comme indiqué, je vous en dirai plus en novembre sur la convention qui unit désormais Mémoires et "La Centrale". Elle sera intéressante, n'en doutez pas. * Les abonnements,
peu nombreux depuis le début de l'année, donnent du souffle, de l'oxygène au site. Voici la page du formulaire
sécurisé pour l'abonnement : * Je rappelle comme chaque mois que
le postage de messages sur le
forum, s'ils incluent une adresse de site, implique que celle-ci soit
entourée des balises [URL] et [/URL], avec le http://www.... A très bientôt, E. Mons delle Roche. |
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