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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Mars 2003 Jean Groenen : Jeux de bois, à la Galerie Capa Esculturas de Bruxelles. |
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La galerie Capa
Esculturas,
traditionnellement vouée à la diffusion et à la promotion de la sculpture
contemporaine espagnole a décidé de changer de cap dans un souci d’intégration
européenne. C’est donc un belge, mais pas un inconnu, qui inaugure pour la première
fois ces cimaises hispaniques. Jean
Groenen a déjà quelques belles années de
carrière artistique derrière lui. Il est en effet présent dans de nombreuses
collections privées, dans la collection permanente du Musée d’Ixelles et au
Musée d’Art contemporain de l’ULB. Mais ce qui est tout à fait étonnant c’est que l’artiste a mené, en
parallèle, une vie bien remplie de magistrat (aujourd’hui retraité). Comme
quoi, pour être heureux, deux professions valent mieux qu’une ! Né à Anvers en 1934, il entreprend ses premiers dessins en 1967, les
expose en 1978, se met peu à peu au collage puis à l’assemblage tridimensionnel
d’où ces « Jeux de bois » ludiques et colorés. Elégant et disert, curieux de tout objet récupérable, Jean
Groenen nous explique ses balades le long de l’Escaut, dans
de vieux chantiers industriels qui deviennent, à ses yeux, caverne d’Ali baba,
remplie d’un fabuleux trésor prêt à alimenter son œuvre. Ces pièces de bois usé, ces rebuts d’usine le fascinent tant par leurs
couleurs (que jamais il ne retouche) que par leurs formes et leur vécu. Après les avoir ramassés, nettoyés, rangés, caressés du regard, sauvés
d’un destin tragique, il leur offre une nouvelle vie et l’on songe aux bateaux
de Phil Billen, assemblages de bois flottés, de bouts
de métal, de rêves d’enfant jamais assouvis. Le travail est lent, réfléchi, parfois ingrat. Sans retouche et sans
modification, l’artiste assemble les pièces, hésite, échafaude un projet,
démonte, associe, tourne, teste, jusqu’au moment où la juxtaposition des
petites pièces se fait évidente et donne naissance à une forme nouvelle qu’il
peut alors définitivement coller. Il y a beaucoup de modestie dans cette
démarche où ce sont les pièces elles mêmes qui imposent la façon dont elles
vont être réinventées. Au début, les œuvres de
Groenen évoquaient le
cubisme dans leur volonté de rendre aux objets leur solidité et leur densité en
éliminant les détails et en mettant l’accent sur les cylindres, cônes et autres
volumes géométriques mais au fil du temps, l’artiste se met à rêver. Ses
assemblages se parent de fantaisie et s’apparentent à un anthropomorphisme
moqueur que la couleur adoucit. Après avoir été des « Figures » géométriques, des
« Constructions » diverses, les objets prennent des allures humaines.
De « Jongleur », de « Sentinelle fatiguée », de
« Reine allongée » ( lascive et amusante, celle-là !), de
« Messager » ou de « Gardien ». Tantôt dressées et fières de leur existence nouvelle, tantôt profilées
à plat et posées au mur comme de petits tableaux malicieux aux coloris érodés,
les œuvres de Groenen constituent « de petits
monuments humains taraudés par le temps ». Ce mini peuple d’objets construits, aux formes essentielles, aux gestes
mesurés, sont autant de caricatures fantaisistes de la forme humaine libérée de
toute contrainte et voguant dans l’imaginaire. Colette Bertot |
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sur les miniatures *
Jeu de
cylindres
Domination
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| Galerie Capa Esculturas. 13 rue de la Régence. 1000 Bruxelles. | |
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Du mardi au samedi de 11h à 18h30. Le dimanche de 11h à 13h30. |
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| Jusqu’au 31 mars 2003. |
Copyright © 2003 Mémoires et Colette
Bertot.
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