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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Avril 2003 Quand Martin Vaughn-James nous dévoile des coins de mémoires. à la Zedes Art Gallery de Bruxelles. |
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Il entreprend des études au National Art School of
Australia, se lie
d’amitié avec le peintre John First Smith, rencontre l’écrivain Sarah Mac Coy
qui devient sa compagne. Avec elle, il entame un long périple qui va du Canada à Paris, du
Mexique à Bruxelles, de la BD au roman… On comprend mieux sa passion des coffres et des valises qu’il
stigmatise à coups de pinceau. Ce sont de vieux modèles qui ont vécu, beaucoup
traîné de par le monde et sont couverts de cachets, de timbres estampillés, de
bouts de papiers collés comme autant de fragments de mémoires colorés couleur
cuir ! Exposés, il y a quelques années dans cette même galerie, ils avaient enchanté le visiteur et mis l’accent sur le savoir-faire de l’artiste capable de donner une âme au cuir fatigué, un relief aux clous rouillés. Tout cela était un peu nostalgique et sacrément british ! Rien n’a changé si ce
n’est que l’artiste a déposé malles et valises. Il participe au groupe
« Mémoires » où l’a rejoint son ami le peintre belge Didier
Mahieu.
« Mémoires »…(comme nous aussi l’entendons ) pour ne pas oublier.
« Mémoires » pour se remémorer les joies d’autrefois. Les œuvres récentes de l’artiste, qui vit et travaille entre Paris et
Bruxelles, sont un vrai bol d’air face aux rumeurs de guerre qui nous
assaillent. Elles réveillent en nous des coins de mémoire qu’il est bon de
remuer parfois pour en humer le parfum désuet. Son thème est celui des parcs et
jardins d’antan. Le dimanche, on s’y promenait en famille et le temps était comme
suspendu. Qui ne se souvient de ces moments délicieux ? D’un pinceau élégant et léger l’artiste a su les reproduire sur la
toile pour qu’ils ne se perdent. La toile d’une belle texture longuement
préparée, le papier marouflé ou d’anciennes cartes de géographie servent de
support aux souvenirs. Le banc, le fameux banc anglais de Luytens, revient fréquemment au pied d’un mur ou sous les branches d’arbres si légères qu’on croirait entendre le vent s’y glisser. Les verts sont tendres, nacrés, ponctués de touches blanches. Le dessin est léger, fin et souple. L‘émotion de la touche témoigne de la sensibilité de l’artiste à rendre la lumière et ses variations chromatiques. On dirait que Corot est passé par là pour faire surgir des architectures d’entre les ramures, pour tracer une allée d’arbres sur fond de géographie ardennaise, pour peindre en avant-plan de la toile de petites scènes, comme des collages, représentant quelques personnages, un jour d’été, sur une terrasse ou lors d’un joyeux pique-nique. Quelques femmes marchant sur le sable, en se donnant le
bras et chapeau au vent ! Ici un golfeur foule le terrain avec le sérieux
qu’il se doit. Là, à gauche de la toile, dans un carré grand comme un timbre,
le chien gambade devant le pavillon très colonial tandis qu’à droite de la
toile, dans un autre timbre, son maître lui tend un jouet. « Il était une
fois » s’intitule une toile boisée au devant de laquelle quatre
personnages assis, devisent. On se croirait en Angleterre, au début du siècle
dernier. Mais y est-on vraiment ? L’univers est si étrange, l’atmosphère si littéraire qu’on pourrait
évoquer en rêvant « A la recherche du temps perdu »… Colette Bertot |
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Instantané
Le golfeur
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| Zedes Art Gallery, 36 rue Paul Lauters. Bruxelles. | , |
| Mercredi de 10h à 13h. Jeudi et vendredi de 12h30 à 17h. Samedi de 14h à 18h. | |
| Jusqu’au 12 avril 2003. |
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Bertot.
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