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Peintures et objets d’art ancien, moderne et contemporain, mobilier,
joaillerie, arts décoratifs, il faut être sans goût (ou fauché) pour ne
pas trouver son bonheur à la foire de Maastricht.
Complets marine, marche rapide, l’air vigilant, un groupe de
5 ou 6 hommes descendent l’escalier pour rejoindre, dans le hall d’accueil,
celui qui semble les diriger : «…both of you to the enter and all of you
with me, on the inside…”. Tous s’exécutent
sans broncher. Le service de
sécurité est en alerte maximale. Et pour cause: la valeur inestimable des
trésors réunis par la TEFAF (The European Fine Art Fair) pourrait donner certaines idées à plus d’un.
Pragmatique
:
Quoi qu’en disent certains, l’organisation
«germanique » comporte certains avantages dont, notamment, l’agencement
des stands, particulier à la Tefaf.
Il se décline en 3 quartiers
principaux:
- les antiquités et objets d’art,
- la peinture, les dessins et les
gravures,
- l’art moderne
Un quatrième quartier que l’on pourrait qualifier de
« business », réunit les sponsors, la presse et un restaurant
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Règne une
ambiance feutrée, mais affairée, traduisant ces moments ultimes qui
précédent l’ouverture de toute grande manifestation.
La dernière
équipe de techniciens s’active encore autour d’étonnantes parois qui
bordent le passage débouchant sur « La Place »: deux murs de roses
bigarrées « à la Van Rysselberghe », mais dont la palette
relèverait plutôt de nos chers fauves brabançons. C’est dire que nos voisins du
Nord aiment la quadri…
Au pied de ces murs, un filet d’eau, dont les reflets animés par un jeu de
lumières blanches, dessinent de fines vagues ondulant doucement sur le plafond
voûté.
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Nous y voilà. Place de la Concorde, articulation
principale de ce puzzle composé de loges au contenu "alibabesque",
de confortables allées et de bistrots rafraîchissants.
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Direction “Modern Art”.
Un couple déambule le long des « Champs Elysées ».
Nomades de luxe, ils parcourent en jet privé les principales foires mondiales
d’art et d’antiquités. Aiment-ils l’art ou souhaitent-ils concrétiser un investissement ?
Peut-être conjuguent-ils l’un et l’autre.
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Habile :
Digne d’un
compromis « à la belge » ! Pour contenter tout le monde, les
noms choisis pour les places et les allées proviennent des principaux pays
dont sont issus les acteurs et visiteurs de cette foire : Champs Elysées,
Trafalgar Square, Grote Markt, Domplatz, Madison Avenue, Rembrandt
Plein… »
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L’homme, nécessairement élégant, chuchote à l’oreille de sa
muse, nécessairement assortie, en pointant de son doigt ganté la direction de
la galerie Richard Green. « Un marché de nuit » traité dans un
clair-obscur époustouflant, peint par Petrus Van Schendel, y est exposé.
Savoureuse…
…la mise
en vedette d’un artiste tel que Georges Grosz. Quand on sait son engagement
à combattre, à travers son art, certaines couches sociales dont au moins deux
sont représentées en nombre à la Tefaf et la troisième est au cœur de
l’actualité : la bourgeoisie « qui continue à s’accorder sans gêne
ses plaisirs en temps de guerre », les capitalistes « qui tirent
profit de tout, même de la misère et de la guerre » et les militaires
« qui poussent à la guerre ». Shocking, isn’t it ?
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Non loin de là, l’une des œuvres « vedettes » nous
est présentée par la Dover Street Gallery de Londres. « Brindisi » , traduisez : «A votre santé ! », de Georges
Grosz (1893-1959). Une composition peinte au « vitriol », montrant
trois personnages (le bourgeois, le capitaliste et le militaire), symboles
d’une société vilipendée par Grosz. Réalisée en 1921, l’œuvre se révèle
…capitale parce que s’inscrivant dans un tournant de l’évolution stylistique du
peintre, entre futurisme et réalisme caustique. |
De marchands en galeries, de joyaux en trésors, un
« mal » stendhalien nous prend. Trop de beautés, trop d’esthétique :
Sisley, Monet, Van Dongen, Evenepoel, Permeke, Schielde,
Toorop, Da Silva, Magritte, Bacon. Quelle Palette ! Ouf, un banc.
Reprenons nos esprits.
Le calme retrouvé, nous basculons alors vers l’ouest,
catégorie « peintures, dessins, gravure ». Les visiteurs se font plus
nombreux, les « vendeurs » s’activent car ce ne sont pas de badauds dont il s’agit. Non. Les yeux fiévreux,
tels des junkies qui n’ont pas eu « leur dose », les collectionneurs avides et passionnés auscultent les toiles, à
la recherche d’une énième rareté, laquelle viendra augmenter leur tableau de
…chasse.
Pas de soucis, cette année encore, malgré un léger tassement,
le bastion des Maîtres anciens demeure inattaquable… malgré un lobbying
redoutable de …la coalition.
Jordaens, Teniers, Giordano, Breughel, De Momper
sont au rendez-vous. Le British Museum s’est d’ailleurs
porté acquéreur du « Retour de l’ivrogne » signé par Pieter Brueghel
Quant à Rembrandt, l’un de ses dessins proposé par David
Tunick, représentant le christ dans le jardin des oliviers (l’agonie), a
conquit le cœur du plus jeune acheteur jamais recensé en ces lieux …un enfant
de 13 ans.
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Passage rapide Odeonsplatz et Place Vendôme. Au menu
« Antiques & Works of Art », nous relevons une découverte spectaculaire
d’un marchand munichois : un service à dessert en porcelaine de Meissen,
décoré de chinoiseries et datant du 17-18ème siècle. La galerie italienne
Kurt Spirit expose un christ en « colonne » en albâtre attribué au
Maître de Rimini, moitié du 15ème siècle et le Dr Gunther établit à
Hambourg propose un psautier qui aurait été façonné vers 1275 dans l’Evêché de
Tournai d’une originalité et d’une qualité rares. |
13 ans, l’âge où l’on tapisse les murs de sa chambre d’éphémères icônes…
en papier glacé. Certes, Brahm n’est pas un petit Poulbot.
N’empêche que ce petit new-yorkais a réservé l’argent récolté de sa
bar-mizvah pour cet achat singulier. Il eût pu aussi le consacrer à l’acquisition du dernier Mac
« vingt-quatre carats »
Influence d’une certaine autorité parentale ou passion précoce pour
l’art ?
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Bien entendu, tous ces chefs d’œuvres sont l’apanage de
marchands ou galeries qui comptent parmi les plus illustres de ce bas monde.
En dépit d’un contexte économico-politique on ne peut plus
défavorable, de la fréquentation de la Tefaf en baisse de quelque 13% (65.000
visiteurs), les ventes demeurent, paraît-il, encourageantes (montant total des
ventes/nombre d'acheteurs)
Mais combien pensez-vous qu’ils aient dépensé pour cette
seule foire, ces acheteurs? Qu’importe ! Mais au chiffre que vous pouvez
imaginer, ajoutez certainement quelques petits zéros...
Simone de Voirbeau
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Ne participe pas à la Tefaf qui veut. Seuls sont
« invités » les exposants « triés sur le… chevalet» par le Comité de direction.
Pour cette
participation, il en coûtera aux heureux élus la modique somme de 30 à 40.000
euros tous frais compris...
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La discrétion est de mise quand il s’agit du montant des
transactions et de l’identité des clients.
Et ce marchand de se mordre les doigts pour avoir transgressé ce motus
vivendi. Il s’est vu retourner un masque vendu à un collectionneur pour la
somme de 100.000 dollars. L’information, divulguée par la presse sur fond de
polémique (indécence du montant dans un contexte de crise) a effrayé
l’acquéreur qui n’a pas supporté les critiques exercées à son endroit.
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Les coups
de cœur d’Art-Mémoires
S. de V.
Balayer d’un coup de plume
ce que les plus grands maîtres ont « brossé » de milliers coups de
pinceaux ressortirait de la plus haute inconvenance. Notre choix, ciblé sur
deux peintres belges du XIXème, relève d’une impression délicieusement
envoûtante…
** « La
cuisinière »
Imperturbable dans son
travail, se serait-elle imaginée, un seul instant, conquérir le cœur de tant de
prétendants? D’un rouge flamboyant, sa robe, en partie cernée d’un modeste
tablier noir, anime l’espace sombre renforcé par quelques rares zones claires…
La cuisinière, née du pinceau de Henri EVENEPOEL, est présentée par la galerie
parisienne Berès.
H.
EVENEPOEL (1872-1899)
Issu de la haute
bourgeoisie bruxelloise très cultivée, Evenepoel est formé par les académies de
Bruxelles et de Saint-Josse-ten-Noode. Il séjourne ensuite à Paris où il suit
les cours de Gustave Moreau chez lequel un certain Matisse se distingue déjà.
Il croque sur le vif des scènes de la vie parisienne avec une aisance
insolente. Evenepoel, dont le génie dominera la peinture belge de cette fin de
19ème siècle, s’imposera très rapidement dans l’art du portrait où
il parvient à faire transparaître les émotions qu’inspirent les personnages
représentés.
Il traite les sujets, à ses
débuts, d’une manière réaliste à la Manet qu’il admire et puise dans
l’impressionnisme son esprit, sa fraîcheur et sa spontanéité. Il développe
ensuite un art proche du fauvisme dont il deviendra l’un des ténors.
L’artiste, de santé fragile
sera emporté par la maladie. Alors qu’il ne compte à ce moment que 27 printemps. Alors qu’il avait déjà intégré
et devancé la problématique picturale de son époque. Alors qu’il était sur le
point de participer à l’Exposition universelle de 1900 à Paris.
Côte moyenne du
peintre : 20.000 euros
** « The elegant lady »
De l’autre côté de ce
village fastueux, une élégante parisienne paraît se détourner de ce qui nous
occupe. D’un père plus discret que notre Henri, elle captive tous les regards
par la délicatesse de la touche de celui qui lui a donné corps, l’harmonie des
tons et la magie de la palette utilisée. L’influence d’un autre peintre belge,
Alfred STEVENS se fait sentir, de par le thème, de par le style.
F.
TOUSSAINT (1873-1956)
Elève de J.
Portaels, il étudie à l’Académie des
Beaux-Arts de Bruxelles. Il rencontre ensuite A. Stevens à Paris qui
l’encourage dans l’art du portrait féminin. Dans un style post-impressionniste,
il développera, tout au long de sa vie, une peinture dédiée au culte de la
femme. Il recevra la médaille d’or pour un portrait féminin au salon de Paris
de 1929.
Cote moyenne du peintre : 8.000 euros
** « Après
le concert »
Le premier regard est
attiré par un violoncelle posé négligemment contre une chaise, à l’avant droit
de la composition. La jeune fille et la jeune dame donnent l’impression d’attendre
sans doute le musicien qui aurait posé son haut de forme sur la table. Un espace
verdoyant forme l’arrière-plan et nous indique que la scène se déroule
vraisemblablement dans un jardin. Les traits réalistes sont combinés à de
légères touches impressionnistes mais qui n’excluent pas de beaux noirs
contrastants avec un jeu de blancs « colorés ».
Louis
THEVENET (1874-1930)
Abandonné dès l’adolescence, il devient tout d’abord
marin puis exerce de nombreux métiers avant de devenir peintre à part entière. Sa
peinture, de vision impressionniste dans un premier temps, sera très influencée
par son ami Auguste Oleffe et par les fauvistes brabançons auxquels il se
joindra par la suite
Cote moyenne du peintre : 7.100 euros
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les miniatures

Un stand

C. Permeke

Jan Toorop

K. van
Dongen

G. Grosz

P.
Breughel

J. de
Momper

F. Goya

Meissen

Maître de
Rimini

Psautier,
Tournai

H.
Evenepoel

F.
Toussaint
Supprimé
:
Louis
Thevenet,
Droits Sabam
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