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** N° 27 - Novembre 2002 ** |
| LA LETTRE MENSUELLE |
Parution du 03 11 02 |
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La vérité si je mens... Vous connaissez tous le fameux paradoxe du menteur : si je dis "Je suis un menteur", il est impossible que l'énoncé soit valide. Soit je mens comme il se doit et il faut comprendre que je ne suis pas un menteur, ce qui est inexact. Soit je dis la vérité, et l'énoncé ment. Il ne s'agit là que d'une des péripéties "logiques" qui a néanmoins donné bien du fil à retordre aux épistémologues. Certains ont pensé le résoudre en établissant que les énoncés portant sur soi-même ne peuvent avoir de validité : ils ne sont pas le fruit de l'observation d'un tiers. Cela me paraît assez facile. Je m'en contenterai... Une branche de la philosophie moderne s'attache précisément à déterminer le degré de validité des énoncés -notamment par rapport à la réalité, autre notion bien épineuse. Depuis les écoles pragmatiques des néopositivistes anglo-saxons à la théorie de la réfutabilité de Popper, en passant par l'Empirisme logique de l'Ecole de Vienne, les épistémologues ont cherché ce qui pouvait conférer une valeur, une garantie suffisante de vérité et, dans leur esprit, de scientificité. Pire, la tendance fut de rejeter comme non-valides voire, au moins au début de ces recherches, comme dénués de sens, les énoncés non scientifiques. Et encore : sous réserve de vérifiabilité - testabilité ou de réfutabilité - falsifiabilité (termes en partie dérivés des équivalents anglais). Ainsi, on attribuait à la philosophie le seul pouvoir de révéler la signification des énoncés (leur vérité), la science se chargeant de les vérifier (leur signification effective). Après avoir expliqué le mois dernier que les mots n'interviendraient que pour 15 % dans la communication, voilà que ces mots et leurs assemblages sont entachés d'un haut degré d'inadéquation, et seraient souvent utilisés sans légitimité ! Nous avons belle figure, nous les amateurs d'art, de nous demander quand l'art est né, s'il est encore vivant, si telle production est ou n'est pas de l'art... Sur un forum que je visitais, quelqu'un avait posé la question récurrente : "Quand l'Art est-il né ?" Pensant apporter une contribution intéressante, j'avais répondu que les premières manifestations d'art étaient funéraires, et que l'homme a produit de l'art quand il a honoré ses défunts. Las ! Un donneur de leçons m'a traité de "ringard", ajoutant qu'il croyait entendre parler Malraux. In fine, je me suis dit que le seconde partie de sa diatribe compensait -involontairement- la première ! Un site par contre est bien intéressant (lien ci-dessous). Il pose la seule question : "L'Art est-il mort ?". La quantité comme la diversité des réponses témoignent que la question est judicieuse. Mais elle nous ramène à mon point de départ : quelle validité accorder aux énoncés sur l'art, sa substance, sa naissance, son essence ? Nous pouvons trouver un réconfort des rencontres entre Carnap et Popper d'une part, des saines explications de Christian Bodiaux d'autre part. Le mois dernier et ce mois, Christian Bodiaux explique et démontre que le Beau -et donc l'Art- ne sont pas transcendantaux, universels (comme la loi de gravitation p ex), mais relatifs, contextuels, et qu'il convient d'aborder ces concepts dans une vision sinon pragmatique, au moins individuelle. Citons M. Bodiaux : l'attitude esthétique, qui, rappelons-le, est propre à conférer à un objet sa qualité d'œuvre d'art, apparaît relative au sujet qui l'exerce, lui-même tributaire d'un contexte. Cela nous dispense d'inutiles tortures mentales. Et si Carnap a expliqué que Popper avait permis d'identifier les théories (ou énoncés) scientifiques, peudo-scientifiques et non-scientifiques, le second a clairement précisé que cela ne signifiait nullement que les énoncés non-scientifiques soient dépourvus de sens. Au contraire, Popper stipule refuser qu'on limite le sens, la signification à la science. C'est heureux. Cela confirme ce que je soutiens ici depuis des mois : la liberté dont chacun dispose de débattre de sa conception du Beau et de l'Art, son jugement s'affinant certes à l'aulne de la connaissance. Et en corollaire, que notre jugement est habilité à se libérer des tyrannies des (effets de) modes. Accessoirement, cela me permet de ne pas répondre à mon contradicteur que mon sentiment est légitime quand je pense que l'art a commencé lorsque l'homme fut capable d'un projet, de la conscience de sa fin, de son individualité, de l'élaboration d'un concept ou tout ce que l'on voudra considérer comme spécifique à l'esprit humain. Cela
étant (peut-être), Emmanuel Mons delle Roche Liens : Bibliographie : P.S.: Je rappelle aux néophytes de l'Internet qu'il existe au moins deux moyens de lire les textes de manière économique : imprimer la page ou la rendre disponible hors connexion. |
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Le contenu Retour au sommaire Novembre bat, et largement, un nouveau record ! En effet, selon que l'on considère le nombre de visiteurs différents, le nombre de pages vues, les MBytes transférés, la hausse se situe entre 20 et 30 % ! Comme promis, nous inaugurons un nouveau service pour les artistes affiliés : une galerie virtuelle qui leur permet de vous proposer leurs oeuvres à la vente. Les autres rubriques sont à votre
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L'UCL : Poursuivant sa trilogie sur la notion du Beau en Art, Christian Bodiaux appelle à la barre des témoins deux peintres belges présentant des similitudes, mais à travers des destins bien différents : De Rubens à Wiertz, une même esthétique ?. Avec des anecdotes choisies, parfois une douce ironie, il nous fait saisir toute la relativité de ce concept. Art&Fact, l'ULg : Les dames qui écrivent sur le site semblent attirées par le Malin, puisque ce mois Catherine Dormal nous explique Le Diable dans l'Art belge du XIXe, avec un panorama qui commence bien avant. Colette Bertot nous propose de décliner trois thèmes avec Christian Carez et ses photographies : le bonheur, la violence tranquille, la guerre. Et à la Galerie ABC, elle aime les "fragments de mémoire" que recherche Michèle Delorme sur les chemins de l'imaginaire. Françoise Bernardi a été éblouie par les trésors perses, dont la richesse paraît effectivement exceptionnelle : c'est à Gand. Elle le fut aussi par l'or des Thraces, fabuleux trésor alors que seulement 1 % des sépultures ont été explorées. Elle nous raconte les trente ans de peinture d'un abstrait français, Olivier Debré, que présente la Bastien Art Gallery. Vera Lewijse donne une pertinente analyse de l'oeuvre et du travail de Jan Fabre, cet artiste (entrepreneur ?) dont les scarabées ornent dorénavant le plafond de la Salle des Miroirs au Palais Royal et qui expose à Gand. Trois artistes à voir : Qui est le "Nez-rond" de la culture belge ? Découvrez-le avec les caricatures de Jean-Pierre Delvaux. Rik Slabbinck aura une belle expo à Bruxelles, et c'est mérité. Priit Pärn est un des grands artistes d'Estonie (donc européen) ; il sera à Namur. Et un quatrième artiste attachant dont je vous parle à l'occasion de la réception de sa monographie : Jacano. |
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* La galerie va s'étoffer progressivement. Tout artiste "affilié" peut proposer trois oeuvres, et nous veillerons à assurer un renouvellement périodique de celles-ci. * Je deviens réellement submergé par le succès du site -j'ai aussi un autre métier qui me nourrit. Vous me pardonnerez s'il m'arrive de tarder à répondre à un courriel : je le fais toujours, même si ce pourra dorénavant être avec un délai que j'espère correct. * Je rappelle comme chaque mois que le postage de messages sur le forum, s'ils incluent une adresse de site, implique celle-ci soit entourée des balises [URL] et [/URL], avec le http://www.... Après, il suffit de cliquer sur votre lien pour y accéder. A très bientôt, E. Mons delle Roche. |
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