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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Mars 2003. L'affiche chinoise 1921 - 2001, trois périodes, trois styles : au Centre de la Gravure de La Louvière. |
La première période, qui s’étend de 1921 à 1940, est caractérisée par un essor économique important. Les affiches, diffusées principalement dans les
intérieurs des boutiques, sont purement commerciales. Elles vantent les vertus
de produits de consommations, occidentaux pour la plupart. Les compositions
relèvent souvent d’un même style et d’une même construction : de belles
femmes et un cadre où sont repris les produits et leurs vertus. Ces affiches
sont proches de l’imagerie des calendriers publicitaires américains. La ville de Shanghai est un centre économique très important à cette
époque. Les affiches y sont largement diffusées. L’imagerie traditionnelle
chinoise côtoie celle, plus contemporaine, qui met en scène une femme moderne
et aguichante. Au travers des affiches, on voit évoluer le statut de la femme.
Elle se libère au fil des ans. Ses tenues évoluent, la rendant de plus en plus
séduisante et attirante. Mais les « délices » de cette période font
place à une imagerie de propagande, au service du pouvoir. Si les premières affiches de la Révolution chinoise de 1949 présentent, au point de vue stylistique, une continuité, les modèles diffèrent très nettement. En effet, la belle bourgeoise est remplacée par des ouvriers, des paysans et des soldats. Tous symbolisent le bonheur et la gloire de cette Chine nouvelle. Un sentiment national et communautaire est très présent dans les
affiches de cette période. Elles relèvent du réalisme socialiste. Avec la
Révolution culturelle, les affiches s’animent : présentation de foule où
le rouge domine. Mao Zedong et le Petit livre rouge
occupent une place de plus en plus importante dans les affiches de cette
période. L’aspect lisse et « gentil » des premières affiches
révolutionnaires fait place à une imagerie plus agressive où la volonté
d’interpeller le public est très nette. Les années 80 marquent l’ouverture de la Chine au monde. Les changements
politiques et économiques sont perceptibles dans les affiches qui deviennent un
territoire de liberté indépendant du pouvoir. Les voyages et les rencontres
internationales (Biennales ou Festivals d’affiches) permettent aux graphistes
chinois d’aiguiser leur jugement, longtemps anesthésié. On retrouve de
nombreuses affiches culturelles ou de sensibilisation à des problèmes de
société comme le sida et la consommation de drogues. Les graphistes chinois ont
réussi à dépouiller leurs images pour n’en retenir qu’une force essentielle. Au travers de l’affiche c’est l’évolution d’un pays qui nous est donnée à voir. L’affiche est bien plus qu’un support publicitaire, c’est le témoin d’une histoire et le gardien d’une mémoire nationale Françoise Bernardi,
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Photo 1
Photo 2
Photo 3
Photo 4
Photo 5 |
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Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, |
Photo 6 |
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Du mardi au vendredi de 12
à 18h, Le week-end de 11 à 18h |
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| Exposition accessible jusqu'au 27 avril 2003. |
Copyright © 2003 Mémoires et
Françoise Bernardi.
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